‹ Étude sur l'hydrophthalmie ou glaucome infantile [electronic resource]Chapitre 10 sur 28 · MAXIMUM MINIMUM MOYENNE DE 10 CAS NORMALE (MERKEL · texte numérisé non relu

MAXIMUM MINIMUM MOYENNE DE 10 CAS NORMALE (MERKEL

a) Largeur. — 11 est inutile d'insister sur la largeur de la chambre antérieure puisqu'elle est souvent en rapport avec la largeur de la base cornéenne; néanmoins dans bien des cas ces dimeuvsions sont sensiblement moindres, puisquela base del'iris est sou vent accolée d'une façon permanente, à la surface postérieure de la cornée.

Iris. — Cette membrane, à la fois musculaire et vasculaire, retrouve rarement sa complète intégrité après une atteinte inflammatoire même éloignée. C'est pourquoi elle doit être l'objet d'une observation très minutieuse. En effet, l'iris est le réactif le plus délicat de l'œil, et c'est lui qui permet souvent de faire la distinction entre l'hydrophthalmie primitive et secondaire, distinction très difficile à faire, nous en convenons, et qui,

(1) Grahamek. Arch.f. opht. Von Qraefe, t. XXIV, 1878.

(2) Schiess-Gemuseus. Ihid., Bd IX, p. 177, 1881.

(3) DURR et SCHLBGTENDAL. lhi(l., XXXV, I, p. 88 1889.

au point de vue de la marche générale de raffecLion ainsi que du traitement, n'offre pas une grande importance clinique.

Il est évident que si l'hydrophtlialmie est consécutive à une inflammation intra-oculaire, il y a grandes chances pour que l'on trouve du côté de l'iris des reliquats de cette inflammation (synéchies, irrégularités de la pupille, avec ou sans dilatation par l'atropine), l'absence de tous ces signes ne prouve pas absolument l'absence de toute inflammation antérieure^ mais elle en est un argument assez probant, et on est en droit de se demander dans ces cas si l'hydrophthalmie n'est pas plutôt le résultat de quelque disposition particulière due à une malformation congénitale, que la suite d'une exsudation inflammatoire qui aurait bouché les canaux d'excrétion.

a) Forme de l'iris. — Dans les hydrophthalmies primitives l'iris est habituellement indemne de toute altération inflammatoire. Il apparaît alors très éloigné de la cornée, sous la forme d'un large diaphragme absolument plat plus rarement infundibuliforme. Si cet iris a été le siège d'inflammations, toutes les déformations sont possibles, les synéchies ou enclavements seront facilement découverts.

b) Couleur de l'iris. — Puisque normalement la couleur de l'iris est sous la dépendance de la couche pigmentaire,on doit s'attendre à trouver dans l'hydrophthalmie, où toutes les membranes subissent un tel amincissement, un iris très clair ; cliniquement cependant cette atténuation de la couleur est moins marquée qu'on pourrait le penser. L'anatomie pathologique nous en

donne l'explication, elle montre que môme avec une atrophie très prononcée du tissu iridien, la couche pigmentaire reste toujours très compacte et bien fournie.

Néanmoins la couleur se modifie dans sa qualité, le brun devient un peu plus clair, et moins franc comme ton, et les iris bleus prennent souvent une teinte gris sale.

c) Mobilité de l'iris. — Un symptôme si commun qu'il devient presque constant dans les périodes avancées de la maladie, c'est Viridodonésis ou tremblement de Viris. Certains auteurs soutiennent que c'est un signe de liquéfaction du vitré. Ceci peut être vrai dans certains cas, mais dans d'autres ce raisonnement est certainement insoutenable, car cette fluidité du vitré indiquerait déjà de profondes altérations du globe, ce qui serait incompatible avec la bonne vision que l'on trouve parfois, comme dans le cas de Warlomont (1), accompagnée d'un iridodonésis très prononcé.

Il nous semble que ce symptôme peut très bien s'exphquer par la minceur de l'iris, et par l'absence du soutien naturel fourni par le cristallin qui, lui, non seulement reste souvent d'un volume inférieur à la normale^, mais aussi s'éloigne de l'iris en se rapprochant du centre de l'œil. L'iris reste alors flottant entre la chambre antérieure et la chambre postérieure, toutes deux très larges, et le moindre mouvement de l'œil lui imprime des tremblements.

d) Pupille. — Forme. — Ce que nous avons dit sur l'iris s'applique aussi ici; la moindre synéchie ouirrégu-

(I) "Wahlomont. Congrès d'ophthal., Paris, 189-1.

larito de la pupille, si les yeux sont examinés très près de la naissance, devient une forte présomption d'une maladie ayant atteint les membranes oculaires, et qui très probablement a joué un rôle dans la production de l'hydrophthalmie; voici un cas où Thydroplithalmie serait également congénitale et secondaire.

Par contre, quand l'examen, même pratiqué tardivement, ne décèle aucune anomalie de la forme pupillaire, il est difficile d'incriminer l'inflammation comme cause de la maladie; celle-ci serait plutôt la îor me primitive.

Parmi les nombreuses observations que nous avons recueillies, il est très fréquent de trouver l'indication de pupilles ayant une parfaite régularité même après l'usage de mydriatiques.

Dimensions de la pupille. — Le myosis est exceptionnel. Durr et Schlegtendal (1) en signalent un cas. Habituellement la pupille parait moyennement dilatée; ceci n'est que relatif, car ces mêmes dimensions sur un œil sain représenteraient une raydriase très intense. Dans un cas (obs. II) nous avons trouvé un diamètre de 4 millim. et demi. L'observation de Brunhuber (•2) parle d'une pupille ayant avant dilatation le diamètre extrême de 9 millim.

Réaction à la lumière. — Quand l'œil hydrophthalme est atteint d'amaurose complète il n'est pas étonnant de trouver une pupille absolument immobile à la lumière, mais cette même immobilité se voit aussi dans les yeux ayant conservé de la vision. Dans les autres cas, Tiris,

(1) DuRB et Schlegtendal. Zoo. cit.

(2) Bbunhuber. XUnisohe monats., vol. XV, 1877, p. 104.

quoique très paresseux, réagit lentement ; cette paresse de l'iris s'explique très bien par l'atrophie plus ou moins complète des couches musculeuses, ainsi que parla pression qui s'exerce sur ces deux faces et qui entrave la liberté de ses mouvements.

Réaction à l'atropine. — Certains médecins emploient cette méthode peu recommandable dans une affection où la tension fait déjà tant de dégâts, pour rechercher des synéchies de l'iris. Habituellement la pupille se laisse^rès bien dilater. Dans le cas de Brunhuher signalé ci-dessus la pupille de 9 millim. a atteint 12 millim. après atropinisation.

e) x\nomaltes congénitales de l^iris. — La constatation d'anomalies congénitales de l'iris coexistant avec l'hydrophthalmie n'est pas d'une excessive rareté ; nous en signalons ici un certain nombre de cas. Ils parlent éloquemment en faveur de l'hypothèse qui voit dans certains glaucomes infantiles un arrêt de développement.

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