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Sur les vingt et un cas qui composent ce tableau, tous (sauf deux) présentent du côté de l'appareil excréteur de l'œil des altérations plus ou moins profondes, et comme c'est la seule partie du globe qui offre des lésions à peu près constantes, on peut, croyons-nous, conclure hardiment que c'est également dans cette région que se trouve la lésion primitive et causale.
Nous apprenons en outre le peu d'importance que Ton doit accorder à l'étendue de l'angle iridien, et la profondeur de la chambre antérieure et combien égarés sont les auteurs qui se basent sur ces détails pour nier la possibilité d'une rétention.
La figure suivante représente l'angle iridien d'un œil atteint d'hydrophthalmie secondaire, avec staphylôme de la cornée qui la rend globuleuse; ceci dénature considérablement la forme classique de l'œil, mais nous l'avons fait dessiner quand même pour démontrer comment avec une chambre antérieure très profonde, et un angle irido-cornéen très large, l'appareil d'excrétion peut néanmoins faire complètement défaut. Le tissu trabéculaire scléro-cornéen est remplacé par un tissu très dense, et les cavités ont complètement disparu; le canal de Schlemm n'a laissé aucune trace.
Voyons maintenant les deux cas qui font exception à la règle dans notre tableau, et qui apparemment n'offrent pas de lésions sur lesquelles on pourrait baser rhypothèse de rétention,
Le cas de Gallenga, (I) ne peut pas rentrer ici eu cause puisque l'auteur passe sous silence et le canal de Schlemm et le plexus de Leber.
FiG. V. — Angle irien d'un œil atteint d'hydrophthalmie secondaire (1). s. e. Sclérotique. — m. c. muscle ciliaire conservé, — p. c. Procès ciliaires con- [Voir la suite de la légende et la note au has de. la page 111.)
Mais l'observation de Kn.lt est plus intéressante, et semble de prime abord être une réfutation de toute la théorie de rétention basée sur une obstruction des canaux excréteurs. Mais, dans une étude plus minutieuse de cette pièce, on est frappé des profondes altérations que présente la région de l'angle, altérations qui ne permettentguère de soutenir l'intégrité de ces voies d'échappement des liquides intra- oculaires. Ces larges fissures, ces vastes déchirures, ces vaisseaux de nouvelle formation que l'on constate au voisinage de l'angle, grosses lésions qui offrent un contraste frappant avec le peu d'altérations que présentent les autres membranes de l'œil, démontrent, croyons-nous, d'une façon concluante, que c'est dans cette région même que siégeaient les lésions causales de l'hydrophthalmie. La forte distension a pu brutalement produire des solutions de continuité. Fauteur lui-même s'exprime ainsi : « on dirait un tissu dans lequel on aurait injecté un liquide sous forte pression », Il est incontestable que, dans cet œil, Técoulement des
gervés, — c. Cornée. — a. i. Angle irien, plus large qu'à Vétat normal. — t. r. Tisau réticulé réduit ici à une masse compacte, ne méritant plus en rien le nom de réticulé. Le canal de Schlemm est complètement absent. Il en résulte que, malgré l'agrandissement de l'angle irien, l'appareil excréteur (canal de Schlemm et tissu réticulé) est complètement atrophié. Comparer avec la fig. III, page 116.
(1) Histoire. — Femme B..., âge : 46 ans.
Antécédents. — Ophthalmie de Toeil droit à l'âge de 3 mois. Depuis ce moment l'œil est hydrophthalmique et la cornée staphylomateuse.
État actuel. — Névralgies incessantes. Depuis huit mois la vision, déjà très mauvaise, baisse notablement dans 0. D.
Kératoglobe hydrophthalmique.
Excavation glaucomateuse de la papille.
Rétrécissement nasal du champ visuel.
Énucléation.
liquides a dû être entravé par un obstacle quelconque masqué plus tard par ces grosses lésions.
Maintenant que nous avons à peu près épuisé cotte région irido-cornéenne, disons quelques mots sur les altérations que subissent les autres parties de l'œil hydroplithalmique.
Ici les lésions sont très diverses et ne présentent nullement ce caractère de constance que nous venons de constater pour celles de l'angle.
Ces altérations sont pour la plupart de nature atrophique avec parfois des traces d'inflammation qui se présentent, il faut le dire, plutôt sur des anciens yeux hydrophthalmes, et ces lésions sont alors sans valeur, pathogénique.
ÉTUDE MICROSCOPIQUE DES MEMBRANES DE l'œIL HYDROPHTHALME
Cornée. — Épithélium antérieur. L'épithélium peut rester intact pendant longtemps, mais dans les cas anciens il est souvent exfolié par places. Il peut être soulevé par une YériiMe kératite huileuse, comme l'on voit dans le glaucome des adultes. Grahamer a trouvé dans son cas des cellules creusées de vacuoles. Quand il y a des opacités cornéennes, il se fait une infiltration sous-épithéliale qui peut s'organiser et plus tard contenir des vaisseaux de nouvelle formation {Durr et Schlegtendal, III).
Membrane de Bowman. La lame élastique antérieure est presque toujours amincie et présente parfois des solutions de continuité.
Tissu propre de la cornée. Souvent peu altéré, est quelquefois constitué par des fibres gonflées et nuageuses, circonscrivant de nombreuses cavités (Grahamer, Durr et Schleçitendal, I, II), qui témoignent d'un œdème cornéen assez intense.
Les cavités des couches postérieures contiennent parfois beaucoup de pigment (Gralmvier).
Membrane de Descemet. La lame élastique postérieure est habituellement moins altérée que la membrane de Bowman, elle semble plus résistante, elle est souvent intacte (Durr et Schlegtendal, IV), parfois même épaissie (Schiess-Gemuseus), mais elle peut faire défaut par places (Grahamer), quoique dans ce cas elle ait conservé son
épaisseur normale (12 i;.)-
Gouche épithéliale postérieure. Quelquefois intacte (Durr et Schlegtendal, I), d'autres fois altérée et absente par places (Grahamer), la membrane de Descemet peut même être complètement mise à nu (Kalt).
Sclérotique. — Cette membrane ne présente habituellement aucune altération structurale, elle n'est qu'amincie par suite de la distension, et cet amincissement porte surtout sur la région du limbe (Raah, Grahamer, Durr et Schlegtendal, Y). Les véritables staphylômes sontrares (Walter).
Corps ciliaire. — Il présente assez souvent des traces d'inflammations [Raab, Durr et Schlegtendal, Gallenga, Kalt, etc.), il est habituellement atrophié, et contient souvent des vaisseaux rétrécis [Grahamer, Gayet, Kalt),
mais parfois ils sont au contraire dilatés {Darr ai Schlegtendal).
L'atrophie porte plus particulièrement sur le muscle ciliaire {Schiess-Gemuseus, Grahamer, Durr et Schlegtendal).
Deux fois on a constaté Fadhérence deTuvée à la sclérotique {Schiess-GemuseuSj Gallenga).
Procès ciiiaires. — Habituellement intacts, quelquefois atrophiés et soudés ensemble s'ils ont été le siège d'une inflammation (Haab, Durr et Schleg tendal, IV-V).
Kalt est le seul qui parle de leur épithehum ; dans son cas la moitié des cellules avaient disparu.
Iris. — Atrophie simple qui atteint toutes ses couches, mais qui porte surtout sur les éléments musculaires ; mais les vaisseaux sont aussi rétrécis. Cette membrane peut présenter des signes d'inflammation manifeste (Kalt). La couche qui semble se conserverie mieux, c'est la couche de pigment, elle est amincie mais toujours très compacte et non interrompue (Durr et Schlegtendal).
Choroïde. — Atrophie assez constante, ou simple ou accompagnée de choroïdite ancienne ou récente [Kalt, Haab).
Pour la couche des gros et moyen s vaisseaux, il semble plus fréquent de constater une atrophie, avec diminution en nombre et en calibre des vaisseaux {Schiess-Gemusens, Grahamer, Gallenga, Cross). Mais on a aussi trouvé les veines distendues {Durr et Schlegtendal). Gayet a
trouvé des hémorrhagies multiples sur les deux faces de la choroïde.
La couche pigmentaire, comme pour l'iris, se laisse amincir, mais reste néamnoins continue et compacte {Grahamer, Durr et Schlegtendal).
Rétine. — Dans les cas récents elle peut être intacte, mais elle l'est rarement dans les hydrophthalmies anciennes ; alors elle peut présenter toutes les altérations depuis les modifications les plus légères jusqu'à l'atrophie la plus complète.
Puisque ce sont habituellement des yeux anciens qui s'offrent à l'examen, on trouve assez constamment cette membrane atrophiée, et cette atrophie porte tantôt sur les couches des fibres nerveuses, tantôt sur la couche de Jacob. Mais même dans les cas anciens les cônes et bâtonnets sont parfois conservés {Durr et Schlegtendal, I, III).
Néanmoins il est plus fréquent de trouver ces deux couches atrophiées Durr et {Schlegtenda,l, II, IV, V; Scheiss-GemuseuSy Rasib),
La rétine est souvent le siège d'hémorrhagies. Gailenga signale deux fois des apoplexies dans la couche ganglionnaire, et une fois il a trouvé des petites vacuoles.
La rétine peut être décollée (Durr et Schlegtendal). Aucune indication sur les vaisseaux rétiniens.
Papille. — Excavation couvstante, souvent atrophique (Durr (ii Schlegtendal^ II, IV; Gallenga, I, II; Kalt)^
mais quelquefois les éléments nerveux ne sont pas altérés (1) (Durr et Schlegtendal, IIl).
Corps vitré. — D'après les quelques indications que nous avons pu recueillir, le vitré semble rétracté et décollé. Les cavités ainsi formées sont comblées par un exsudât (iîaab, GrEihamer). Dans le cas de Grahamer le canal central était rempli par un fluide clair.
Parfois c'est le vitré même qui se liquéfie (à sa partie postérieure, d'après Gallenga). Gayet a trouvé un ramollissement général avec épaississement de l'hyaloïde, il a également constaté la présence de filaments et de flocons.
(1) Cela arrive aussi dans l'excavation glaucomateuse au début, avec conservation de la vision et prouve bien que l'excavation est toujours sous la dépendance de la tension et non d'une altération de la papille (ramollissement) que l'on ne conçoit pas sans de graves altérations fonctionnelles (Kochon-Duvi-
GNEATTD).