‹ Étude sur l'hydrophthalmie ou glaucome infantile [electronic resource]Chapitre 20 sur 28 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Traitement.

Historique. — Les gros yeiix provoquent tout naturellement l'idée d'un trop plein, et il n^est pas étonnant que comme moyen de traitement on ait dirigé contre cette difformité des opérations ayant comme but de réduire le contenu du globe. La ponction, étant l'opération la plus simple, a dû se suggérer la première ; en effet, cette pratique est très vieille et semble nous venir de TOrient.

A ce point de vue, voici des détails curieux que le D"" Rochon-Duvigneaud a eu l'obligeance de nous communiquer (1) :

« La thèse inaugurale à' And. Sdrwey (de pa.raLcentesi oculi in hydrophthcilmia et amblyopia senum, Tubingue, 1744) renferme d'intéressants détails à ce sujet.

Sarwey nous rappelle que Ant. Nûck cite en 1690 deux exemples de paracentèses qu'il avait pratiquées dans deux cas d'hydrophthalmie. Eeister faisait, paraît-il, la paracentèse dans le même cas. Woolhouse en 1696, parlant des paracentèses qu'il faisait dans Vhydrops oculi, disait tenir cette opération d'un certain Tuberville, oculiste à Londres, qui l'avait reçue d'un Anglais qui dans un voyage à Pékin l'avait vu faire par un praticien chinois 1

(1) Emprunté à un prochain ouvrage sur le glauconae par le Rochon- Duvigneaud.

Concluons que l'idée bien simple de ponctionner les gros yeux n'est pas nouvelle et qu'il est fort inutile d'en rechercher le promoteur. »

Nous trouvons d'autre part (1) q\ïAnt. Nûck avait l'habitude de plonger un petit trocart au milieu de la cornée et, après l'écoulement de Thumeur aqueuse, il recouvrait le globe de l'œil avec une plaque de plomb pour le déprimer.

Thomas Woolhouse^ lui, employaitun instrument qu'il appelait paracentarium, et pénétrait par la sclérotique.

Pellier de Quengsy (1783) (^) pratiquait ses premières ponctions au niveau du limbe et plus tard, si nécessaire, il les faisait dans la sclérotique, à deux lignes en arrière du limbe. Il proscrit le trocart de Woolhouse, et conseille l'emploi d'une petite lame courbe sur le plat. Il cite nombre de guérisons par ce procédé,

Grellois (1836) indique beaucoup de moyens médicaux, séton, vésicatoires, diaphorétiques, diurétiques, etc., avant d'avoir recours à une opération. Celle-ci consiste en une incision avec lancette à trois lignes de la partie externe ou inférieure de la cornée. L'opération est répétée si nécessaire. D'après lui, la ponction pure et simple est abandonnée.

Middleynore (3) croit que les meilleures opérations contre l'hydrophtbalmie sont les paracentèses, et l'excision d'une portion de la cornée, et en cela il suit l'exemple de Scarpa.

(1) Grellois. Thèse, Paris, 1836.

(2) Pelliee de Quengsy (1783). Étude d'ALBERT Terson. Arch. dophf.,

p. 307, 1895. ^ooK r i

(3) MiDDLEMORE. Treat'/xd on dis. nfthe njc, p. 481. II, 1835, Lonaou.

. Desmarres (I) considère la guérison de l'hydrophthalmie comme impossible. Dans les formes stationnaires il conseille le port de lunettes bi-concaves, et, quand le malade réclame une opération à cause de ses douleurs, il fait des ponctions répétées de la cornée et de la sclérotique.

MsLckenzie (2) conseille des paracentèses répétées, mais seulement dans les cas désespérés et pour réduire rœil ; quand ceci échoue, il emploie la méthode que Beer a préconisée, c'est-à-dire l'extraction du cristallin comme pour la cataracte.

Sichel (3) combat la diathèse lymphatique, puis fait des ponctions cornéennes ou scléroticales avec l'aiguille à cataracte droite, ou le couteau lancéolaire.

Chavanne (4) regardant l'hydrophthalmie comme une transformation de l'humeur vitrée en liquide séreux proposa une ponction de la sclérotique suivie d'injection iodée. Cette méthode fut mise en exécution par Bonnet de Lyon, et donna des résultats favorables, mais seulement comme palliatif.

Dans Wliarton Jones (5) nous trouvons que Cousserant a pratiqué avec succès l'iridectomie, et que Hancock (6) a réussi dans certains cas d'hydrophthalmie par la section du muscle ciliaire.

Borner et Mauthner conseillaient la sclérotomie au

(1) Desmarres. Mal, des yeux, p. 749, 1847.

(2) Mackenzie. Mal. des yevx. Trad. par Warlomont et Testelin, 1857.

(3) Sichel Tconograph. ophtal,, p. 514, 1852-1859.

(4) Chavanne. Oaz. mêd. de Lyon, 1855.

(5) Wharton Jones. Trad. de Foucher, p. 320, 1862.

(6) Hancock. Oa division of ciliary muscle in glaucoma. Laneet, 1860.

début, mais se bornaient à la simple ponction et contreponction.

Nous voilà arrivés à la période actuelle, qui commence avec la thèse de von Mursilt. On voit par ce rapide exposé historique, que presque toutes les méthodes préconisées aujourd'hui ont été tour à tour employées et délaissées.

Il est évident que toutes n'ont donné que des résultats médiocres. Voyons maintenant si les chirurgiens medernes ont été plus heureux dans leurs résultats.

Traitement actuel de l'hydrophthalmie. — Nous allons étudier systématiquement les différents moyens thérapeutiques et chirurgicaux dirigés aujourd'hui contre cette maladie, en donnant avec chacun les louanges et les reproches qui lui sont adressées par les divers auteurs.

Nous dressons un tableau qui donnera de suite un coup d'œii d'ensemble des différentes méthodes de traitement tant palliatives que curatives.

C'est à dessein que nous ne parlons pas de la prophylaxie, qui, en somme n'existe pas, puisque la cause primitive de l'hydrophthalmie dans le grand nombre de cas nous échappe.

/ 1. Mercure.

I. Traitement \ 2. lodure de potassium. médical ) 3. Myotiques. (Esérine, pilocarpine, aréco-

' line).

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