‹ Étude sur l'hydrophthalmie ou glaucome infantile [electronic resource]Chapitre 21 sur 28 · TRAITEMENT MEDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MEDICAL

1" Mercure. — Le traitement par le calomel jusqu'à salivation, autrefois employé par F. Cunier comme altérant, est aujourd'hui tombé dans un juste oubli. Mais l'usage du mercure trouve toujours son indication, dans ces rares cas où la maladie semble prendre son origine dans une tare syphilitique.

2° loDURE de potassium. — Co sel jouit encore de la faveur de quelques médecins. Gallenga, le conseille et d'après lui c'est le seul remède général qui n'ait pas complètement échoué. Il nous semble que sa seule indication, comme pOur le mercure, doit être dans ces cas de spécificité avérée.

Notre maître, le professeur Panas, emploie quelquefois le sirop de Gibert, combiné aux myotiques, et dans

deux cas il a obtenu, par ce traiteuient, le retour à la transparence de la cornée (1).

3" Myotiques. — Les traitements généraux sont d'un effet plus que douteux, tandis que le traitement local par les myotiques, l'ésérine et la pilocarpine, exerce une influence incontestable sur la maladie, et jouit d'une faveur bien méritée. Les bienfaits de cette médication ont certainement été beaucoup exagérés par ceux qui la considèrent comme Vunique moyen de traitement, et supérieure aux opérations. C'est l'opinion de Bergmester Mayerhausen, Streatfield, etc.

Streatfield (*2) se déclare partisan de l'ésérine ; il croit que c'est le seul traitement capable d'arrêter le progrès de la maladie ; toutes les opérations seraient inefficaces. Il cite comme appui de ces assertions, deux cas, l'un traité avec l'ésérine... la tension qui était de T + 2 tombe jusqu'à normal, et l'œil cesse de grossir.

Chez l'autre il pratiqua deux iridectomies, qui furent suivies d'accidents douloureux, l'énucléation de l'œil devint nécessaire, et le résultat final fut la cécité complétée

Swanzy (3) écrit, lui, que l'iridectomie et la sclérotomie sont toutes deux suivies d'accidents funestes, et croit que le traitement par les myotiques est le seul applicable à l'hydrophthalmie.

Dufour au Congrès d'Edimbourg (4) dit que, vu les

(1) Professeur Panas. Maladies des yeux. Vol. I, p. 525.

(2) Streatfield. Obs. on some congen. dis. of the eye. Lanoct, 1882, i,

(1) SWANZY. Uandhook of Bis. of the Eye. London, 1890.

(2) Congrès d'ophtahmlogie, Edimbourg, 1894.

accidents auxquels exposent toujours les opérations, il essaie méthodiquement Tésérine et la pilocarpine, qui suffisent généralement à maintenir la pression intraoculaire k un faible degré, ce qui permet de conserver la vision. Dès que l'on obtient la diminution de la pression, on empêche le progrès de la maladie, et d'après lui si on réussit à maintenir cet état pendant quelques mois, et même deux ou trois ans, on peut atteindre l'âge de quatre ans sans la perte de la vue ; après cette épo.que la maladie s'améliore d'elle-même ? Quand les myotiques ne réussissent pas à réduire la pression intra-oculaire, Du four a recours aux opérations.

Voilà l'opinion de ceux qui craignent les opérations ; d'autres au contraire conseillent chaleureusement l'intervention chirurgicale, et s'élèvent contre l'usage exclusif des myotiques. T. Arnold {!), assistant de Haa5, s^oppose énergiquement à ce traitement ; pour lui on ne doit pas tarder, quand on a à sa disposition des moyens chirurgicaux qui guérissent, s'ils sont employées dès le début.

Lodato (2), qui réflète les idées d'Angelucci, croit qu'en essayant Tésérine et la pilocarpine, on perd un temps précieux, et il conseille l'intervention chirurgicale le plus tôt possible, et sans hésitation.

Concluons qu'il n'est pas possible de tracer des indications précises pour l'usage des myotiques. Souvent les opérations sont contre-indiquées dans les cas avancés; le traitement par les myotiques devient alors le seul applicable.

(1) T. Arnold, Zoo. oit.

(2) Lodato. Aroh. di Ottal,, 1896.

Mais nous sommes de l'avis de T. Arnold et deilaab, ce traitement ne peut jamais être que palliatif, il n offre aucune chance de guérison et surtout même fait perdre du temps ; car nous le verrons, une intervention très précoce peut absolument enrayer la marche de la maladie, et même donner une guérison complète et définitive, ce que même les plus forts défenseurs de l'ésérine n'ont jamais pu soutenir.

Ceci n'est pas une raison pour négliger les myotiques qui resteront toujours un adjuvant utile même après que l'œil a été opéré.

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