‹ Études de clinique ophthalmologique [electronic resource]Chapitre 27 sur 35 · INTERVENTION OPERATOIRE DANS LES CATARACTES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

INTERVENTION OPERATOIRE DANS LES CATARACTES SECONDAIRES

secondaire, d'après Deidier (i) et Hoin (2). Il y procédait par arrachement à Taide d'une pince spéciale pour cataracte secondaire.

Pellier de Quengsy (3), non moins partisan de l'extraction, la pratiquait comme il suit : après section de la cornée dans la moitié environ de sa circonférence, on introduit une petite pince à ressort spéciale (fig-. 7, pl. 8), qui sert à saisir la cataracte secondaire ou membraneuse et à Tenrouler, en tournant le manche de Imstrument entre les doigts. Grâce à de petites tractions faites deçà et delà, on finit par Textraire complètement du globe sans le moindre accident, surtout [si Ton a soin de demander à l'aide de laisser échapper la paupière supérieure au moment où la membranule ne tient presque plus à rien.

A l'appui de l'excellence de la méthode, il cite encore, sous le n° 63, l'observation d'un nommé Dupont, maître en chirurgie, opéré de cataracte à l'œil droit par abaissement, 12 ans auparavant, et laissant subsister une cataracte secondaire, et, à l'œil gauche, par extraction, avec un succès durable. Grâce au procédé décrit plus haut, Pellier de Quengsy obtenait en 1779 le rétablissement de la vision de l'œil droit, dont la guérison était complète le 18^ jour. L'auteur insiste sur ce qu'il n'eut à enregistrer la moindre perte de vitré, ce qu'il explique par la participation de la seule capsule cristalline dans la formation des cataractes secondaires. Dans les cas de fortes adhérences iritiques, il conseille de les sectionner avec son ophtalmotome ou avec de petits ciseaux courbes à pointes mousses. Si alors il restait un peu de la cataracte membraneuse, il ne faudrait pas s'en soucier, vu que les bords se replient sur eux-mêmes et se résorbent au profit du résultat final, ainsi qu'il en a pu s'assurer plusieurs fois.

^'e]pea^ (^|) s'élait l'aiigé parmi parlisans de l'extraction, ainsi que Jœger (5).

Desmarres, se fondant sur 16 années de pratique des plus tendues, adopte l'extraction par la cornée comme règle géné-

(1) Deidier (de Montpellier , Journ. des Savanls, }). 100.

(2) Hoin, Mém. dciAcad. de chirurgie, ij^S, II, p. ^2^.

(3) Pellier de Quengsy, loc. cit., p. 322.

4) Velpeau, Traité de Médecine opératoire, 1839.

5) Jœger, in Deval, Chirurgie oculaire, 1844. P- 189.

ÉTUDES DE CLINIQUE OPHTALMOLOGIQUE

raie, réservant la discision à Faiguille pour certains cas exceptionnels. Pour lui, l'extraction comporte trois temps principaux, à savoir : i° ponction de la cornée de 3 à 4 millirhètres d'étendue, faite de préférence dans la partie où l'on suppose les adhérences de l'iris plus fortes ; 2^ introduction de la pince pour saisir la membranule ; 3"" extraction simple de la membranule lors de non-adhérence ou en enroulant celle-ci autour de la pince pour détruire les synéchies ; et, en supposant qu'on n'y arrive pas de la sorte, on attire au dehors la partie restée adhérente pour l'exciser aux ciseaux.

Il arrive, dit-il, quelquefois qu'à cause de son peu de résistance la cataracte se déchire sur place sans se laisser entraîner. Il envisage cela comme rare et ne survenant que lorsqu'on opère trop peu de temps après l'extraction du cristallin, alors que l'opacité capsulaire n'est pas assez organisée.

Mackenzie [loc. cit., p. 452) recourait à l'extraction, aussi bien dans les cataractes siliqueuses que dans celles secondaires, en donnant la préférence à la voie cornéenne, avec cette différence, qu'il sectionnait le tiers de la cornée pour celles siliqueuses, et un peu moins pour celles succédant à l'opération de la cataracte. Comme instrument tracteur, Mackenzie se servait d'une petite pince ou du crochet de Schlagentweit, en ayant soin, en cas d'adhérences iritiques, de tourner l'instrument tracteur sur son axe, comme Pellier de Quengsy. Lors de fortes synéchies, il excisait, à l'instar de Desmarres (1), la partie adhérente de la capsule au moyen de ciseaux à iris.

Pénétré des imperfections du résultat visé, de la nécessité d'une pupille optique nette, des difficultés souvent grandes dans l'exécution et des dangers avérés et plus fréquents qu'on ne le suppose de la discision, j'ai adopté comme règle, depuis plus de 3o ans, l'extraction des cataractes secondaires, oubliée presque partout, au profit de la discision, avec des résultats des plus satisfaisants à l'époque antérieure à l'antisepsie et qui sont devenus encore meilleurs depuis lors. Pour s'en convaincre, il suffit de parcourir la thèse inaugurale de notre élève le docteur Pley, lequel, en l'année 1898, a réuni non moins de 90 opé-

(1) Desmarres, Traité théorique et pratique des maladies des yeux. Paris, 1858, t. II, p. 358.

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