‹ Études de clinique ophthalmologique [electronic resource]Chapitre 28 sur 35 · I OPH · texte numérisé non relu

I OPH

^OPHTHÂLMIC ^

INTERVENTION OPERATOIRE DANS LES CATARACT^ES SECONDAIRES lOy

rations faites par nous à l'Hôtel-Dieu dans l'espace de 3 ans.

Pour en assurer le succès, certaines conditions sont nécessaires :

N'intervenir que lorsque tout processus irritatif qui succède à l'extraction de la cataracte primitive a complètement disparu ;

Donner à la cataracte membraneuse le temps d'acquérir une résistance suffisante pour ne pas se laisser déchirer par la pince qui la saisit. C'est pourquoi nous conseillons d'attendre de 3 à 6 mois ;

Se rendre compte s'il existe ou non des adhérences iritiques et de l'étendue de celles-ci par l'éclairage oblique, après instillation d'atropine.

Je ne parle que pour mémoire de l'antisepsie rigoureuse, pour ceux encore nombreux qui se contentent de l'à peu près.

Voici comment nous procédons à l'opération :

La veille au soir, lavage avec jet dans les culs-de-sac d'une solution de biiodure de mercure, suivi de brossage des bords palpébraux avec un tampon de coton trempé dans l'huile au biiodure de mercure. Il va de soi que nous supposons les voies d'excrétion des larmes saines ou rendues telles grâce à un traitement préalable. La toilette de l'œil terminée, on applique sur l'œil fermé des rondelles de coton stérilisé et une bande qu'on laisse en place jusqu'au moment de l'opération. On instille alors dans l'œil ouvert deux ou trois fois des gouttes de collyre huileux de cocaïne à 2 p. loo, qui a l'avantage, sur le collyre aqueux, de respecter l'épithélium de la cornée, et l'on procède à un dernier lavage des culs-de-sac avec la solution mercurique.

Les paupières étant fixées avec le blépliarostat à ressort non muni de vis d'arrêt, on immobilise le globe avec la pince, qu'on applique le plus près possible du limbe conjonctival, sur le point diamétralement opposé à celui où doit se l'aire l'opération. A l'aide d'une pique triangulaire ordinaire, on pratique alors une ponction au bord de la cornée, mesurant non moins de 8 à 10 millimètres, en ayant soin de retirer la pique rapidement pour conserver dans la chambre antérieure la majeure partie de l'humeur aqueuse. Sauf lorsqu'il existe de larges synéchies nécessitant une iridectomie, on passe au second temps de l'opération.

Celui-ci consiste à saisir la membranule et à la tirer au dehors

ÉTUDES DE CLINIQUE OPHTALMOLOGIQUE

sans la rompre, ou le moins possible, et en respectant autant que faire se peut l'intégrité du vitré. Pour cela, nous nous servons de la pince articulée de Liebreich ou mieux de la nôtre, qui n'en diffère que par la terminaison en pointe de Tune de ses branches, alors que Tautre est pourvue de griffes. L'instrument, couché horizontalement à plat et fermé entre le pouce et l'index, est introduit dans la chambre antérieure, le long de la face postérieure de la cornée, avec la branche pointue dirigée du côté de la membranule. En écartant légèrement les branches, on perfore et on embroche à cheval le voile membraneux aussi loin que possible avant de fermer la pince, et l'on procède à l'extraction par des tractions légères et continues, d'abord verticalement, puis latéralement, à droite et à gauche. L'apparition d'une brèche noire pupillaire qui s'accentue indique que la manœuvre a réussi, et, en continuant à tirer, on parvient à détruire, si elles existent, de petites synéchies iritiques, en enlevant du coup tout le sac capsulaire épaissi, constitué par les deux cristalloïdes adossées, avec ou sans interposition de masses cristalliniennes cataractées surtout abondantes vers la région équatoriale. Il arrive parfois que la cataracte membraneuse, bien que se laissant attirer au dehors, adhère par un pédicule à la partie supérieure, ce qui est surtout le cas lorsqu'il y a eu une iridectomie antérieure, suivie d'enclavement capsulaire entre les lèvres de l'ancienne plaie cornéenne. Il suffira alors de la couper aux ciseaux pour terminer l'opération, en ayant soin de réduire tout prolapsus de l'iris avec la spatule d'argent. En cas d'insuccès, on l'excisera à sa base avec des ciseaux.

Dans tous les cas, la pupille devenue entièrement noire, qu'elle soit ronde ou colobomateuse, reprend sa forme et se met à se dilater et à se resserrer sous l'influence de la lumière, preuve que le sphincter a recouvré son fonctionnement physiologique.

En supposant qu'il s'agisse d'une membranule trop fine et trop cassante ne se prêtant qu'à un arrachement central partiel, on s'en contentera si la brèche est suffisante pour le résultat optique visé; dans le cas contraire, on ajoutera, séance tenante, une petite irido-capsulotomie verticale, faite au moyen des ciseaux, introduits dans la chambre antérieure.

Il va de soi que, lorsqu'on se trouve en présence d'adhérences iritiques trop larges et trop étendues pour se laisser arracher et

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