‹ Études de clinique ophthalmologique [electronic resource]Chapitre 32 sur 35 · NÉOPLASIES BÉNIGNES DES PAUPIERE · texte numérisé non relu

NÉOPLASIES BÉNIGNES DES PAUPIERE

roiigeâtre du volume d'un pois et semi-transparente à son sommet. Une autre pareille, vers le milieu de la paupière et à la commissure externe de Fœil opposé ; deux autres analogues mais plus petites ne dépassant pas le volume d'un grain de chènevis ; ajoutons une troisième au point lacrymal inférieur. Le début de ces productions remontaient à trois ans.

L'extirpation de la tumeur principale a permis de constater histologiquement qu'elle était composée du derme et d'un réseau conjonctif fibrillaire tapissé d'endothélium et contenant une masse finement granuleuse, avec des groupes de corpuscules lymphoïdes par places. Vu la simplicité de la composition de la tumeur, toutes les autres furent simplement grattées et évidées. La guérison en fut rapide, et se maintenait complète à l'examen du malade fait quelques mois plus tard.

Sous le nom de granulome des paupières, le même auteur (p. 396) relate le cas d'un jeune homme de 18 ans qui, trois ans auparavant, avait reçu un coup d'éclat de bois à la paupière inférieure gauche. Au voisinage de la commissure externe existait une tumeur de 1 centimètre de long sur 7 milhmètresde hauteur et une petite cicatrice superficielle de la peau correspondante, ainsi qu'une rougeur localisée de la conjonctive tarsienne voisine. Il en fit l'extirpation par la peau, sans intéresser la conjonctive, et l'examen histologique a démontré qu'il s'agissait d'un granulome inflammatoire renfermant dans son centre une petite esquille de bois.

Une autre observation de l'auteur est décrite sous le nom d'adénome des glandes pilo-sébacées. Il s'agissait d'un jeune homme de 20 ans, porteur sur le bord libre, en dehors du point lacrymal de la paupière inférieure gauche, d'une tumeur arrondie du volume d'un petit pois dont le début remonteraità quatre ans. Elle paraissait identifiée au tarse et à la partie correspondante du derme; elle était assez dure et de couleur jaunâtre. Examinée histologiquement après extirpation, elle fut trouvée composée des éléments du derme et d'un réseau conjonctif dont les mailles étaient remplies de cellules épithéliales plus ou moins arrondies au centre et aplaties à la périphérie, pressées les unes contre les autres, comme cela existe dans les glandes sébacées.

Une troisième observation de Rumschewitsch est décrite par lui sous le nom d'adénome des glandes sudoripares modifiées ou de Moll, et concerne un malade de 25 ans. Le début remon-

ÉTUDES DE CLINIQUE OPHTALMOLOGIQUE

tait à un an. Sur le bord libre de la paupière supérieure droite, juste au milieu de ce bord, il existait une saillie mollasse de couleur rouge pâle ofirant 2 millimètres et demi de long, 1 millimètre de large et 1 millimètre et demi de saillie. A l'examen histologique, la petite masse était composée du derme avec papilles et recouvrement épithélial proliféré. Les glandes pilo-sébacées n'y prenaient aucune part et étaient même atrophiées, tandis que vers le centre on rencontrait sur les coupes un tissu glandulaire que Fauteur envisage comme appartenant aux glandes sudoripares acino-tubuleuses de la région.

Enfin, dans une dernière observation du même, il est question d'adénome des glandes de Meibomius chez un individu de 2/J ans, dont le bord libre de la paupière supérieure droite en était le siège.

La tumeur avait le volume d'un pois, était molle et adhérait au tarse mais non à la peau. A l'examen histologique, outre les éléments normaux du tarse, on rencontrait des mailles contenant des amas épithéliaux et de nombreuses cellules remplies de graisse, rappelant des glandes sébacées embryonnaires ou encore des glandes de Meibomius enflammées.

Colucci (1) relate le seul cas connu, d'après lui, d'hypertrophie papillomateuse sous forme de crête saillante, de 1 à 2 millimètres de hauteur, de la lèvre postérieure du bord libre des quatre paupières, qui a été observée par lui chez une femme de 75 ans, offrant en même temps des crasses épidermiques dans différentes parties du corps. L'examen histologique de la bandelette réséquée lui prouva qu'il s'agissait d'une hypertrophie des papilles du chorion et d'un revêtement épithélial à trois couches qui n'envoyait aucun prolongement vers la profondeur. Seules, les cellules de la couche moyenne avaient subi, en partie, la dégénérescence myxomateuse, surtout prononcée au niveau des espaces interpapillaires. Quant aux papilles, elles étaient infiltrées principalement à leur sommet de cellules embryoplastiques rondes.

J'ai été à même d'observer à mon tour la même altération de dermite marginale hypertrophiante chez des individus atteints d'acné meibomienne, et parmi ceux-là, un confrère qui vint me

(1) Colucci, Ann. di Oiîalm., 1899, t. XXVIII, p. 166.

Page 1