‹ Études de clinique ophthalmologique [electronic resource]Chapitre 34 sur 35 · NÉOPLASIES BÉNIGNES DES PAUPIERES · texte numérisé non relu

NÉOPLASIES BÉNIGNES DES PAUPIERES

se pourrait que, vu leur bénignité et leur curabilité par une simple ablation, on néglige de les faire connaître.

Une autre question serait celle du diagnostic différentiel entre les tumeurs marginales bénignes et celles de nature maligne, telles que : cancer, sarcomes ou, tubercules. Ces dernières, outre qu'elles débutent rarement par le bord libre, ont une marche progressivement envahissante et revêtent la forme, non d'un bouton, mais de plaquage plus ou moins exulcéré. Nous ne connaissons que l'observation de Grull (1) qui fasse exception. Il s'agissait d'un granulome fongoïde malin de la paupière inférieure gauche, formé par deux nodosités du volume d'un noyau de cerise chacune, exulcérées à leur sommet.

Signalons, à ce propos, les chalazions dits malins, et décrits sous la rubrique d'adénomes, de sarcomes, d'épithéliomes simples ou calcifiés, de gommes ou de tubercules. Toutes ces productions ont pour origine les glandes de Meibomius et le tarse, pour de là envahir le bord libre des paupières et de préférence la conjonctive tarsienne. Presque tous ces cas ont été pris au début pour de simples chalazions, et ce n'est qu'à l'examen microscopique fait après ablation qu'on a reconnu l'erreur. Encore estil que cela ne suffît pas, si l'on en juge d'après les 16 cas recueillis par Page (2) dans divers périodiques. Aussi, le mieux sera, pour assurer le diagnostic de tumeur maligne, de tenir compte de l'évolution rapide de la tumeur et de l'engorgement des ganglions voisins et, s'il y a doute, de recourir à des inoculations expérimentales sur les animaux, cobaye ou lapin, surtout lorsqu'on soupçonne la tuberculose.

(1) Crull, Miinch. med. Woch., 1897, p. 627.

(2) Fage, Arch. d'opht., 1898, p. 298.

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