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OPHTALMOLOGIQUE
peut-être aussi les gaines lymphatiques des veines vorlicineuses, par rintermédiaire du tissu trabéculaire suprachoroïdien. En ce qui concerne un courant excréteur postérieur le .long du nerf optique et de ses gaines, la chose reste problématique.
Ce qui est hors de contestation, c'est que l'occlusion par adhérences, plus rarement par thrombose de l'angle iridien, se rencontre le plus souvent dans le glaucome confirmé; d'où la déduction qu'on en a tirée que le processus glaucomateux dérive surtout du manque d'excrétion. D'après cette conception, celui-ci pourrait être défini: « Une hypertonie du globe par rétention » en opposition avec les idées professées par de Grœfe, Desmarres et d'autres, qu'il s'agissait là d'un processus hypercrinique de l'iris.
Malgré ces données, la solution du problème ne fait que reculer, vu qu'il y a exceptionnellement des glaucomes avérés, où toute occlusion de l'angle iridien fait défaut et que nous ignorons les conditions qui la déterminent. Ce n'est pas en tout cas l'iritis, affection commune et qui rarement, en dehors de la variété dite séreuse, se complique de glaucome. Prétendre qu'il s'agit plutôt là d'altérations séniles verruqueuses de la racine de l'iris, c'est faire crédit à une hypothèse mal assise. La preuve en est que le glaucome aigu et subaigu revêtent cliniquement les allures d'une affection inflammatoire, qui peut guérir comme telle par un traitement médical ou chirurgical approprié.
D'ailleurs, on ignore comment l'iridectomie qui a immortalisé le nom de Grfefe parvient à en constituer le traitement curatif ; ce qui a conduit l'auteur à cette découverte, c'est une physiologie erronée de l'époque faisant de l'iris l'organe sécréteur de l'humeur aqueuse. D'après cela, le meilleur moyen de parer à toute surcharge sécrétoire aboutissant au glaucome devait être sans conteste le sacrifice d'un grand lambeau d'iris, ne comprenant pas moins du quart de ce diaphragme. Cette conception était pour lui d'autant plus naturelle, qu'il avait assisté à l'inefficacité absolue des paracentèses répétées, que son maître Desmarres pratiquait couramment dans le glaucome aigu, envisagé par lui comme une choroïdite séreuse.
Pour expliquer l'efficacité de l'iridectomie, les adeptes de la théorie de la rétention prétendent que par là on arrive à désobstruer l'angle de filtration, sans se douter que, quels que soient le
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siège |)rri|)liériquc de Tincision cornéenne ci le soin d'arracher le lamheau irien (Bowman)an lieu de l'exciser, jamais on n inléresse le canal de Schlemm sur Toeil glaucomaieux. Des couj)es méridiennes faites sur des yeux ainsi opérés prouvenl (jiic le vérilable angle de fdiralion se trouve situé au moins à i ou 2 millimèlres en arrière de la cicatrice opératoire ; ce qui s'expli(jue lorsqu'on se rappelle que, par suite de l'adliérence anormale de la hase (h^ l iris, le véritahle angle iridien se trouve reporté plus en arrière.
Du moment que ni Thypersécrétion, ni le manque d'excrétion par la voie j^rincipale, celle du canal de Schlemm, ne parvenaienl à expli(juer le pouvoir curalif de riridectomie, on a songé à une autre hypothèse, celle de la perméabilité de la cicatrice opératoire de la cornée. Mais pour cela il faudrait commencer par prouver la réalité du fait, outre que des cicatrices résullani de })laies accidenlelles ou opéraloires de la sclérocornée, à moins d'être cystoïdes, n'ont jamais présenté, que je sache, le |)hénomène de rester indéfiniment filtrantes.
('e iTe^l pa< moins de cette hy[)olhèse qu'on est parti pour ()pp()^(M' l;i scléroloniie [)nre à r()j)érali()n combinée de (ircele. Celle opéralion, qui, en réalité, est une kératotomie limbaire, puis(|u'elle consiste en une ponction et une contre-ponction faites au-devant de l iris |)lus ou moins soudé à la cornée, ne saurail, malLiré le soin qu'on a (renlanier avec le couteau la face piolonde du pont intermédiaire, rivaliser avec le large hunbeau (pie comporte l iiidectomie. Or, nous pensons que l'action curative de l'opérai ion de Gra^fe est due moins, sinon pa-- (lu joui, m Texcision d'un land)eau irien ([ii aii hii'ge (h'iti'ideineiil de la co(pie oculaire. On pourrait, en elTel. comparer le i^lnucoine inllammaloire, tant aigu (pie subaigu, au j)anaiis, oîi ^eul un l(ir<ic débridemenl sauve la situation, aloi'S (pie toute ou\ cri lire e\i^U(' re^le >nn^ elVel iilile. Dison^. en oiiii'c. que mènu^ clio^e e^l \raie poiii- le I railcnicnl altoilit' «le lOrfliite parencliynialeu^e oi'i l'on (Itdd'ide la liiniqiie xaLiinalc. ladt'-noplileirmon du cou cl non inoin- poiii' la pi'i'ilonilc laiil lianinaliipie tpie ^ponlan(''e. dan- la<pielle la simple lapaidioinic a donné (le>- i('"-iillaK t''lonnanl-. --an- (piOii en pui--i' IroUNt'i' l'explical ion exaflc.
Parlant de cette i(lé(\ nous avon- pen-c que. I<ii - d accès
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glaucomateux survenus sur des yeux déjà iridectomisés pour glaucome, cataracte, corémorphie optique, etc., au lieu de répéter une et plusieurs fois Tiridectomie, ainsi que le voulait de Graefe, il valait mieux pratiquer à la pique une large ouverture, au proche voisinage de Fancienne cicatrice opératoire, procédé auquel nous avons donné le nom d'oulétomie (i). Notre prévision s'est trouvée justifiée par des guérisons définitives qui ne se sont pas démenties après lo, i5 et 20 ans écoulés.
Notons à ce propos qu'une large incision méridienne postérieure, appelée op/italmotomie, proposée contre le glaucome dit absolu, ne s'est pas montrée utile; preuve qu'il n'est pas indifférent d'agir sur le globe parallèlement ou perpendiculairement à l'axe, ni de s'écarter du limbe scléro-cornéen qui avoisine l'angle de fîltration.
- Rappelons que, dès 1868, Stelwag de Carion (2) donne deux observations de double glaucome chronique inflammatoire où une large ponction à la pique faite en plein limbe scléral, comparativement à une large iridectomie sur l'œil congénère, donna des résultats heureux identiques sur les deux yeux et qui persistèrent.
La sclérotomie anté-iridienne proposée par de Wecker (3) et pratiquée par Quaglino (4) le premier ne saurait rivaliser comme action avec l'iridectomie de Grsefe, tout en reconnaissant qu'elle peut rendre des services dans certaines formes chroniques et contre l'hypertonie qui accompagne assez souvent Firitis séreuse. Nous en dirons autant des paracentèses répétées ou multiples (jusqu'à quatre à la fois, diamétrales et en croix): de l'opération de Hancock (5) imitée par Heiberg et Salomon. Cette dernière réside en une section oblique de 3 à 4 millimètres, faite à l'union de la cornée et de la sclérotique, et a pour but de couper l'attache du muscle ciliaire que l'auteur supposait être contracturé dans le glaucome. Le Fort (6), partant de l'hypothèse de l'accumulation d'un liquide séreux entre la choroïde et
{i) Bulletins et Mémoires de la Soc. française (T ophtalmologie, i883, p. 98.
(2) Stelwag v. Carion, Der intraoculare Druck, etc., Vienne, 1868, p. 4.
(3) De Wecker, Congrès de Heidelberg, 1869, et Klin. Monaîsbl., 1871.
(4) Quaglino, Annali di Ottalm., 1871, p. 200, et Congrès de Londres,
(5) Hancock, The Lancel, mars, avril, novembre 1864.
(6) Le Fort, Bidl. Soc. Chir., 1876.
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la sclérotique, ponctionnait obliquement cette dernière à Taide d'une aiguille à cataracte au voisinage de Téquateur, et se félicitait, disait-il, des résultats obtenus. De pareilles ponctions reportées vers la portion équatoriale de la sclérotique remontent d'ailleurs au temps de Guérin(i) et de Mackenzie (2),le(pud visait à la soustraction d'une partie du vitré, qu'il supposait augmenté de volume dans le glaucome.
L'opération de Vincentiis (3) est également une sclérotomie antéiridienne dont elle ne dilïere que par la suppression de la contre-ponction et l'emploi d'une aiguille à lame tranchante convexe au bout, au lieu du couteau de Grsefe. Conséquemment, elle est passible des mêmes restrictions faites plus haut.
Pour terminer ce qui a trait aux dé])ridements de peu d'étendue, nous dirons que l'opération déjà ancienne et à peu prè^ abandonnée de Hancock aurait pour seul avantage d'ouvrir à la fois les deux espaces anté et post-ii idien, remplis l'un et l'autre par l'humeur aqueuse. Ce qui explique, peut-être, les rares succès qu'on en a enregistrés.
Nous fondant sur ce que l'angle de fiitration véritable se trouve dans le glaucome, reporté plus ou moins en arrière de la base de l'iris, nous nous sommes demandé si, en pratiquant d'emblée une sclérotomie dans l'espace rétro-iridien qui constitue le premier réservoir de l'humeur aqueuse, on n'arriverait pas à de meilleurs résultats. Ce qui pourrait arrêter dans cette voie, ce serait la crainte de la blessure possible du cristallin par le couteau ; aussi, avons-nous cherché à nous en prémunir par des expériences sur des yeux de cadavre, après injection d'eau dans le vil ré.
A l'élat tout à fail noi'mal, l'espace rétro-iridien conslilué en avant par le plan de l'iris, en arrière et de bas en haut })ar les l(Mes des procès ciliairesja zonule de Zinnet l'équateur crislallinien, ne mesure pas moins de 2 à 3 millimèlre^ de large. Cet espace est plus ([ue suffisant pour le passag(^ à plal de la l;nne (Tuii (in conlcan de di-jefc. sans compb'r (pie dans le lil.iucoine il s";igran(lil . par snite de raccnniulal ion de riuimeui' .upicu^e.
{il Glérin, Trailé sur /es maladies dos ijcllv, Lyon. ijOcj. {'2) Mackenzu:, Glascow med. Times, iS3o.
(3 DEViNCENTns. Ccnlralh! f. Prarl , Anficnhcilk.. \'<^yi. V- i7<>-"-?iO' di Oltalm., iSijS, p. 5'jO.
C'est au moins ainsi que les choses se présentaient dans nos recherches anatomo-pathologiques (i) sur le glaucome chronique irritatif et absolu, faites en commun avec Rochon-Duvigneaud (2); alors que Priestley-Smith, ayant surtout en vue la période initiale du glaucome, admet le gonflement des procès ciliaires qui deviendraient ainsi Fagent de propulsion de Tiris en avant et par suite de l'aplatissement de la chambre antérieure.
Il restait à déterminer le trajet horizontal du couteau, en choisissant la partie périphérique de Fespace rétro-iridien, la plus large et la moins en rapport avec le cristaUin. Or, en tenant compte du demi-diamètre vertical inférieur de la cornée qui mesure 6 millimètres et du demi-diamètre correspon-
Le couteau, horizontalement tenu le tranchant en bas, pique en pleine sclérotique (s), à deux millimètres en arrière du limbe (/), glisse le long de la face postérieure de l'iris et ressort en pleine sclérotique, sur le point symétriquement opposé.
dant du cristallin qui est de 4 millimètres et demi, nous nous sommes convaincu que le couteau de Griefe traversant Toeil horizontalement à 2 millimètres en arrière du limbe sclérocornéen et à 2 millimètres au-dessus de la tangente à la demi-circonférence inférieure de la cornée, pouvait passer librement. C'est à peine si le dos du couteau déborde d'un demi-millimètre le bord mince du cristallin qui ne subit d'ailleurs aucune pression. Le trajet intermédiaire parcouru par le couteau ne dépasse pas 10 à 12 millimHres, ce qui rend la manœuvre facile pour toute main exercée (fig. 2).
L'opération exécutée d'après ces données nous a prouvé que , chez aucun des opérés, il n'est survenu de cataracte trauma-
(1) Panas, Traité des maladies des i/eax, Paris, 1894.
(2) Panas et Rochon-Duvigneaud, Recherches analomiques et cliniques sur le glaucome^ etc., Paris, 1898.
Fig. 2, — Sclérotomie rétro-iridienne.
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ii(liu'. Oiianlaux résullals obleiuis au poiiiL de vuedu glaucome, ils se résumeiiL comme il suit :
Sur 10 glaucomes, dont 2 hémorragiques à marche aiguë, et 8 chroniques absolus, il y a eu un contraste frappant, la tension ayant Ijaissé d'une façon définilive et dui'al)l(' pour les deux hémorragi([ues et Tun des chroniques, alors qu elle n'aélé influencée en rien pour tous les autres.
La raison de cette différence capitale nous semijle résidei' dans le l'ait inq)orlant que, dans les trois premiers cas, la sclél'olomie rétro-iridienne a donné lieu à Técoulement d'une quantité abondante d'humeur aqueuse emprisonnée dans la chamijre postérieure, alors que dans les sept aulres il n'en est sorti que quelques goultes à peine. C'est là une particularité qui a dû échapper aux nombreuses recherches analomo-palhologiques l'ail es sur le glaucome et qu'une biopsie opératoire a pu seule nous faire connaître. On peut dès lors se demander quel est le mécanisme de Thyperlonie dans la variélé de glaucomes qu'on pourrai! appeler à sec, el Ton ne saurait songer qu'à deux: à une iidillration œdémaUnise du \ ilré ouà une accumulalion du liquide dans l'espace suprachoroïdien, deux facteurs qui, j)our le monienl, ne sonl pas encore prouvés. Toujours est-il qu'en ])areils cas l'iridectomie pas plus que les sclérotomies et l'ophtalmotomie postérieure ne sauraient être uliles. Il arrive ici ce qui se passe dans la panoplilahnie, où rien n'y fait pour mettre (in aux soulï'rances du malade en dehors de l'évidement et de Ténucléalion, et cela à cause de la transformation du \ iti'é en un gàleau plus ou moins consistant.
Un auti'e i)rocédé au([uel nous avons songé est celui de Tiridosclérotomie (Voy. Arch. d'op/iL, iSS\, p. 4^1 ), oi)éralion (|ni s'applifpie auxleu("omes adhérents avec ou sans stapliylonic de la cornée, el en général à Ions les cas où la chanibi'e anléi'ieure se li'ouNC eifacc'e par^uile du lonus glauconialcux. Ici eiK'oi'e, les meilleur^ rt''<ullal< oui (''lé ol)lenu< toule< le< foi^ (pi'il c-l écoul»' une ipianlih'' abondanie d'il uineur aipieu-c, <•(> . 1 11 i ci >nlirinc le- ndlcxii )n>- pi'(''C('Ml(Mnincnl ('Mni--e-.
Aillai "pic ^oii nom rin(li(|iic. celle ( )| kt-'i I h >n une ednibinai>^()n de la scK'rol oin le en p'ein liinhe coi'iK'cn ci de I inlonne. Udle -e pral ique comme la -impie -(déi'oloniic p-u' t r.in-lixmn. avec cel le dilïerence (pi'une toi- tpie le couteau de (jrwle a pé-
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nétré dans la chambre antérieure, on embroche la base de Tiris d'avant en arrière pour passer horizontalement derrière, repiquer Tiris périphériquement d'arrière en avant . et ressortir dans le limbe scléro-cornéen du côté opposé. En imprimant à ce moment au couteau des petits mouvements de scie, on élargit la ponction et la contre-ponction, aussi bien de Tiris que de la cornée, jusqu'à leur donner 3 à 4 millimètres de hauteur; puis on tourne le tranchant du couteau en avant et Ton achève de couper avec la pointe le pont intermédiaire d'iris. On aperçoit alors une brèche noire horizontale, qui établit un libre passage de l'humeur aqueuse dans la chambre antérieure et fait plus tard office de pupille optique périphérique, ainsi que j'en ai donné un exemple dans le travail cité plus ha.it.
En se fondant sur le peu de curabilité du glaucome hémorragique et plus encore sur les insuccès à peu près constants des interventions conservatrices, contre les glaucomes chroniques absolus douloureux, les opérateurs ont posé comme règle de recourir d'emblée à Ténucléation. Tel fut aussi notre avis jusqu'à il y a une dizaine d'années, époque à laquelle l'application de la kérateclomie combinée (i) dans le traitement des staphylomes totaux de la cornée nous a convaincu de l'action antiglaucomateuse de cette opération pour des cas où l'énucléation avait été jugée jusqu'ici indispensable. Partant de là, nous avons donc étendu l'application de la nouvelle opération au glaucome absolu non staphylomateux, et la clinique nous a montré qu'au bout même de plusieurs années les moignons ainsi obtenus conservaient leur volume et un tonus normal. Chez aucun des malades kératectomisés, c'est-à-dire chez lesquels nous avons retranché la cornée, l'iris en entier, extrait le cristallin et suturé la sclérotique, il n'est survenu au bout de plusieurs années, ni glaucome, ni la moindre manifestation sympathique. Le tout, au profit d'une prothèse merveilleuse en tant qu'esthétique, et dépourvue des inconvénients et des dangers inhérents au port d'un œil artificiel se substituant à celui énucléé.
Le glaucome chronique simple mérite une place à part. Par sa fréquence, il représente près des deux tiers des glaucomes
(i) Panas, Bull. deVAcad. de Méd., 23 aùot i8j8, p. io8, et Arch. d'opht., 1898. p. 545.
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pris ensemble. Se fondant sur ses allures, de Grœfe n'y a vu tout d'abord qu'une amaurose ayant pour caractère dislinctif rexcavation du disque optique. 11 fut conduit à cette conception par l'absence de l'hypertonie qui, pour lui, était synonyme de glaucome. Plus tard, en assistant à la transformation de ce qui a été appelé glaucome chronique simple, en celui dit irritatif et où le tonus s'élève d'une façon périodique puis persistante, il s'est naturellement ravisé, d'accord avec Donders.
La forte excavation cupuliforme de la papille, l'amincissement des artères plus ou moins athéromateuses, la dilatation variqueuse des veines correspondantes et le halo atrophique choroïdien circum papillaire, tout dérivait pour lui de l'action mécanique due à l'hypertonie du globe.
Nous savons aujourd'hui, à n'en pas douter, qu'il existe deux sortes de glaucomes chroniques :
L'une où l'on assiste périodiquement à Télévation du tonus, à des obnubilations et à l'apparition de cercles colorés autour des flammes, mais avec peu ou pas d'hyperémie scléroticale et un léger trouble cornéen. Conjointement, la chambre antérieure peut conserver sa profondeur, et la pupille son diamètre. En revanche, l'excavation de la papille ne fait jamais défaut, et souvent elle s'accompagne d'un halo choroïdien atrophique circumpapillaire.
L'autre où, en dehors des troubles visuels progressifs liés à la même excavation de la papille que précédemment, il n'existe à aucun moment d'hypertonie matériellement démontrable, pas plus que des obnubilations périodiques et apparition de cercles colorés autour des flammes. Ici, il y a désaccord parmi les ophtalmologues. Les uns n'y voient qu'une atrophie sénile pure et simple, alors que d'autres en distraient, pour les faire rentrer dans le glaucome, tous les cas où le champ visuel se rétrécit du côté nasal vers le côté temporal et où le sens chromatique pour le vert et le rouge est conservé.
Il y a lieu de se demander si, en l'absence de toute élévation tangible du tonus à un moment quelconque, on peut se fier aux seuls signes fonctionnels pour établir le diagnostic de glaucome. Cela d'autant plus qu'il existe des cas de glaucomes indubitables avec hypertonie où le champ visuel ne se rétrécit pas classiquement du nez vers la tempe, et qu'ici, comme dans l'hystérie, le
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siège du sens chromatique, central ou périphérique, prête encore à discussion.
D'ailleurs, les partisans les plus déclarés de la dualité du glaucome chronique simple reconnaissent que la distinction des deux affections similaires n'est pas toujours facile à établir. C'est pourquoi de Wecker (i) propose une sclérotomie antérieure exploratrice qui, dans le cas de glaucome, aura pour effet d'élargir le champ visuel, alors que dans l'atrophie simple rien ne changerait. Abadie (2), de son côté, propose un autre critérium, Famélioralion de l'état glaucomateux par les instillations d'ésérine et de pilocarpine et son aggravation par l'emploi de l'atropine, tandis que ces deux sortes d'agents restent sans effet lors d'atrophie pure.
Il ne faudrait pas croire qu'il s'agisse de disputes purement doctrinales, puisque de là dépend la manière d'agir des uns et des autres, c'est-à-dire de ceux qui interviennent dans tous les cas de glaucome prétendu simple et qui accélèrent même le pas, de peur d'agir trop tard, et de ceux qui s'abstiennent sur toute la ligne, se bornant à l'usage persévérant des myotiques.
Pour nous, toutes les fois que le glaucome nettement chronique ou à froid s'accompagne indifféremment d'obnubilations périodiques avec cercles colorés autour des flammes, de rétrécissement graduel du champ visuel nasal, d'un trouble interstitiel de la cornée, de la diminution m rquée de profondeur de la chambre antérieure, avec ou sans dilatation de la pupille, on doit intervenir opératoirement et autant que possible avant que la macula ne soit atteinte.
Ici encore l'iridectomie classique, et en tous cas tout débridement large du limbe scléro-cornéen, méritent la préférence ; sans négliger l'emploi continué des collyres myotiques, et surtout de celui huileux d'ésérine à 1 p. 100 qui est le mieux toléré en même temps que le plus actif.
Nous sommes, malgré cela, de ceux qui hésitent à admettre que, dans le glaucome chronique à peine irritatif ou pas du tout, on obtienne, par une iridectomie hâtive, des guérisons aussi nombreusesetassurées que pour les glaucomes aigus et subaigus.
(1; De Wecker, Rapport à la Soc. franç. d'Opht., 1901, p. 108. (2) Abadie, Soc. (TOpht. de Paris, 5 février 1901.
PATHOGÉNIE ET TRATrEMENT DU GLAUCOME
Si nous récapitulons tout ce qui a trait aux dilTérentcs opérations antiglaucomateuses, nous aboutissons toujours à la môme conclusion que seuls les larges débridements au niveau de la scléro-cornée jouissent d'une efficacité réelle et durable.
En tête des méthodes en question, se place pour les glaucomes aigus, subaigus et certains de ceux qu'on pourrait appeler frustes, riridectomie de de Grsefe; à cette restriction près, que la largeur de la brèche iritique n"est pas indispensable au succès, si Ton en juge par Tefficacité reconnue des larges sclérotomies limbaires dont Voulélomie fait partie. Contre les glaucomes absolus, la kératotomie combinée, qui, jouissant d'une action hypotonisante indiscutable, mérite d'être substituée à l'énucléation ainsi qu'à Fophtalmotomie postérieure et aux ponctions répétées de la sclérotique qui visent de provoquer l'atrophie du globe. De même, lors de glaucome récidivant après iridectomie classique, point n'est besoin de procéder à de nouveaux abatages de l'iris, mais on se contentera de l'oulétomie.
La plupart des ophtalmologues, au moins parmi ceux du continent, n'interviennent opératoirement dans le glaucome chronique qu'après un traitement plus ou moins prolongé par les myotiques. Ils se fondent pour cela sur les insuccès et même les inconvénients réels de l'iridectomie. Nous acquiesçons à cette manière de voir, mais à la condition expresse d'intervenir opératoirement sitôt qu'on a acquis la conviction que les myotiques restent sans effet ou que l'amélioration progressive s'arrête.
Le malheur a voulu que l'ésérine, qui est le myotique par excellence, soit mal tolérée, en provoquant une conjonctivite intense avec gonflement des paupières et une douleur intra-oculaire plus ou moins vive, attribuée au spasme du muscle ciliaire. Aussi a-t-on été conduit à lui substituer la pilocarpine, exempte, il est vrai, de ces inconvénients, mais en même temps d'une action bien moins efficace.
Des recherches de laboratoire suivies d'applications cliniques nous ont montré, grâce aux efforts persévérants de notre ancien élève le D'^ Scrini ( i), que les solutions huileuses d'ésérine basique étaient non seulement bien tolérées à la dose réellement active
(i) Panas, Des collyres huileux. Acad. de Mêd., 24 mai 189S. — Scrim, Thèse de Paris, 1898, et Arch. d'Opht., janvier 1899, février 1900.
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de 1 p. 100, mais qu'elles jouissaient de propriétés antiglaucomateuses des mieux assurées. La raison de ce contraste tient à ce que sous cette forme Tésérine ne se transforme plus en rubrésérine, à laquelle il faut imputer Tintolérance de Toeil et la moindre action thérapeutique. Depuis cette substitution, il nous a été donné d'employer le collyre huileux d'ésérine en instillations, 3 à 4 fois dans les 24 heures, et cela d'une façon prolongée, sans provoquer ni congestion, ni douleurs, et en obtenant le maximum de son effet utile. Quant à la rapidité de Fabsorption et à la durée de son action, elles sont très certainement supérieures à celles du collyre aqueux, ce qui tient à son séjour plus prolongé et plus tenace dans les culs-de-sac conjonctivaux. Il en est de même lorsqu'on l'injecte sous la conjonctive bulbaire. Comme preuve de cette supériorité d'action, nous mentionnerons des faits cliniques des plus probants, qui se rapportent aux divers types de glaucome : irritatif aigu, irritatif chronique, chronique simple, infantile avec buphtalmie, et celui consécutif prodromique.