CHAPITRE III. — ÉTIOLOCIE UU CANCER
qu'une simple coïncidence. Il résulte de mes observations que non-seulement les chagrins poignants contribuent à la production du cancer, mais encore qu'ils constituent un obstacle à la guérison de cette affection.
Les tempéraments et la constitution ne paraissent pas avoir une influence quelconque sur le développement du cancer. Velpeau n'a pu déduire de son expérience si vaste que ces données : mes observations autorisent à dire que nulle constitution, nul état de santé générale ou habituelle, ne met à l'abri du cancer; qu'il n'y a pas lieu dès lors à chercher de ce côté la cause prédisposante de la maladie. Cette conclusion exprime l'état de nos connaissances.
Traumatisme. Les malades attribuent ordinairement à un traumatisme la cause du cancer externe. La plupart des auteurs français ne sont pas de l'avis des malades, ils n'admettent pas que le cancer puisse se produire sans l'intervention de la diathèse; cependant quelques-uns reconnaissent qu'il n'est pas possible de nier l'influence d'une irritation mécanique ou morbide sur la localisation du carcinome, surtout depuis que Virchow a fortement insisté sur l'importance d'une irritation locale ou organique persistante comme cause de localisation du carcinome. Il invoque en faveur de son opinion des arguments extrêmement puissants : comme la fréquence du cancer épithélial chez les fumeurs, le cancer du scrotum chez les ramoneurs, le cancer du testicule retenu à l'anneau inguinal, les cicatrices, les surfaces de vésicatoires devenues carcinomateuses, etc. Reste encore à décider si cette irritation traumatique ou non doit être considérée comme une cause nécessaire de la localisation du cancer et qu'elle n'en constitue qu'un des facteurs déterminants.
A mon point de vue, cette question a une grande importance, car si l'on admet l'intervention d'une cause traumatique indépendante et la localisation de la maladie, c'est admettre la possibilité de la guérison radicale. On y arrivera, mais en prenant une autre voie que celle qu'on a suivie jusqu'ici,