‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 9 sur 158 · II · texte numérisé non relu

II

Quant à ce qui concerne les autres causes du carcinome, nous passerons rapidement sur cette partie, vu qu'à part un très petit nombre de notions statistiques, dit Lebert, tout le reste est obscurité dans la question des causes du cancer.

Age. Le cancer s'observe à tous les âges; on prétend même qu'il peut être congénital. Selon Paget le cancer augmente de fréquence depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse. Nélaton n'est pas de cet avis, il dit que le cancer ne se développe presque jamais avant la vingtième année. Les opinions varient considérablement, mais il est vrai de dire que le jeune âge y est moins exposé que la vieillesse. Velpeau en a vu un exemple sur une jeune fille de dix-sept ans. J'ai vu une tumeur de la grosseur d'une aveline chez une jeune fille de quatorze ans, elle ne fut pas opérée; elle attendit l'infection générale et elle succomba. J'ai vu un squirrhe chez une demoiselle de Gand, de dix-sept ans. Elle ne voulut pas se laisser opérer, je ne sais ce qui en est advenu. La plus jeune de mes opérées du cancer du sein avait vingt-trois ans (voir Obs. XLV), elle est parfaitement guérie, elle vit encore.

L'âge où les femmes sont le plus exposées au cancer du sein est de quarante à cinquante et de cinquante à soixante ans.

Le sein gauche est plus souvent affecté que le droit.

La femme y est plus exposée que l'homme.

Selon Marc d'Espines, dans le canton de Genève, le cancer est incontestablement plus fréquent dans la classe aisée et riche que dans la classe pauvre. Je suis d'un avis contraire pour notre pays.

Il est plus fréquent à la ville qu'à la campagne.

Les saisons n'ont pas d'influence marquée sur le développement du cancer.

On a prétendu que les progrès de la civilisation favorisaient l'augmentation relative dans la mortalité du cancer.

Quant aux climats, il paraît que le cancer est plus fréquent en Europe que dans les autres parties du monde.

De tout temps on a admis l'influence du moral sur le développement du cancer ; tous les auteurs ont admis les chagrins au nombre des causes de cette maladie. Lebert conteste l'influence du moral sur la production du cancer, il n'y voit

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