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DES CAUSTIQUES, DEUX ANS DE REPOS, PUIS RECIDIVE

M. de B., soixante-cinq ans, rentier, demeurant à Ixelles, de bonne constitution, est atteint de cancroïde à la lèvre inférieure, de vingt mois de durée; il n'a pas voulu se laisser opérer par le bistouri, il a été traité pendant trois mois par des emplâtres caustiques, sans autre résultat que la perte d'une partie de la lèvre.

Les 28, 29 et 3o janvier 1869, application de la pâte caustique d'environ cinq heures de durée.

Élimination de l'eschare le 5 février. Le 25 février, la cicatrisation est achevée. La lèvre est en partie rétablie par la rétraction de la cicatrice, la difformité est très peu apparente.

Le malade est enchanté, il va montrer sa lèvre partout, sans oublier les chirurgiens qu'il avait consultés. En voyant la cicatrice, l'un d'eux a prétendu que ce n'était pas un cancroïde, — mais vous l'avez déclaré, — je me suis trompé.

Hélas, le triomphe ne fut pas de très longue durée.

Un peu plus de deux ans après, au mois d'août 1871, la récidive eut lieu, une petite tumeur comme un pois se montra à l'extrémité interne de la cicatrice. Je la traitai par des résolutifs à l'intérieur et à l'extérieur. La petite tumeur se développa; quand elle eut acquis le volume d'un pois, je voulus intervenir, le malade résista. Lorsqu'elle fut de la grosseur d'une noisette

OBSERVATIONS

ordinaire, le malade consentit à se laisser opérer, la tumeur était ulcérée en dedans, circonstance fâcheuse.

J'enlevai donc cette tumeur au moyen des caustiques.

La plaie se cicatrisa très bien, mais peu de temps après, nouvelle récidive à la partie inférieure de cette dérnièrc cicatrice.

Le malade se crut perdu, il quitta Ixelles et se livra à des guérisseurs empiriques. J'ai appris que l'affection s'était communiquée aux ganglions du cou et de la poitrine, qu'il y eut une très large ulcération.

Il succomba en septembre 1872.

OBSERVATION XX. — Cancer de la mamelle droite, deuxième période,

EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUERISON MOMENTANÉE

La sœur noire C, de la communauté de Bruxelles, soixante-dix ans, se contusionna le sein, il y a plusieurs années, mais depuis un an seulement elle a constaté l'existence d'une petite tumeur au sein droit; cette tumeur se développa rapidement.

Au moment où je la vis, le squirrhe avait le volume d'un œuf de dinde, il est dur, bosselé et le siège de douleurs lancinantes, violentes et fréquentes. Deux ganglions de la grosseur d'une petite noix existent dans l'aisselle, ils sont également squirrheux. Depuis deux mois le mamelon est ulcéré et la tumeur augmente rapidement.

A première vue on croirait que ce cas est favorable; il n'en est rien, non seulement l'affection cancéreuse est arrivée à la seconde période, mais elle est sur le point de passer à la troisième ou à l'infection générale. Comme aucun organe interne ne paraît affecté, on peut légitimement opérer, bien que les chances de succès soient minimes; j'ai eu soin d'en avertir la supérieure du couvent.

Le 3 mars 1869, application des caustiques. Sept applications suffirent, la personne étant maigre.

Le 16, chute de l'eschare, la plaie est très belle, réunion partielle.

Le 20 avril, la cicatrisation est achevée. Je revois la malade le 12 mai, elle paraît très bien.

Six mois après j'ai appris sa mort, survenue à la suite d'une tumeur dans le ventre, m'a-t-on dit, on ne m'a pas consulté.

OBSERVATION XXI. — Cancroïde de la lèvre inférieure, opéré deux fois par l'instrument tranchant, récidives, emploi des caustiques, récidive.

M. L., quarante-cinq ans, jardinier, forte constitution, demeurant à Saint- Gilles, est atteint de cancroïde à la lèvre inférieure, dont le début remonte au commencement de 1868.

En juin 1868, il fut opéré par le bistouri, récidive immédiate.

OBSERVATIONS

Nouvelle opération le 17 août suivant, récidive au commencement de novembre.

Il s'adressa à moi le 2 avril 1869, il présentait une tumeur aplatie du diamètre d'une pièce de cinq francs, s'étendant du bord de la lèvre cicatrisée au bord inférieur du maxillaire. Elle est adhérente.

Le 3, le 4 et le 5, application des caustiques, j'ai cautérisé la lame externe de l'os.

Chute de l'eschare le i5, y compris la lame osseuse.

La cicatrisaiton marcha rapidement, le 6 juin elle était achevée.

Récidive six mois après, avec engorgement des ganglions sous-maxillaires.

Toute opération devenait impossible.

L'ulcération s'empara de tous ces engorgements, marcha avec une grande rapidité, et le malheureux succomba en 1870.

OBSERVATION XXII. — Cancer du sein gauche, emploi

DES CAUSTIQUES, RECIDIVE.

Mme G., soixante ans, tempérament lymphatique, embonpoint prononcé, demeure à Bruges. Cette personne a les seins très volumineux. Il n'y a que trois mois qu'elle s'est aperçue qu'elle portait une tumeur squirrheuse volumineuse à la partie externe du sein gauche. La tumeur est grosse comme le poing et a tous les caractères du squirrhe, de plus la glande est parsemée de noyaux squirrheux.

Le i5 avril 186g, application des caustiques. L'étendue du néoplasme rend l'opération difficile et laborieuse, l'embonpoint de la malade en multiplie les difficultés et diminue les chances de guérison.

Quatorze applications.

Chute de l'eschare le 7 mai, plaie nette, rapprochement facile des lèvres de la plaie.

Réunion immédiate, aucune suppuration. L'immense plaie est cicatrisée en totalité en cinq jours. La santé générale se rétablit complètement. La malade resta à peu près un an sans souffrances.

En mai 1870, récidive dans la cicatrice avec engorgement ganglionnaire de l'aisselle et du creux sus-claviculaire.

Tout espoir disparaissait.

Elle mourut en novembre 1870 des suites de la récidive.

La maladie était à la période d'extension, les noyaux squirrheux multiples le prouvent et même il est très probable que les ganglions axillaires et susclaviculaires étaient déjà spécifiquement malades au moment de l'opération.

OBSERVATION XXIII. — Cancer de la mamelle droite,

EMPLOI DES CAUSTIQUES, RECIDIVE

Mme veuve B., soixante-deux ans, demeurant à Ixelles, maigre, chétive, un peu contrefaite, présente au sein droit une tumeur squirrheuse bien caractérisée. Douleurs lancinantes ou nerveuses.

OBSERVATIONS

Le 22 avril 1869, emploi des caustiques, huit applications. Chute de l'eschare le 9 mai, reste une petite bande suspecte à la lèvre inférieure de la plaie, deux applications de pâte caustique. La cicatrisation se fit régulièrement.

Je revis la malade le i5 octobre 1869, elle paraissait très bien guérie. En septembre 1870, une petite tumeur se déclara dans la cicatrice et les glanglions de l'aisselle s'affectèrent en même temps.

J'appliquai les caustiques sur la petite tumeur et sur les ganglions engorgés. Six applications.

A la fin d'octobre 1870, la plaie est entièrement cicatrisée. L'année 1871 se passa sans encombre.

En 1872, récidive nouvelle, la malade la cacha avec soin. Quand on s'est aperçu de la récidive, il était trop tard, les ganglions de l'aisselle et du cou étaient engorgés et spécifiquement malades. L'opérée succomba vers la fin de 1872.

OBSERVATION XXIV. — Squirrhe de la mamelle gauche, emploi

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