‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 12 sur 158 · DE L'UNITÉ DU CANCER · texte numérisé non relu

DE L'UNITÉ DU CANCER

également davantage. L'opération est plus simple, plus facile, plus rapide, la récidive moins fréquente et par conséquent la guérison plus sûre. Quand la récidive a lieu, elle survient plus tardivement et son développement est moins précipité ; la récidive elle-même affecte une marche lente, même quand on ne la guérit pas.

Certaines tumeurs se composent en même temps de tissu squirrheux et de tissu encéphaloïde : tantôt c'est le tissu squirrheux qui précède et qui domine, tantôt c'est le contraire. La raison physiologique de ces formes nous échappe, et un ne saurait les expliquer que par des hypothèses.

C'est une erreur de croire que le cancer offre une époque de crudité et de ramollissement, dit Lebert, comment se faitil dès lors que certaines tumeurs présentent un point central ramolli dans une étendue plus ou moins grande et que cette partie ramollie présente tous les caractères de l'encéphaloïde ou du cancer hématode qui n'est qu'une variété de l'encéphaloïde. D'autre part, les bosselures des tumeurs squirrheuses qui ont acquis un grand développement, finissent par se ramollir, s'ulcérer et devenir ensuite des ulcères végétants et hématodes. On pourrait prétendre que cet état ne constitue pas le ramollissement dans le sens propre qu'on attache à ce mot, parce qu'une suppuration sanieuse s'interpose ou se mêle au tissu encéphaloïde et même le détruit en partie. Le travail qui se fait dans ce cas présente quelque chose de spécial, ce n'est ni le travail du phlegmon ni celui de l'abcès froid; c'est un travail d'ulcération qui désorganise les tissus et qui finit par perforer et détruire la peau qui le recouvre. Le tissu encéphaloïde, gélatiniforme, colloïde ou hématode est mis à nu et la végétation caractéristique commence.

Du reste, que l'on admette ou non l'unité du cancer, il est un fait indéniable, c'est qu'on ne rencontre jamais deux tumeurs cancéreuses parfaitement identiques. J'ai opéré plus de cinq cents cancers et je dois à la vérité de dire que je n'ai pas rencontré deux de ces cancers qui eussent entre eux une similitude parfaite.

En admettant l'unité du cancer, l'unité moléculaire, l'unité organique, nous devons ajouter que, quant à la forme, à l'aspect, à la dureté, à la mollesse, aux dispositions physi-

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