CHAPITRE IV. — DE L'UNITÉ DU CANCER
ques, les tumeurs cancéreuses présentent des différences considérables : on rencontre des squirrhes, des tumeurs fibreuses présentant, dans la disposition de leura libres, de nombreuses variétés ; on rencontre des tumeurs squirrheuses et encéphaloïdes à la fois ; dans ce cas, le tissu squirrheux se trouve ordinairement à la périphérie et présente, de même que l'encéphaloïde, de nombreuses différences de formes et de dispositions physiques. Dans ces tumeurs, dans les squirrhes surtout, on rencontre des kystes de toute espèce, des poches de formes, de dimensions, de dispositions diverses, contenant des solides et des liquides de différentes sortes : du sang pur, tantôt noir, tantôt rougeâtre, d'autres fois de la sérosité, soit pure ou contenant diverses substances : du sang, du pus, des grumeaux, de l'albumine, du lait (liquide lactescent). Quelquefois ces kystes renferment des substances solides d'apparence athéromateuse , stéatomateuse , mélicérique, etc.; on rencontre aussi dans ces tumeurs des cartilages, des noyaux osseux (j'en conserve un de la grosseur d'une noix), etc. N'avais-je pas raison de dire que c'est l'unité dans la variété? Je suis loin de prétendre que ces productions accidentelles aient une influence quelconque sur la marche ou sur les conséquences finales de l'affection, mais dans une question aussi compliquée que l'est celle du cancer, il est bon de tenir compte de tous les phénomènes qui se produisent.
Ainsi donc qu'on admette ou non l'unité du cancer, il est un fait qu'on ne peut contester, c'est que cette affection se présente sous des formes très différentes. Entre le squirrhe, l'encéphaloïde, le colloïde, la mélanose, le fibroïde, le cancroïde, l'ulcère cancéreux d'emblée, etc., il y a des différences énormes de formes, d'aspect, de dispositions, de malignité et de curabilité.