‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 137 sur 158 · EMPLOI DES CAUSTIQUES, MORT ACCIDENTELLE · texte numérisé non relu

EMPLOI DES CAUSTIQUES, MORT ACCIDENTELLE

Mrae J., quarante-neuf ans, mère de six enfants, demeurant à Amsterdam, tempérament lymphatique, faible, chétive, toussant depuis vingt-cinq ans, paraissait tuberculeuse, mais je n'ai pas constaté de caverne, du reste il n'y avait pas d'expectoration.

Elle est atteinte de squirrhe de la mamelle droite avec des ganglions axillaires engorgés. Les conditions me parurent assez défavorables pour déconseiller un traitement actif. Mais le mari qui avait placé toutes ses espérances dans l'opération, car il résultait d'une consultation de trois des principaux médecins d'Amsterdam que le mal était incurable, qu'il n'y avait rien à faire; le mari, dis-je, insista beaucoup, en disant que sa femme toussait depuis son mariage et qu'il répondait qu'elle ne présentait rien de grave du côté de la poitrine.

Le icr juillet 1878 et les jours suivants, emploi des caustiques, huit applications bien supportées, sauf qu'ayant perdu l'appétit, elle s'affaiblit un peu. Néanmoins, l'eschare se détacha convenablement, la plaie se cicatrisa lentement. La malade voulut retourner à Amsterdam avant que la cicatrisation fut achevée. Elle partit, en arrivant à la gare de Rotterdam, le feu prit à l'essieu du waggon dans lequel elle se trouvait, elle eut une grande émotion qui la paralysa, on dut l'emporter, elle eut un évanouissement, puis une hémoptysie très abondante qui se renouvela presque tous les jours et à la suite de laquelle elle succomba trois semaines après son retour.

OBSERVATIONS

OBSERVATION CXXI. — Cancer nu sein gauche, deuxième période,

EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE

M»8 B., cinquante ans, de Jambes-lez-Namur, 'y.nphatique, mère de cinq entants qu'elle a nourris, est atteinte de squirrhe du sein gauche avec engorgement de quelques ganglions axillaires, en conséquence à la deuxième période très avancée. Il y a peu d'espoir d'éviter la récidive ou d'arrêter les progrès de la maladie.

Un rebouteur du Luxembourg avait appliqué deux caustiques à trois mois d'intervalle sur un des noyaux proéminents de la tumeur, il avait fait perdre un temps précieux, entretenu la malade dans une fausse sécurité, permis à la maladie de prendre de l'extension et d'arriver au point où il n'est plus possible d'empêcher l'infection générale.

Le 9 septembre 1878, emploi des caustiques sur la tumeur et sur les ganglions : onze applications. A la chute de l'eschare la plaie est très nette, la cicatrisation se fait régulièrement. La malade retourne chez elle, guérie en apparence.

Au commencement de janvier 187g, récidive, j"opère la petite induration, mais la maladie continue, la malade s'affaiblit, l'appétit se perd, l'amaigrissement commence, cependant la plaie se cicatrise ; la malade retourna chez elle et succomba deux mois après, dans le marasme, mais sans de grandes souffrances.

OBSERVATION CXXII. — Cancer ulcéré du sein gauche,

DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE

Mm9 D., soixante-cinq ans, rentière, demeurant à Laeken, constitution molle, prédominance de la lymphe, apathique, sans courage, est atteinte d'un énorme encéphaloïde ulcéré du sein gauche avec infection des ganglions axillaires et douleurs lancinantes très vives. Le cancer ou l'ulcération a 6 centimètres de diamètre et la forme d'un entonnoir avec un bord végétant en bourrelet. Il y a peu d'espoir d'arrêter les progrès du mal.

Le 6 novembre 1878, emploi des caustiques sur la tumeur ulcérée et sur les ganglions engorgés de l'aisselle : j'enlève tout le tissu malade, tout ce qui est engorgé, j'obtiens une cicatrice passable, mais à peine la cicatrisation étaitelle terminée que la récidive commènça. J'essayai de détruire la petite induration, mais immédiatement d'autres engorgements se produisent et épuisent la malade. Enfin il fallut abandonner la lutte.

La malade succomba au mois de juin 1879.

OBSERVATIONS

OBSERVATION CXXIII. — Vaste tumeur squirrReuse du sein gauche,

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