‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 20 sur 158 · DU RAMOLLISSEMENT · texte numérisé non relu

DU RAMOLLISSEMENT

Les anciens croyaient que le cancer, arrivé à un certain degré d'accroissement, se ramollissait comme le tubercule et que le cancer mou ou encéphaloïde n'était qu'un squirrhe ramolli. Lebert admet que le cancer peut se ramollir, mais ce ramollissement, selon lui, ne constitue pas une phase de développement ; il n'est autre chose qu'un des effets variés d'une nutrition troublée qui peut survenir ou ne pas survenir. La troisième période du cancer, pour lui, est celle de sa nutrition troublée.

Lebert constate que le cancer mou est beaucoup plus fréquent que le squirrhe, que la moitié au moins des cas de cancer du sein ne s'ulcèrent pas ou ne se ramollissent pas. J'ai presque toujours vu les squirrhes, arrivés à un certain degré de développement, par exemple à la fin de la seconde période ou au commencement de la troisième, se ramollir; mais ce ramollissement est partiel, c'est ordinairement le sommet des bosselures les plus volumineuses, qui s'enflamme et s'ulcère, le tissu de l'intérieur de ces bosselures présente à une profondeur assez considérable les caractères du tissu encéphaloïde, tandis que le reste de la tumeur est du tissu squirrheux. Une fois produite, l'ulcération se propage de proche en proche. L'auteur n'admet pas les caractères assignés aux ulcères cancéreux : bords durs et calleux, épais et renversés, fond sanieux. Les encéphaloïdes végétants offrent un aspect totalement différent de l'ulcère cancéreux type. Ces explications me paraissent peu concluantes.

Selon Broca, les diverses phases du développement des tumeurs présentent souvent des changements de consistance qui peuvent être considérables.

Quelques tumeurs durcissent en vieillissant, c'est une

exception, d'autres conservent la même consistance, c'est assez rare, d'autres, enfin, se ramollissent, c'est ce qui arrive ordinairement.

Le ramollissement est un phénomène extrêmement fréquent, dit Broca; il peut se manifester dans un grand nombre de productions accidentelles et ne peut être considéré comme l'un des caractères pathognomoniques du cancer, non, mais c'est incontestablement un caractère d'une grande valeur.

Parmi les productions accidentelles qui tentent naturellement à se ramollir se trouvent : les cancers, à l'exception de certains squirrhes où le tissu fibreux adventice est plus abondant que les éléments globulaires autogènes, les épithéliomes, les fibroïdes nucléaires. D'autres ne se ramollissent que dans des cas exceptionnels ; tels sont les myéloïdes, les chondromes, les fibromes, les fibroïdes fibrillaires, les hystéromes et les adénomes.

Broca distingue le ramollissement en réel et apparent.

L'accroissement rapide des tumeurs se fait principalement par les couches superficielles qui présentent alors des bosselures tellement molles qu'elles paraissent fluctuantes.

Le ramollissement réel se manifeste surtout dans les parties les plus anciennes des tumeurs et en occupe principalement les couches centrales.

Dans l'encéphaloïde, le suc cancéreux devient de plus en plus abondant à mesure que le tissu perd de sa consistance ; ces états sont désignés sous les noms (X encèphaloïde médullaire, etd'encéphaloïde difjluent. Ces différences de consistance sont dues, dit Broca, aux proportions toujours croissantes du suc cancéreux, par rapport à la trame aréolaire.

Le suc cancéreux, dit Broca, composé d'une sérosité ou nagent les globules spécifiques du cancer, constitue l'élément autogène des tumeurs cancéreuses, tandis que le tissu conjonctif ne figure dans ces tumeurs qu'à titre d'élément adventice.

Le ramollissement de l'encéphaloïde est donc dû, selon Broca, à la prédominance toujours croissante des éléments autogènes par rapport aux éléments adventices ; c'est-à-dire que le ramollissement s'effectue lorsque le blastème s'orga-

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