PROPAGATION DES PRODUCTIONS ACCIDENTELLES
La tumeur carcinomateuse présente un accroissement interstitiel dû à l'expansion, au développement de sa propre substance, et qui n'a d'autre conséquence pour les tissus voisins, que leur compression ou leur refoulement. C'est le premier degré de l'affection, ce que je nomme la période de localisation du mal ou première période. Aussi longtemps que dure cette période, la tumeur est parfaitement circonscrite, parfaitement limitée, les tissus voisins n'ont pas encore subi les atteintes de la maladie. C'est le moment d'opérer. Si l'on enlève ou si l'on détruit en totalité la tumeur, on a toutes les chances possibles d'obtenir une guérison radicale. La destruction de la tumeur au moyen des caustiques donne un succès à peu près certain. Il serait donc très important de pouvoir préciser la durée de cette première période, mais ici commencent les difficultés, car cette durée est extrêmement variable et la science ne possède pas encore des données précises qui permettent de la déterminer, et l'on pourrait dire que cette durée varie pour chaque cas, selon les dispositions ou la force de résistance des individus et la nature ou la malignité de l'affection. C'est ainsi que j'ai vu chez des constitutions affaiblies, délabrées, lympathiques ou scrofuleuses, l'affection carcinomateuse passer à la seconde période après deux mois d'existence de la tumeur, mais ce sont des cas exceptionnels. D'autre part, j'ai vu une tumeur squirrheuse subir un arrêt de développement et rester stationnaire pendant plus de quarante ans, mais je n'en ai vu qu'un cas (voir Obs. XCV). Selon mon expérience, je pourrais poser comme terme moyen de durée de la période de localisation, six à huit mois, mais il y a de nombreuses différences en plus ou en moins.