‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 32 sur 158 · LOCALISATION DU CANCER · texte numérisé non relu

LOCALISATION DU CANCER

Lecat attribue le cancer à un vice purement local.

Pouteau avance que le bonheur d'obtenir une guérison radicale du cancer par l'opération serait plus fréquent, si l'on se déterminait de bonne heure à l'opération.

On peut invoquer les autorités de Bichat, de Roux, de Gardien, de Pinel, etc., pour prouver que le cancer est une affection primitivement locale.

Vigaroux formule sa pensée à sa manière, en disant : on voit par ce qui précède que le vice cancéreux n'existe pas avant la formation du cancer, qu'il est un effet et non une cause et qu'il prend sa source dans la tumeur même, que conséquemment toutes les acrimonies qu'on avait imaginées sont des êtres de raison, que le bon sens et la méthode de philosopher repoussent.

Maunoir dit : sans nous fatiguer à des recherches vraisemblablement inutiles sur l'origine du cancer, l'expérience nous apprend qu'il est le plus ordinairement, à sa naissance, une maladie locale, et susceptible de destruction, et pour qu'il devienne une maladie constitutionnelle, il faut qu'il se soit produit une certaine altération qui ait favorisé l'absorption d'un principe particulier, lequel déterminera l'infection générale.

Par contre, depuis l'antiquité la plus reculée, depuis Hippocrate, Celse, Galien, etc., jusqu'à la fin du siècle passé, l'opinion générale, celle qui considérait le cancer comme une maladie primitive de l'organisme, c'est-à-dire, comme une affection diathésique, était universellement admise. En ijj3, comme il est dit plus haut, Y Académie des sciences, des belleslettres et des arts de Lyon mit au concours la grande question pathologique du cancer, et elle fut assez heureuse pour trouver un travail digne de ses suffrages ; elle décerna une double couronne au mémoire de Peyrilhe. C'est dans ce mémoire que Peyrilhe eut la hardiesse de formuler des idées diamétralement opposées à celles qui régnaient dans les écoles depuis tant de siècles, et à son exemple, la plupart des auteurs qui l'ont suivi ont considéré le cancer comme une maladie locale dans son principe et qui ne devient constitutionnelle qu'au bout d'un certain temps et dans des conditions déterminées. Depuis i85i, Lebert, puis Broca en sont revenus aux

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