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CAUSTIQUES, GUÉRISON RADICALE DEPUIS DIX ANS

M110 H., vingt-deux ans, femme de chambre de Mm8 la baronne de B. (voir Obs. XIV), bonne constitution, femme forte, robuste, très vive, a vu se développer depuis trois mois environ et sans cause connue, une petite tumeur comme un pois d'abord, puis qui, augmentant sensiblement, est arrivée aujourd'hui à la grosseur d'un œuf de pigeon; cette tumeur est située au bord postérieur de l'aisselle droite, elle est dure, irrégulière, bosselée, non douloureuse, mais de temps en temps elle est traversée par une légère douleur lancinante.

Le diagnostic n'est pas douteux, c'est un squirrhe : les symptômes que je viens d'énumérer, sa marche insidieuse, son développement régulier, malgré les remèdes énergiques qui lui ont été prescrits et qui n'ont nullement entravé les progrès du mal, c'est-à-dire que le squirrhe s'est développé absolument comme si on n'y avait rien fait.

La tumeur tourmente excessivement cette personne, au point de lui ôter le sommeil. Suivant les conseils de sa maîtresse, elle est venue pour subir '. opération.

En conséquence le 28 mai 1870, je procédai à l'application des caustiques, caustique de Vienne d'abord, puis pâte caustique; cette dernière est continuée les trois jours suivants.

Après ces quatre applications, la tumeur me paraissant parfaitement détruite, je permis à la malade de retourner chez sa maîtresse. J'ai appris plus tard par cette dernière que l'eschare s'était éliminée le septième jour, puis que la plaie s'était parfaitement cicatrisée; depuis lors elle n'a plus ressenti la moindre douleur et sa santé ne laisse rien à désirer.

Voilà une tumeur parfaitement localisée, il n'y a pas d'hérédité, pas la moindre apparence de diathèse, c'est évidemment le moment d'opérer si l'on veut obtenir une guérison radicale. Je le répéterai sans cesse, au risque de devenir fastidieux, il faut opérer au plus tard quand la tumeur a acquis le volume d'une noix, si l'on veut obtenir des guérisons certaines, et je promets qu'elles seront nombreuses si l'on suit ce précepte, puisque jusqu'ici toutes les tumeurs que j'ai opérées dans ces conditions, toutes, sans exception, ont échappé à la récidive. La guérison de celle-ci date de dix ans, elle est radicale. Que les partisans de la diathèse et de l'incurabilité essaient d'attaquer à coups de théories un fait de cette espèce.

OBSERVATIONS

OBSERVATION XLIII. — Ulcère cancéreux ayant rongé l'aile droite du nez, le noli me tangere des anciens, application de la pate caustique,

GUÉRISON

M. G., soixante et onze ans, rentier, demeurant "â Cou vin; homme grand, fort, plutôt maigre, constitution sèche, habituellement bien portant, est atteint d'ulcère cancéreux à l'aile droite du nez, il y a une perte de substance assez considérable, l'aile est presque enlevée en totalité et l'ulcère fait d'une manière continue des progrès lents, mais incessants.

Il y a sept ans que le mal a débuté par un porreau de mauvaise nature, lequel a augmenté à peu près régulièrement, malgré les nombreux remèdes qu'il a employés.

Le 6 juin 1870, application de la pâte caustique de trois heures seulement de durée. Le malade aurait bien pu la supporter plus longtemps, mais les muquositéset les liquides qui descendent des narines détachaient le caustique et en empêchaient l'action. Le lendemain et les deux jours suivants, nouvelles applications de la pâte caustique aussi de trois heures environ. Les bords indurés de l'ulcère furent cautérisés à fond.

Le 16, élimination de l'eschare; l'ulcère étant converti en plaie simple, la cicatrisation en fut rapide, le 25 elle était achevée.

En avril 1872, deux petites ulcérations se produisirent aux extrémités de la cicatrice : je fis deux applications de caustique. Le malade retourna chez lui.

Il vint me voir au mois d'août suivant; il m'a dit qu'après la chute de l'eschare la plaie s'était cicatrisée en quelques jours.

La guérison s'est maintenue jusqu'à ce jour. Il n'y a que quelques mois que j'ai eu de ses nouvelles par une malade qu'il m'a adressée. Celle-ci m'a dit qu'il était parfaitement guéri.

Voilà un ulcère cancéreux qui a résisté à tous les moyens employés pendant sept ans et ils ont été nombreux, car cet homme, étant dans l'aisance, n'a rien négligé pour obtenir sa guérison. Parmi ces moyens figurent les caustiques : le nitrate d'argent, le caustique de Vienne, la pâte du frère Côme, etc. ; ce qui prouve l'efficacité de ma méthode.

Je ferai remarquer, surtout, que, malgré la longue durée de l'affection, le mal est resté localisé, puisque la guérison persiste après un traitement purement local, nonobstant la condition défavorable de l'âge avancé du patient.

Ce fait témoigne également contre l'existence de la diathèse cancéreuse, cette colossale erreur des anciens, reproduite par quelques chirurgiens modernes, plus amis de la théorie que de la pratique, ou ne jugeant et n'envisageant la question qu'au point de vue du bistouri, moyen souvent impuissant contre les affections cancéreuses, comme le démontre la pratique de tous les temps.

Et en présence de ce fait et de beaucoup d'autres que j"exposerai plus loin, que devient cette vieille doctrine, ce dogme insensé du noli me tangere, qui semblait poser des limites au génie de l'homme et enrayer le progrès ? Néant.

OBSERVATIONS

OBSERVATION XLIV. — Petit ulcère cancéreux du nez, u.>e seule

APPLICATION DE MA PATE CAUSTIQUE, CUERISON

M"18 P., quarante-cinq ans, de Bruxelles, tempérament lymphatique, plutôt faible, mère de huit enfants, voit se développer depuis trois ans, au milieu du nez, au point correspondant au bord inférieur de l'os nasal une petite tumeur qui, en deux ans, a atteint le volume d'un gros pois, puis s'est ulcérée il y a un an environ; cet ulcère a grandi et actuellement il est un peu moins grand qu'un demi-franc et présente tous les caractères de l'ulcère cancéreux, à bords indurés, irréguliers, bosselés, taillés à pic, saignant au moindre contact, et étant le siège de douleurs lancinantes.

Les onguents, les topiques variés employés jusqu'à ce jour, n'avaient absolulument rien fait.

Le 14 juin 1870, application du caustique de Vienne sur les bords indurés, puis une couche d'un demi-centimètre de pâte caustique; elle reste six heures en place et est remplacée par un petit cataplasme.

A ma visite du lendemain, je trouve que la cautérisation est suffisante ; on continue les cataplasmes.

Le 21, chute de l'eschare, la plaie est très nette, l'ulcère cancéreux est ramené à l'état de plaie simple. J'estime qu'il n'y aurait aucun avantage à en réunir les lèvres, pansement à la charpie sèche.

Le 3o, la plaie est entièrement cicatrisée.

La cicatrice est lisse, sans enfoncement et si ce n'était la rougeur, on ne croirait pas qu'une opération ait été pratiquée.

J'ai revu cette dame depuis, un an après, la cicatrice était tout à fait imperceptible; il faut savoir qu'une opération a été pratiquée pour s'en apercevoir.

La guérison s'est parfaitement maintenue jusqu'à ce jour.

On trouvera peut-être que ce cas est très simple, très ordinaire, très peu important, très peu grave; cependant je ferai observer que le médecin qui m'a drécédé n'est pas parvenu à le guérir, il n'est pas même parvenu à en arrêter les progrès, et il est fort probable que, sans l'intervention des caustiques, on n'en aurait pas obtenu la guérison.

Il n'a fallu qu'une seule application, quelques heures, pour guérir un mal de trois ans de durée, un mal que la généralité des médecins aurait considéré comme incurable, un mal qui avait résisté à un traitement actif, un noli me tangere enfin, duquel Récamier disait (x) : On me permettra probablement de crier grâce pour des malheureux voués à la mort, et de protester contre l'antique arrêt du noli me tangere, confirmé par la chirurgie anglaise, et comme enregistré par la chirurgie française dans le Nouveau Dictionnaire de médecine.

Malgré les trois années de durée de l'affection, le mal est resté localisé, c'est incontestable et si l'on veut être sincère, on avouera qu'il n'y avait pas l'ombre de diathèse dans le cas dont il s'agit.

(■) Recherches sur le traitement du cancer par la compression méthodique simple et combinée. Paris, 1829.

OBSERVATIONS

OBSERVATION XLV. — Cancer ulcéré du sein gauche, marche précipitée

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