‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 47 sur 158 · PAR LE BISTOURI, RÉCIDIVE , APPLICATION DES CAUSTIQUES, GUÉRISON · texte numérisé non relu

PAR LE BISTOURI, RÉCIDIVE , APPLICATION DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

MmB M., trente ans, fermière près de Tirlemont, d'un embonpoint considérable, grande et forte blonde, portait, sur l'épaule gauche, une tumeur très dure, dit-elle, de la grosseur d'une noix, elle ne s'en était aperçue que cinq mois avant l'opération. Voyant que la tumeur grossissait, elle se rendit à Louvain où elle fut opérée par le bistouri, il y a environ trois mois. La plaie se cicatrisa assez vite, mais un mois après, elle remarqua qu'une petite tumeur se développait dans la cicatrice, elle avait déjà alors le volume d'un gros pois. Trois mois après l'opération la tumeur avait le volume d'une grosse aveline. C'est alors que cette dame vint me la soumettre. Je diagnostiquai une tumeur squirrheuse et je conseillai l'opération par les caustiques.

En conséquence le 26 décembre 1871, je procédai à l'application du caustique de Vienne d'abord, puis de la pâte caustique, et je continuai les jours suivants. Quatre applications ont suffi.

L'opération démontra que cette tumeur était de nature squirrheuse.

Après les cautérisations, cette dame retourna chez elle, elle avait très peu souffert des caustiques. Les principales fonctions n'avaient subi aucun trouble.

Elle revint le 6 janvier 1872, après la chute de l'eschare, comme nous étions convenus. La plaie était très pure, je procédai à la réunion des lèvres de la plaie, j'y arrivai facilement. La malade retourna de nouveau chez elle, munie des instructions nécessaires. La réunion ne fut pas immédiate. Cela arrive souvent chez les personnes douées d'un grand embonpoint, la graisse liquide s'interposant entre les parois.

OBSERVATIONS

L'opérée se représenta quinze jours après, la cicatrisation marchait lentement, elle ne fut terminée qu'à la fin de janvier. Il n'y a plus eu de récidive jusqu'à ce jour.

Dans les cas de l'espèce où il y a eu récidive immédiate après l'opération par l'instrument tranchant, l'École de Paris ne manquerait pas d'attribuer la récidive à la diathèse; il n'en est rien cependant, puisque, opérée par les caustiques, la tumeur n'a plus récidivé. Ce fait joint à beaucoup d'autres de cette espèce, est une preuve palpable de la supériorité des caustiques sur le bistouri dans le traitement des cancers.

Malgré la récidive, la tumeur était restée parfaitement localisée, le succès le prouve. Il est vrai que la tumeur ne se trouvait pas précisément sur le grand trajet des vaisseaux lymphatiques.

OBSERVATION LIX. — Tumeur cancéreuse de la gencive, emploi des

Page 1