‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 50 sur 158 · ORIGINE DES TUMEURS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES TUMEURS

Dans l'élément glandulaire, dit M. Labbé, deux parties différentes peuvent subir isolément des variations susceptibles d'exciter leur activité nutritive au delà des limites normales et d'y amener la production de néoplasmes ; c'est d'une part le revêtement épithélial, et, d'autre part, le tissu conjonctif péri-acineux.

Tumeurs d'origine épithéliale. Les épithéliums glandulaires, par suite de leur production exagérée, donnent naissance à des tumeurs épithéliales ou tout au moins à des tumeurs dans lesquelles ces éléments ont une prédominance marquée. Cette classe de tumeurs se rapproche évidemment de celle des carcinomes, mais elle se différencie des cancers ordinaires de la même région, par son mode de développement, par sa marche clinique, et par une disposition anatomique spéciale des alvéoles qui ressemblent à des culs-desac glandulaires distendus par l'épithélium.

Cette distinction n'est pas admise par tous les auteurs, et particulièrement par ceux qui reconnaissent que le cancer de la mamelle se développe dans les culs-de-sac glandulaires ou est dû, dans tous les cas, à une hyperplasie des épithéliums glandulaires. Mais le nombre est plus grand de ceux qui se rattachent à l'origine conjonctive du cancer véritable.

M. Labbé discute ces opinions pour arriver à démontrer que ce qu'il appelle l'épithélioma intra-canaliculaire, et le carcinome vrai, sont deux tumeurs bien différentes.

Je me bornerai à constater que parmi les auteurs les uns admettent l'origine conjonctive du cancer, les autres l'origine épithéliale. L'accord est loin de se faire.

Je ne me permettrais pas de mêler mon opinion à celle de

ces savants expérimentateurs pour ce qui concerne les recherches microscopiques, mais il s'agit d'un fait d'observation que l'on constate souvent en opérant au moyen des caustiques ; et ce fait pourrait probablement jeter un faible rayon de lumière dans ce conflit d'opinions : lorsque la tumeur primitive ou le cancer se propage aux tissus voisins, on voit fréquemment, en opérant par les caustiques, que ces prolongements s'effectuent au moyen du tissu conjonctif et s'étendent quelquefois à 8 ou 10 centimètres au delà des limites de la glande mammaire; épais, durs, larges au point d'attache à la tumeur, ils vont en s'amincissant pour se confondre à leur extrémité avec les lamelles du tissu conjonctif. Évidemment cette propagation se fait au moyen de ce tissu ; or si l'origine de la tumeur était épithéliale, on ne la verrait pas se propager de cette manière.

Tumeurs d'origine conjonctive. Dans ces sortes de tumeurs, où se passe le travail morbide? Est-ce dans le tissu conjonctif péri-acineux ou dans le tissu cellulo-adipeux péri-lobaire. Le plus souvent, paraît-il, c'est dans le tissu conjonctif périacineux. Quoi qu'il en soit, les micrographes ne s'accordent pas sur la composition de ce tissu. Virchow croit que, dans le tissu conjonctif, les éléments sont des cellules étoilées, reliées par des prolongements canaliculcs, donnant naissance à une série d'aréoles dans lesquelles serait contenue la substance conjonctive.

Cette théorie a été profondément modifiée par M. Ranvier qui a pu démontrer que cette disposition des éléments n'était qu'apparente et qu'il fallait donner de la constitution intime du tissu conjonctif une autre explication.

La substance intercellulaire serait représentée par des faisceaux sur lesquels seraient appliquées des cellules èpithéliales, des endothéliums. Ce sont ces cellules qui seraient les parties véritablement actives dans le tissu conjonctif ainsi conçu et qui, par suite, donneraient naissance à des modifications plus ou moins considérables dans la composition de ce tissu.

Dans la théorie de Virchow ce sont les cellules étoilées qui prolifèrent. Dans la théorie de Ranvier, ce rôle est départi aux endothéliums.

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