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PREMIÈRE PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

Mm0 S., soixante-cinq ans, rentière, demeurant à Ixelles, a eu trois enfants sans le moindre accident, sa constitution est très robuste. A la mort du roi Léopold Ier, elle se rendit au palais pour voir le corps exposé; il y avait foule, elle fut violemment pressée contre un mur, dans la bagarre, elle reçut au sein un coup de coude qui lui occasionna une violente douleur; il y eut engorgement et la douleur ne se dissipa que huit ou dix jours après.

Elle n'y fit plus attention, lorsque au mois de juin 1872, elle découvrit, en cet endroit, une petite dureté qui pouvait avoir le volume d'une noisette.

Elle fit appeler son médecin qui lui prescrivit les fondants et les résolutifs ordinaires ; la tumeur se développa quand même, absolument comme si l'on n'y avait rien fait.

Au commencement de novembre, elle alla consulter son ancien médecin, le Dr Renard, qui ne pratiquait plus, lequel me l'envoya.

Je la vis pour la première fois le i5 novembre 1872, la tumeur avait le volume d'un gros œuf de poule, elle était très dure, irrégulière, bosselée, le mamelon enfoncé, les douleurs lancinantes étaient assez intenses, mais la maladie paraissait encore parfaitement localisée.

Le 22 novembre 1872, j'appliquai les caustiques, je continuai les jours suivants, la malade les supportait sans se plaindre ; il a fallu dix applications de six heures de durée pour détruire entièrement la tumeur.

Aucune particularité digne d'être notée ne s'est présentée dans le cours de l'opération, le squirrhe était entièrement fibreux.

Le g décembre élimination de l'eschare, la plaie est très pure, réunion, toujours par le même moyen, les bandelettes de toile collodionnées. L'adhésion ne fut que partielle, la malade, trop pétulante, arracha les bandelettes. La cicatrisation du reste de la plaie marcha rapidement; à la fin de décembre elle était achevée.

Il n'y a pas eu de récidive jusqu'à ce jour.

Dans ce cas comme dans le précédent, l'opération a été pratiquée pendant la première période ou de localisation ; aussi ces guérisons sont-elles définitives, et ces guérisons définitives prouvent une chose : c'est que la diathèse primitive, comme l'entend l'École française, n'existe pas le moins du monde, et que cette conception est purement spéculative, imaginaire, fantastique.

OBSERVATIONS

OBSERVATION LXVII. — Ulcère cancéreux a la nuque, dix ans

DE DURÉE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

Le nommé M., quarante ans, commis voyageur, à tempérament lymphatique, mais fort et très courageux. Ce malheureux porte, depuis environ dix ans, un ulcère cancéreux à la partie gauche de la nuque, presque rond, d'environ 5 centimètres de diamètre, à fond grisâtre à bords épais, irréguliers, durs, de 1 à i et demi centimètre d'épaisseur en haut, moins épais en bas. La suppuration est sanieuse et a l'odeur spécifique.

Ce malade a reçu à Paris les soins de six ou sept médecins des hôpitaux ou professeurs à ia Faculté ; il y a séjourné deux ou trois ans, et à différentes reprises, à l'Hôtel-Dieu, à la Charité, à la Pitié, à Saint- Louis et à la Riboisière. De tous les traitements qu'il a subis, il n'a retiré aucun avantage, l'ulcère ne cessa de faire des progrès.

Lorsqu'il se présenta chez moi au commencement de novembre 1872, j'hésitai avant de l'entreprendre, le succès me paraissant trop problématique, après les longues et savantes médications qu'il avait subies. Mais il était si malheureux, me voyant hésiter, il m'adressa des supplications si touchantes, que je me décidai à l'opérer. Je dois mentionner qu'il n'y avait pas d'engorgement ganglionnaire.

Je commençai par attaquer les bords indurés en appliquant le caustique de Vienne sur une largeur de 7 millimètres à 1 centimètre, selon la largeur de l'induration, puis j'appliquai la pâte caustique. Après la seconde application, les bords étaient à peu près au niveau du fond ; alors j'appliquai la pâte caustique sur toute la surface de l'ulcère, afin de détruire également le fond, formé d'un tissu squirrheux d'environ 2 millimètres d'épaisseur, et de ramener le tout à l'état de plaie simple.

Après la chute de l'eschare survenue le sixième jour, j'avais obtenu une plaie simple dans les 0/4 inférieurs de la surface ulcérée; mais une partie du bord supérieur, bien que détruit sur une largeur de 1 centimètre, était restée gonflée et indurée. Je fus donc obligé de réappliquer les caustiques à deux reprises. Après la chute de l'eschare, il restait encore un peu d'induration, mais sur une étendue de 2 centimètres seulement, et de 4 millimètres d'épaisseur. Je fis encore deux applications. Pendant ce temps la partie inférieure de la plaie se cicatrisait.

Après la chute de cette dernière eschare, l'ulcération se trouva réduite à l'état de plaie simple et la cicatrisation marcha rapidement.

A la fin de décembre 1872, la plaie était complètement cicatrisée, la liberté des mouvements était conservée et il n'existait plus la moindre induration.

Cet homme prit congé de moi, je ne le revis plus; je suppose qu'il est retourné à Paris.

Je ne sais si la guérison s'est maintenue, et il m'est impossible de m'en

assurer, mais ce qui est positif, c'est que j'ai obtenu par l'emploi rationnel des caustiques ce qu'une autre médication n'a pu produire : la cicatrisation et partant la guérison d'un ulcère cancéreux, ayant dix années d'existence et ayant résisté aux médications les plus énergiques et les plus savamment combinées.

OBSERVATION LXVIII. — Cancer volumineux de la mamelle gauche, aux

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