LIMITES DE LA PREMIERE PÉRIODE, APPLICATION DES CAUSTIQUES, GUÉRISON
Mma P., soixante-six ans, de Maubeuge, maigre, délicate, d'un tempérament nerveux, a reçu un coup sur la mamelle gauche, il y a environ deux ans; une tuméfaction en fut la conséquence; elle ne se dissipa pas complètement. Un an après, la malade constata que la tumeur était devenue très, dure et qu'elle augmentait de volume progressivement.
A son arrivée à Bruxelles, le 2 janvier 1873, la tumeur avait le volume du poing, mais un peu aplatie, comme comprimée ; elle est mobile, bosselée, rouge-bleuâtre au sommet; le mamelon est rentré et ulcéré. Le sommet de la tumeur est également sur le point de s'ulcérer ; il y a des douleurs lancinantes, mais il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire.
Le 4 janvier 1878, j'applique les caustiques, huit applications suffirent.
Chute de l'eschare le 28, réunion, adhérence immédiate.
Le ier février la cicatrisation est terminée.
Cette dame retourne chez elle, elle paraît très bien guérie.
Je ne l'ai pas revue, mais deux ans après une dame de la même ville m'a dit qu'elle jouissait d'une très bonne santé.
Dans les cas de l'espèce, il est difficile de constater, par l'examen de la tumeur, si le mal est encore localisé ou s'il s'est propagé aux parties voisines ; toutefois les probabilités sont en faveur de la première supposition, et l'opération vient corroborer ce jugement, car dans le cours de l'opération par les caustiques, on peut très bien constater les prolongements qui pourraient exister et les détruire en même temps que la tumeur. C'est même un des grands avantages de ce mode opératoire.
OBSERVATION LXIX. — Cancer de la joue droite, quinze mois