‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 56 sur 158 · PÉRIODE, EMPLOI DE LA PATE CAUSTIQUE, GUERISON · texte numérisé non relu

PÉRIODE, EMPLOI DE LA PATE CAUSTIQUE, GUERISON

M. R., vingt-cinq ans, cultivateur à Anderlues, jeune homme très robuste, d'un tempérament sanguin, a vu se développer à la nuque, depuis un an environ, une tumeur très dure, à marche lente, puisque sur ce long espace de temps elle n'est arrivée qu'au volume d'une aveline; il y a trois mois les douleurs lancinantes ont commencé et il y a deux mois que l'ulcération s'est produite. Cet homme est venu me trouver le 20 janvier 1874.

La tumeur, si;uée à la racine des cheveux, sur le côté gauche de la ligne médiane, était très dure, irrégulière, bosselée, légèrement adhérente aux tissus sous-jacents, à l'aponévrose probablement, elle est le siège de douleurs lancinantes assez fréquentes et largement ulcérée à son sommet, cette ulcération a tous les caractères de l'ulcère cancéreux.

Le 20 janvier 1874, application de la pâte caustique vers 3 heures après midi, le malade l'a laissée en place jusqu'au lendemain à 9 heures du matin, donc dix-huit heures; aussi les trois quarts de la tumeur étaient-ils cautérisés. J'enlevai presque toute l'eschare, ne laissant qu'une couche de 1 millimètre et je réappliquai le caustique. De nouveau le malade le laissa jusqu'au lendemain. J'enlevai presque toute la partie cautérisée pour m'assurer s'il ne restait rien de la tumeur. Cette vérification faite, je prescrivis des cataplasmes à renouveler trois fois par jour.

Le jeune homme retourna chez lui; il revint sept jours après, l'eschare était tombée pendant la nuit. La plaie était très belle, très pure, j'en réunis exactement les lèvres au moyen de bandelettes collodionnées. L'opéré retourna chez lui. Il revint le 1 2 février, la plaie était entièrement cicatrisée. Il n'y avait qu'une simple ligne cicatricielle très peu apparente.

La guérison ne s'est pas démentie depuis.

Grâce à la constitution robuste du sujet, ce squirrhe est resté parfaitement localisé, malgré le temps relativement long qui s'est écoulé depuis son début jusqu'au moment de l'opération. Il est bon de noter que les tumeurs de cette

OBSERVATIONS

espèce, qui ne sont pas situées sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, restent plus longtemps localisées que les autres; et puis plusieurs circonstances ont ici contribué à ce résultat : la nature de la tumeur, la force du sujet, etc.

Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, je ne pense pas que l'on puisse rationnellement admettre l'existence d'une diathèse cancéreuse.

OBSERVATION LXXVI. — Petite tumeur cancéreuse a côté du frein

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