DEUX RÉCIDIVES, GUÉRISON
Mme V. B., cinquante-sept ans, constitution chétive, est menacée de phthisie, elle tousse et depuis quelques années elle a de temps en temps des hémoptysies abondantes. Au commencement de l'année 1 867 elle a constaté l'existence d'une tumeur très d^ire à la mamelle gauche; quelques mois après elle a remarqué la même chose à la droite. Ces tumeurs se développèrent assez rapidement, malgré l'emploi de remèdes énergiques. Bientôt des douleurs lancinantes se manifestèrent du côté gauche. La malade, justement alarmée, vint me trouver. Je constatai que les deux glandes mammaires étaient
ÉTIOI.OGIE DU CANCER.
squirrheuses. La gauche était plus volumineuse et plus avancée que la droite. J'examinai la poitrine, et il me parut que la tuberculose était très limitée et, selon le dire de la malade, elle n'avait fait aucun progrès depuis dix ans.
Je conseillai l'opération par les caustiques. Le mari était d'un avis contraire, il me présenta une déclaration de son médecin de Charleroi, lequel était aussi opposé à toute opération, attendu que la dame était tuberculeuse, disait-il. Mais la dame avait sa volonté ; elle me fit des questions sur ce qui arriverait si l'on n'opérait pas. Après quoi elle voulut, malgré tout, être opérée.
En conséquence le 18 novembre 1867, je fis la première application de caustique. A l'aide de calmants elle la supporta très bien. Huit applications suffirent pour détruire entièrement cette tumeur. Dans le cours de l'opération, j'en constatai la nature squirrheuse. Elle avait envahi la totalité de la glande mammaire, mais celle-ci paraissait bien circonscrite et limitée.
Chute de l'eschare le 5 décembre, réunion des lèvres de la plaie au moyen de bandelettes collodionnées, cicatrisation complète le 20 janvier 1868.
La santé de la malade n'a nullement souffert de l'opération; au contraire, elle paraît plus forte et plus alerte. Elle n'a pas eu d'hémoptysie depuis le commencement de l'opération et elle prétend qu'elle est mieux qu'avant de commencer. Je le pense aussi, car il m'a paru que la forte révulsion produite par le caustique dégageait la poitrine.
Pendant cette première opération la tumeur du sein droit avait fait des progrès. La malade se décida donc à subir une seconde opération.
OBSERVATION VII. — Cancer du sein, emploi des caustiques,
GUÉRISON
La même. Le 6 février 1868 application des caustiques au sein droit; il fallut huit applications comme pour le côté gauche ; à l'aide de calmants, la malade les supporta sans beaucoup -de douleurs. Chute de l'eschare le a3, réunion, cicatrisation complète le ib mars.
Comme je viens de le dire, cette dame a très bien supporté ces deux opérations; les souffrances ont été apaisées au moyen des préparations de morphine. Pendant ce temps la malade n'a eu ni fièvre, ni sueurs, ni hémoptysie. L'état de la poitrine s'est amélioré, les fonctions digestives sont restées en bon état et elle a fait tous les jours ses repas habituels ; elle n'a pas perdu de sang, aussi ses forces sont les mêmes qu'avant l'opération.
Inutile de dire qu'un régime tonique, reconstituant, lui fut prescrit.
Aurait-on pu faire cela avec le bistouri? Non, évidemment non, la perte de sang aurait épuisé la malade. Du reste aucun chirurgien n'aurait osé l'entreprendre.
On peut donc, à l'aide des caustiques, pratiquer des opérations qu'on n'oserait pas entreprendre au moyen du bistouri.
On se demandera s'il était opportun d'opérer une personne atteinte d'une
affection de poitrine. Je répondrai qu'on ne pouvait pas considérer cette personne comme étant phthisique ; elle avait des tubercules, sans doute, mais ces tubercules n'étaient pas ramollis et il y avait dix ans qu'elle était dans cet état.
Si la chirurgie n'était pas intervenue, de la manière dont progressaient les tumeurs, il est probable que cette dame serait morte dans le courant de 1868, tandis qu'elle a encore vécu douze ans. N'est-ce rien, pour une personne de cinquante-sept ans, de vivre encore douze ans?
J'ai revu cette dame en 186g et en 1870. La cicatrisation se maintenait en très bon état. La santé générale s'était améliorée.
Le 17 juillet 1871, cette dame m'est revenue avec une petite tumeur aplatie, comme un grand haricot, située à un centimètre au-dessus de la cicatrice gauche. Trois applications très circonscrites de caustique en ont fait justice.
J'ai revu cette dame en 1876, elle m'a dit qu'elle ne toussait plus, qu'elle n'avait plus d'hémoptysies, enfin qu'elle se portait très bien.
Je l'ai revue encore en 1879, e^e était bien portante, elle venait m'annoncer qu'elle allait habiter Namur pour se rapprocher de ses parents.
A la fin de 1879, )e reÇus une lettre de faire part de son décès. Je me suis informé de ce qui s'était passé. On m'a dit qu'elle avait conçu un très grand chagrin d'avoir transporté ses pénates à Namur, que l'alfection de poitrine s'était aggravée, que le dépérissement avait fait de rapides progrès et qu'elle s'était éteinte dans le marasme.
La cicatrice était restée intacte.
Cette intéressante observation nécessite quelques commentaires. La dame dont il s'agit présentait, en apparence, des dispositions prononcées au cancer. Les deux seins sont devenus malades presque en même temps et la maladie marchait rapidement. De plus, elle était tuberculeuse. Le médecin traitant et le mari se prononçaient contre l'opération. Il y avait donc de nombreux motifs d'abstension. Mais la marche rapide de l'affection, une constitution affaiblie, l'anémie, toutes ces circonstances allaient précipiter le dénoûment. Il fallait donc agir sans retard, tant que l'affection paraissait encore localisée ; attendre deux ou trois mois, c'eût été la mort. La maladie allait passer à la seconde période, l'opération eût été plus difficile, plus laborieuse, et le succès beaucoup moins certain. Il fallait donc agir rapidement ou abandonner la malade à son triste sort. J'avoue que j'hésitai quelques instants; mais la malade avait une volonté si ferme de se faire opérer, que je m'y décidai.
Les médecins français, partisans de la diathèse, ne manqueraient pas d'affirmer que la diathèse existait, comme le prouve la récidive, que l'affection était incurable, l'état désespéré, et ils n'auraient pas opéré. Eh bien, ces médecins se seraient étrangement trompés. De semblables cas doivent se présenter souvent et les malades sont victimes de cette déplorable théorie de la diathèse.
Ici l'événement a prouvé que la diathèse n'existait pas.
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
OBSERVATION VIII. — Cancer des deux seins, emploi des caustiques,
GUÉRISON
Sœur R. de l'ordre des Sœurs Grises de Diest est âgée de cinquante-cinq ans, elle est de bonne constitution, forte et robuste.
A la fin de 1866, cette religieuse remarqua qu'elle avait, au sein gauche, une petite tumeur comme une noix. Elle consulta le médecin de l'établissement qui lui prescrivit un traitement très énergique : iodure de potassium à l'intérieur, teinture d'iode à l'extérieur, puis pommade iodée. La tumeur se développa régulièrement, absolument comme si elle n'avait rien fait. Pendant dix-huit mois, le médecin alla régulièrement toutes les semaines constater l'augmentation progressive de la tumeur, et les mêmes remèdes étaient continués. Le médecin n'a proposé ni opération, ni caustique. Où voulait-il en venir, où cela devait-il aboutir? Une telle inaction devait nécessairement amener une catastrophe, car, comme on le verra tout à l'heure, la tumeur se serait ouverte et ulcérée sans tarder. Qu'on m'explique, si l'on peut, une telle incurie qui est plus fréquente qu'on ne le pense.
Toujours est-il qu'à l'insu du médecin , cette sœur me fut amenée le 22 avril 1868. Je constatai chez elle une tumeur squirrheuse très volumineuse affectant le sein gauche et présentant 8 centimètres d'épaisseur d'avant en arrière, et 12 centimètres de diamètre vertical et transversal. La tumeur est irrégulièrement développée, très dure, bosselée, les douleurs lancinantes sont fréquentes et assez intenses pour troubler le repos de la malade. Elle ressent aussi des douleurs violentes au dos sous l'angle de l'omoplate. La tumeur est encore mobile. Il existe trois ulcérations à la partie la plus déclive, correspondant à des conduits fistuleux qui partent du milieu de la tumeur, il en sort une sanie fétide. En outre, il y a un ganglion engorgé à l'entrée de l'aisselle.
La maladie cancéreuse est donc arrivée à la seconde période.
Le 22 avril 1868, application des caustiques et continuation les jours suivants. La malade les supporte très facilement au moyen d'un léger calmant.
Le 26, j'arrive à une cavité considérable remplie d'un tissu encéphaloïde très vasculaire, saignant au moindre contact. J'arrête l'hémorrhagie au moyen de boulettes de charpie. Continuation de la pâte caustique.
Il n'y a ni fièvre ni réaction, l'appétit et le sommeil se conservent.
Le 27 la malade me dit que le cataplasme lui fait plus de mal que le caustique et me demande de laisser le caustique pendant la nuit en supprimant le cataplasme.
Les jours suivants je laissai le caustique en permanence.
II est à remarquer que cette malade supporte extrêmement bien la pâte caustique, puisqu'elle ne trouble pas son sommeil.
Douze applications de caustiques furent nécessaires à cause du ramollissement du centre de la tumeur ou encéphaloïde central, sur lequel la pâte caustique n'a pas autant de prise que sur les tissus fibreux.
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Le 14 mai, chute de l'eschare. Réunion partielle, car la lèvre inférieure de la plaie présente peu de mobilité.
La cicatrisation se fit lentement, bien que la malade jouît d'une parfaite santé et ce ne fut qu'à la fin de juillet qu'elle yut retourner, parfaitement guérie, à son couvent à Diest.
OBSERVATION IX. — Cancer du sein, emploi des caustiques, guérison.
La même religieuse se présenta de nouveau le 7 septembre 186g; une tumeur squirrheuse s'était développée à l'autre sein, mais beaucoup moins volumineuse et moins avancée que la précédente; celle-ci était parfaitement circonscrite et manifestement à la première période il n'y avait pas de tissu encéphaloïde, ni de ganglion axillaire malade. J'appliquai immédiatement les caustiques, huit applications suffirent, il ne se présenta aucun incident à signaler. La chute de l'escarre mit à découvert une plaie parfaitement nette ; je pus réunir exactement les lèvres de la plaie et la cicatrisation fut assez rapide, l'opérée retourna à son couvent le 4 octobre.
J'ai eu de ses nouvelles en 1872, en 1875 et à la fin de 1879. Depuis les opérations elle n'a cessé de jouir d'une partaite santé et elle va à domicile soigner les malades avec le plus grand zèle.
La première tumeur constituait un encéphaloïde bien caractérisé, à la période d'extension, comme le prouve l'engorgement du ganglion axillaire, manifestement carcinomateux; il fut détruit en même temps que la tumeur principale, il ne s'en présenta pas d'autre.
La tumeur du sein droit présentait tous les caractères du squirrhe : développement régulièrement continu, sur lequel les remèdes employés n'avaient aucune action, dureté caractéristique, bosselures, douleurs lancinantes, etc. Mais la tumeur était encore à la première période et ne présentait pas de ramollissement.
Le développement presque simultané de ces deux tumeurs semblerait faire croire à l'existence d'une diathèse cancéreuse; il n'en était rien cependant, ces affections étaient strictement localisées et circonscrites, elles n'avaient porté aucune atteinte à la bonne constitution de la malade, la santé générale ne laissait et ne laisse encore rien à désirer aujourd'hui, aucune fonction n'était entravée, il n'y avait pas de trace d'anémie. Voilà douze ans que cette personne a subi les opérations, les deux seins ont été enlevés, il n'y a pas d'apparence de récidive; pour quelle raison voudrait-on faire intervenir la diathèse dans des cas de l'espèce ? On nous dit qu'on ne peut expliquer les manifestations diverses de l'affection cancéreuse sans l'intervention d'une force inconnue par la vertu de laquelle se multiplient les tumeurs de la même espèce; mais tous les chirurgiens n'admettent-ils pas que le cancer, développé dans un point quelconque du corps, se propage aux tissus voisins et particulièrement aux vaisseaux et aux ganglions lymphatiques, au tissu fibreux, à la peau, etc., et
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ainsi de proche en proche ou par le torrent de la circulation à tout le corps. Il suffit d'avoir observé avec quelle rapidité certains cancers de la peau se propagent, s'étendent de proche en proche sous forme de boutons ou de tubercules, pour se faire une idée de la tendance envahissante de cette maladie et personne ne prétendra qu'il soit nécessaire, pour se rendre compte de ce phénomène, d'avoir recours à une abstraction, à une force inconnue et mystérieuse.
Mais on dit encore que le cancer repullule constamment après les opérations. En effet, il repullule souvent après les opérations sanglantes, je le reconnais, mais en est-il de même après l'emploi des caustiques? Non, non, je le conteste, l'opération pratiquée par les caustiques dans la première période de la maladie, c'est-à-dire, quand elle est encore parfaitement localisée, réussit presque toujours ; mais si l'on n'a recours à l'intervention chirurgicale, comme cela n'arrive que trop souvent, que lorsque la maladie est arrivée à la seconde période très avancée, et que les tissus voisins et les ganglions lymphatiques profonds ont reçu le germe, le principe, le virus ou le poison cancéreux, comme on voudra l'appeler, oui, dans ces cas il y aura des récidives, quel que soit le moyen qu'on emploie, et encore, dans les cas de l'espèce, les caustiques réussiront quelquefois, le bistouri jamais. C'est ce que je démontrerai par des faits incontestables.
OBSERVATION X. — Cancer du sein, emploi des caustiques,
GUÉRISON
Mma D., âgée de cinquante-cinq ans, rentière, de Namur, sœur de la dame de l'observation VI, est de constitution robuste et n'a eu qu'un enfant; elle a découvert, à la fin de 1867, une petite tumeur très dure au sein gauche. Elle me consulta, je lui prescrivis les préparations d'iode intus et extra, sans résultat aucun; la maladie suivit sa marche ascendante ordinaire : la tumeur, la dureté, les bosselures, la rentrée du mamelon, les douleurs lancinantes, etc., s'accentuèrent progressivement. J'en suivais attentivement l'évolution. Enfin vers la mi-avril, je pensai que la temporisation ne pouvait se prolonger davantage. La tumeur avait acquis le volume d'un œuf de poule, je proposai l'opération par les caustiques ; cette proposition fut acceptée.
En conséquence, le 29 avril 1868, je fis la première application.
La tumeur squirrheuse avait 3 centimètres d'avant en arrière et 6 centimètres de diamètre.
Il a fallu dix applications de 6 heures de durée pour détruire entièrement le néoplasme.
Aucun incident particulier ne s'est présenté.
Le 17 mai chute de l'eschare, la plaie est très nette, réunion des lèvres de la plaie. Le 3o elle est cicatrisée, c'est ce qu'on appelait autrefois une réunion par première intention.
Dans ce cas, l'affection était manifestement dans la période de localisation, aussi la guérison fut-elle radicale.
Cette dame est morte, en 1877, des suites d'une gastro-entérite qui n'avait rien de cancéreux. Je l'ai traitée avec M. le Dr Félix.
Cette dame est décédée neuf ans après l'opération; il n'y a pas eu de récidive; cependant elle a été malade à diverses reprises et toujours à la suite de refroidissements; sa dernière maladie reconnaît encore la même origine.
Je l'ai opérée dans la première période de la maladie, le succès a été complet, c'est à peu près la règle quand on opère dans de bonnes conditions; il est extrêmement regrettable que cette grande vérité ne soit pas généralement comprise, on ne verrait pas tant de victimes de cette horrible maladie.
Dans le cas actuel, il ne peut être question ni de diathèse, ni de prédisposition quelconque; bien que deux sœurs aient eu le même mal, dans la famille on n'avait pas connu de cancéreux. Je dis donc que la diathèse n'est pas admissible ici, et il en est de même pour tous les cas opérés dans la première période. On a admis l'existence de la diathèse parce que le bistouri ne réussit pas, et si le caustique réussit, comme il doit nécessairement réussir, la théorie de la diathèse sera précipitée dans le gouffre de l'absurde et du ridicule en compagnie de l'atrabile, de la lymphe corrompue et des humeurs peccantes.
OBSERVATION XI. — Cancer du sein, emploi des caustiques, guérison.
Mlle Ida V., âgée de cinquante-trois ans, de Etteren près de Maestricht, tempérament lymphatique, maigre, chétive, mais très courageuse. A la fin de décembre 1867, elle s'aperçut qu'elle avait une petite tumeur au sein droit, elle était très dure, cette circonstance l'inquiétait beaucoup, car il lui semblait que cette dureté n'annonçait rien de bon. Le développement de la tumeur fut rapide, malgré les pommades et les résolutifs. Un onguent irritant provoqua, vers la mi-mars, une petite ulcération qui prit bientôt les formes du cancer, elle s'étendit rapidement et détruisit une partie de la glande mammaire en formant une sorte d'entonnoir à bords épais, indurés et contournés en dehors. Végétations, sanie abondante, douleurs lancinantes, etc.
Cette personne vint me trouver, et je l'engageai instamment à se soumettre immédiatement à l'opération.
En conséquence, le 17 juin 1868 j'appliquai les caustiques. Le caustique de Vienne seulement sur les parties non ulcérées de la tumeur, puis la pâte caustique sur toute la surface présentant alors 8 centimètres de diamètre; l'épaisseur de la tumeur était de 6 centimètres environ.
Cette opération se fit en présence de MM. les docteurs Louis Martin, Nollet et Lequime fils qui m'avaient témoigné le désir de voir pratiquer une opération de ce genre.
Malgré l'ulcération profonde, la sanie qui s'en écoulait et l'odeur spécifique, il n'y avait ni engorgement ganglionnaire, ni aucun signe dénotant le passage
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de la maladie à la seconde période; tout, au contraire, indiquait qu'il était encore dans la période de localisation.
Cinq applications de six heures de durée chacune suffirent pour détruire complètement cet encéphaloïde menaçant. L'absence de graisse chez la malade explique la rapidité d'action des caustiques en cette circonstance.
Le 29 juin, chute de l'eschare qui laisse à découvert une surface bourgeonnante très nette ; en conséquence, je procède à la réunion des lèvres de la plaie. La cicatrisation fut rapide et après un mois de traitement la malade retourna chez elle parfaitement guérie.
J'ai revu cette opérée en 1872, la guérison ne laissait rien à désirer. J'ai appris depuis qu'elle était morte à la suite d'une autre maladie, en 1876.
Voilà un encéphaloïde qui annonçait une prolifération rapide, et cependant il était parfaitement localisé, comme le prouve le merveilleux succès des caustiques dans cette circonstance critique, car il paraissait incurable. Ce succès est dû, selon moi, à ce que l'affection était récente, elle avait tout au plus six mois d'existence.
Ce fait prouve une fois de plus combien il importe d'opérer le plus tôt possible. Si la malade avait attendu un mois de plus, il est très probable que sa vie eût été compromise.
Quant à la diathèse, il m'est impossible de l'admettre dans cette circonstance; il n'y a aucune espèce de raison pour l'adopter, tandis qu'il y en a beaucoup pour la rejeter. Malgré l'ulcération rapide d'une grande partie de la tumeur, rien, absolument rien ne pouvait dénoter un état diathésique.
OBSERVATION XII. — Cancer du sein droit, emploi des caustiques,
GUÉRISON
Mme P., soixante-sept ans, fermière à Lobbes, de constitution robuste, a beaucoup travaillé et a mis au monde, sans accident, six enfants qu'elle a nourris.
II y a un an à peine qu'elle a perdu une sœur des suites de l'opération d'un cancer du sein pratiquée au moyen de l'instrument tranchant. Aucune affection cancéreuse, à sa connaissance, ne s'était produite chez ses ancêtres.
Il y a neuf mois, elle s'est heurtée violemment, dans l'obscurité, contre un brancard de charrette placé horizontalement dans la cour de sa ferme où on ne plaçait pas habituellement les charrettes. Le coup a porté directement sur le sein droit ; il y eut une forte contusion, ecchymose, inflammation modérée qui a duré assez longtemps et qui s'est terminée par induration. Le sein est resté douloureux à la pression. Cet état est resté stationnaire quelques mois, le noyau induré était réduit au volume d'une noix un peu aplatie. Le cinquième mois la sensibilité augmenta et la petite induration prit du développement.
Le huitième mois, outre les douleurs habituelles, elle ressentit des douleurs lancinantes qui, jointes à l'inquiétude, troublèrent son repos et ses digestions et elle se décida à venir'me consulter le 1 1 août 1868.
Je constatai chez cette dame un squirrhe assez volumineux, de 6 centimètres d'avant en arrière sur 10 de diamètre transversal; la tumeur était très dure, irrégulière, bosselée, non adhérente. Les douleurs lancinantes étaient fréquentes.
Interrogée à cet effet, la dame répondit qu'elle était bien certaine qu'elle n'avait ni tumeur ni induration quelconque avant de recevoir le choc dont il s'agit.
Je lui conseillai de se laisser opérer immédiatement.
En conséquence le 12 août 1868, j'appliquai le caustique de Vienne, puis la pâte caustique. Onze applications furent nécessaires; la malade avait une couche de graisse très épaisse. Rien de particulier ne s'est présenté. Le tissu squirrheux était très dur et criait sous le scalpel. A l'aide d'un léger calmant la malade supporta très facilement les caustiques. L'appétit et le sommeil, un peu troublés les premiers jours, se rétablirent ensuite complètement.
Le ier septembre l'élimination de l'eschare laissa voir une plaie magnifique et très pure. Je rapprochai exactement les lèvres de la plaie et j'obtins une réunion par première intention.
Le 1 5 septembre , la cicatrisation étant achevée , l'opérée retourna à sa ferme.
Je reçus de ses nouvelles à la fin de 1869, la guérison persistait, elle s'est maintenue jusqu'à sa mort, arrivée en 1875, à la suite d'une pleuro-pneumonie aiguë. (C'est un voisin, que j'ai opéré en 1877, V1* ma donné ces renseignements.)
Ici la cause est bien manifestement externe et il serait difficile de soutenir le contraire. Il serait aussi irrationnel d'y faire intervenir la diathèse, rien ne justifierait cette manière de voir que les antécédents repoussent et que les conséquences condamnent.
Quant à la guérison, elle fut radicale parce que le squirrhe était encore à la première période quand la chirurgie est intervenue, c'est-à-dire que le carcinome était parfaitement localisé, circonscrit, ce qui rend facile sa destruction complète qui a pour résultat une guérison définitive.
OBSERVATION XIII. — Squirrhe du sein droit, commencement
DE LA DEUXIÈME PÉRIODE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUERISON
Mme Des., de Bruxelles, quarante ans, de bonne constitution, blonde, maigre, n'a pas eu d'enfants. Il n'y a pas eu, à sa connaissance, d'affection cancéreuse dans sa famille.
En décembre 1867, cette dame s'aperçut qu'elle avait une petite tumeur au sein droit; elle n'en connaît pas la cause, elle ne se rappelle pas d'avoir reçu un coup en cet endroit. Cette tumeur se développa peu à peu malgré les remèdes employés. En juin 1868, toute la glande mammaire était envahie et la malade commençait à ressentir des douleurs lancinantes qui allèrent en augmentant. Au commencement de septembre, la malade constata l'existence
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d'un ganglion engorgé à l'entrée de l'aisselle. Justement alarmée, elle vint me trouver vers la mi-octobre. Je constatai que toute la glande mammaire était squirrheuse, le ganglion de l'aisselle, gros comme une noisette, était très dur; il n'y avait pas de temps à perdre.
La tumeur était dure, d'apparence fibreuse, excepté le milieu qui présentait un noyau de la capacité d'une noix, d'un tissu mou et fortement injecté.
En conséquence j'appliquai les caustiques le 19 octobre 1868, sur la mamelle et sur le ganglion à la fois. Sept applications suffirent, parce que cette dame avait très peu de graisse.
Pendant les cautérisations, cette dame eut deux accès de véritable fièvre intermittente, commençant à 9 heures du matin, avec accompagnement de violentes douleurs, se faisant sentir sous l'omoplate correspondant au sein malade. Le sulfate de quinine joint au sulfate de morphine les firent disparaître. Elle était sujette à cette espèce de fièvre, mais les douleurs étaient moindres avant l'opération.
Le 2 novembre élimination de l'eschare. La plaie est très nette, j'en réunis exactement les lèvres, le 2 5 la cicatrisation est achevée.
J'ai revu cette dame à différentes reprises, la dernière fois en février 1881, la guérison ne laisse rien à désirer.
Ici le mal était arrivé au commencement de la seconde période. Quelques mois encore, la maladie devenait incurable; nous en fournirons de nombreux exemples. Néanmoins il n'y avait aucun signe qui dénotât un état diathésique, ni même une prédisposition quelconque. Il est vrai que la cause est enveloppée de ténèbres, mais il se pourrait que la malade eût reçu un coup sans y prendre garde, cela arrive tous les jours.
Voilà plus de douze ans que l'opération a été pratiquée, et il n'y a pas d'apparence de récidive. Preuve qu'il n'existait ni diathèse ni prédisposition. L'affection locale n'avait porté aucune atteinte à la santé et depuis l'opération la cicatrice est restée intacte.
OBSERVATION XIV. — Squirrhe de la mamelle gauche, première période,
EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUERISON
Mme de B., de Gand, trente-six ans, de constitution robuste, mère de six enfants, découvrit au commencement de 1868, une petite tumeur au sein gauche, un peu au-dessus du mamelon. Au mois de juin la tumeur avait la grosseur d'un œuf de poule; malgré les remèdes employés, l'affection a suivi sa marche naturelle, et la malade disait : j'ai pris ces remèdes en pure perte, ils n'ont fait que me déranger la santé. Voyant cet insuccès, elle se rendit chez un médecin qui applique des emplâtres, lequel lui appliqua, en effet, un emplâtre de la grandeur d'une pièce de deux francs. Ce premier emplâtre la fit beaucoup souffrir. Comme cette dame habite la province, elle revenait régulièrement deux fois par semaine se faire appliquer un nouvel emplâtre et chaque fois elle endurait, pendant vingt-quatre ou trente-six heures, de
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cruelles souffrances. Ces applications se prolongèrent jusqu'au mois de mars 1869, c'est-à-dire, jusqu'au moment où cette dame vint me raconter son histoire et son long martyre de dix mois.
Le médecin en question avait bien appliqué son emplâtre sur la tumeur, il l'avait entamée, et en avait même détruit une partie, mais cette tumeur n'était point restée stationnaire, toute la glande était devenue malade, de sorte que pendant les derniers mois, l'emplâtre caustique n'agissait qu'au centre d'une large tumeur squirrheuse, tendant à la perforer vers le centre.
La première fois que je vis la malade je constatai l'existence d'une tumeur squirrheuse bien caractérisée, présentant 1 1 centimètres de diamètre et 5 centimètres d'épaisseur d'avant en arrière. La plaie produite par les emplâtres caustiques pouvait avoir 4 centimètres de diamètre et formait au milieu du néoplasme un enfoncement de 2 centimètres.
A quel résultat notre homme aurait-il bien prétendu arriver en cherchant, au moyen d'emplâtres caustiques, à perforer le centre d'une tumeur squirrheuse ? .
Le 18 mars 186g, emploi des caustiques, six applications de 6 heures de durée, en six jours, ont suffi pour détruire complètement le néoplasme.
Le ier avril, élimination de l'eschare, la plaie est très belle et très pure. Réunion au moyen de bandelettes collodionnées.
Il n'y eut pas réunion immédiate, les bandelettes s'étant détachées, les bords de la plaie se sont écartés, bref la cicatrisation se fit lentement, et ce ne fut que vers le i5 mai qu'elle fut achevée. Cependant la santé était parfaite et la malade faisait de longues promenades.
Depuis j'ai revu cette dame bien souvent et la dernière fois, il y a à peine deux mois, l'opérée s'est toujours bien portée depuis l'opération, elle ne ressent plus aucune douleur et il n'y a aucune apparence de récidive.
Ici la maladie a marché lentement, elle est restée localisée, j'ai pu la détruire complètement, la guérison est définitive.
Quant à la diathèse, il n'y a pas moyen de la faire intervenir ici, ce serait un non-sens, une aberration.
La malade a supporté très facilement les caustiques, elle disait que les emplâtres lui causaient beaucoup plus de souffrances, et elle les a supportées dix mois, tandis que la pâte caustique n'a été appliquée que six jours; la guérison est radicale.
OBSERVATION XV. — Squirrhe du sein gauche, première période,
• EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON
Mme veuve V., de Bruxelles, âgée de soixante-sept ans, d'un embonpoint considérable, est depuis longtemps affligée de rhumatismes articulaires assez douloureux qui l'obligent à garder le ht une grande partie de l'année, circonstance qui, jointe à une activité étonnante des fonctions digestives, favorise encore la prédominance déjà excessive du tissu graisseux.
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
Précisément à cause de cet excès de graisse, quand elle est atteinte de violentes douleurs rhumatismales, il faut plusieurs personnes pour l'ôter du lit et la placer dans un fauteuil. C'est en procédant à l'une de ces opérations qu'un aide froissa fortement le sein gauche à la partie externe. Cette violence produisit une douleur très vive, puis il y eut du gonflement, de la rougeur, de l'inflammation enfin. Des topiques émollients dissipèrent ces symptômes, mais six mois après la malade découvrit en cet endroit une tumeur de la grosseur d'une noix. M. le Dr Bourgeois, son médecin, fut appelé; il constata tout de suite que ce néoplasme présentait tous les caractères du squirrhe et, sans espérer de réussir, il employa les résolutifs les plus puissants, mais malgré le traitement énergique qu'il institua, la tumeur augmenta de volume peu à peu, mais d'une manière progressive et régulière.
Au mois d'août 1868, M. Bourgeois observa que le volume de la tumeur augmentait rapidement, en même temps que les douleurs lancinantes.
C'est alors que mon intervention fut réclamée. Je constatai l'existence d'une tumeur manifestement squirrheuse, grosse comme un œuf de dinde, très dure, bosselée, insensible à la pression, etc. D'accord avec M. le Dr Bourgeois, je conseillai l'opération au moyen des caustiques. En conséquence le 27 août 1868, je fis la première application et nous continuâmes les jours suivants. La malade supporta très bien les caustiques ; pendant l'application elle calmait ses souffrances au moyen d'une potion opiacée. Le sommeil et l'appétit étaient à l'état normal.
Dix applications de pâte caustique furent nécessaires. Le 14 septembre l'eschare se détacha et nous constatâmes que la tumeur se prolongeait vers l'aisselle, ce qui nécessita trois nouvelles applications de pâte caustique. Après la chute de cette eschare, la plaie fut trouvée très nette et nous procédâmes à la réunion de ses bords au moyen de bandelettes collodionnées.
La cicatrisation marcha régulièrement, sans incident particulier.
Le 9 novembre la malade était complètement guérie.
A la fin de 1871, cette dame fut frappée d'apoplexie cérébrale et paralysée du côté gauche.
Une nouvelle apoplexie eut lieu le 22 août 1872 et elle succomba quelques heures après.
Il n'y eut pas de récidive du cancer.
Ici la cause était manifestement externe et le mal bien localisé.
Il est impossible d'admettre, dans ce cas, l'existence de la diathèse cancéreuse, rien ne pourrait justifier une telle supposition, qui ne reposerait sur aucune donnée rationnelle.
Je me bornerai, pour le moment, à ces quinze observations d'affections cancéreuses guéries par les caustiques; je pourrais les multiplier beaucoup, mais je craindrais de fatiguer le
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lecteur. Je continuerai plus loin. Pour le moment je pense que ces quinze faits suffisent pour démontrer que la diathèse cancéreuse primitive, originelle, comme l'entendent Lebert, Broca et beaucoup d'autres, espèce d'ontologie médicale non définie, est non-seulement tout à fait inconnue dans son essence, mais aussi dans ses manifestations, ressemblant en cela à l'atrabile, cette humeur fabuleuse que les novateurs du XVIIe siècle n'avaient pu retrouver; cette diathèse, cet être de raison, comme on l'appelle, créé pour les besoins de la cause et subordonné à des explications de fantaisie ; cette conception étrange qu'on ne peut définir, qu'aucun signe ne révèle, s'évanouira comme une ombre devant l'autorité des faits; je prouverai que cette diathèse cancéreuse n'existe pas, qu'elle n'a jamais existé, pas plus que l'atrabile et que la lymphe croupissante. Les anciens disaient que l'atrabile était une humeur épaisse, noire, âcre, qu'ils supposaient sécrétée par les capsules surrénales; les modernes ne savent pas même dire ce que c'est que la diathèse; est-ce un solide, un liquide, un gaz, un éther? On n'en sait absolument rien.
J'ai rapporté quinze faits dans lesquels il ne serait pas possible, avec la meilleure volonté du monde, de trouver la moindre trace de diathèse; j'en rapporterai d'autres encore, j'en rapporterai cent, et davantage, dans lesquels doit être exclue toute idée de diathèse. Tous les phénomènes que présentent les affections cancéreuses peuvent recevoir leur explication rationnelle dans la prolifération de la cellule cancéreuse, dans l'extension ou la propagation de la maladie aux tissus voisins, dans le transport de la matière cancéreuse au moyen des lymphatiques, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer une puissance inconnue. Ce qui prouve la vérité de ce que j'avance, c'est que les opérations pratiquées dans la première période, alors que le mal est parfaitement localisé, ne repullulent pas quand le néoplasme est enlevé complètement; tandis que si l'opération est pratiquée pendant la seconde période ou période de propagation, on est exposé à la récidive, parce que le germe, la matière, le principe, le suc, la cellule du cancer, comme on voudra l'appeler, s'est étendu, propagé, infiltré, communiqué aux tissus voisins, ou qu'il les a infectés, comme disent les Allemands. Cette extension
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
suffit pour expliquer tous les phénomènes de la repullulation. Seulement il y a cette différence dans ces deux manières d'interpréter le phénomène, c'est qu'en admettant la diathèse préexistante dans tous les cas, on déclare d'avance que le cancer, est incurable; tandis qu'en admettant que le mal est primitivement localisé et qu'il se propage ensuite aux tissus voisins par extension, infiltration, absorption, infection, prolifération, etc., c'est reconnaître la curabilité du cancer, au moins dans la première période de la maladie et aussi dans la seconde, quand il est encore possible de détruire le mal en totalité.
Les auteurs modernes trouvent les anciens d'une absurdité phénoménale parce qu'ils attribuaient à l'atrabile la cause du cancer, et cependant ils tombent dans le même travers en rapportant à la diathèse, non-seulement la cause de la même affection, mais encore la cause des récidives et de l'incurabilité. En effet, si la diathèse préexistante existe réellement, comme l'entendent les auteurs de notre siècle, la guérison du cancer est impossible. Eh bien, de deux choses l'une, ou le cancer est incurable et cette incurabilité donne raison aux partisans de la diathèse, ou le cancer est guérissable et le fait même de la curabilité du cancer donne tort aux partisans de la diathèse, et anéantit cette conception hypothétique.
Combien de guérisons persistantes les partisans les plus endurcis de la diathèse préexistante demandent-ils pour être convaincus de leur erreur? Je suppose qu'ils se contenteraient de vingt guérisons bien authentiques ; eh bien, ce n'est pas vingt que je vais leur présenter, mais bien cent cinquante ou mieux cent quarante-quatre, parce qu'il y a six opérés à déduire, que j'ai perdus de vue; cent quarante-quatre guérisons sur deux cent quatre-vingts opérations de cancer, et de cancroïdes de toutes les parties externes du corps; ou bien soixante-quatre guérisons de cancers du sein sur cent soixante -deux opérations. Ces guérisons me permettent d'affirmer, et c'est une preuve irrécusable, que la diathèse préexistante, comme l'entendent Bayle et Cayol, Lebert et Broca, etc., n'existe pas et n'a jamais existé que dans l'imagination de ces auteurs, du reste très méritants et très recommandables.
Si nous considérons, au point de vue de la diathèse, les quinze observations que je viens de relater, nous trouvons :
Dans la première, un cancer de quatre ans, ulcéré depuis deux ans avec engorgement des ganglions axillaires. Ce qui étonne ici c'est la lenteur de la propagation, puisqu'elle était limitée aux premiers ganglions axillaires. Si la diathèse avait existé, sans nul doute, nous aurions eu une récidive immédiate.
Dans la seconde observation, la dame avait été opérée deux fois par le bistouri ; il y avait eu récidive presque immédiatement après chaque opération, et le célèbre Nélaton a refusé de l'opérer une troisième fois. Dans la pensée des chirurgiens de Paris qui l'ont opérée et dans celle de Nélaton, il est certain qu'il y avait, chez cette malade, une diathèse cancéreuse très prononcée. Rien de pareil n'existait cependant, puisque, opérée par les caustiques, elle est guérie depuis quatorze ans sans apparence de récidive.
La troisième opération concerne une dame de quatre-vingtsix ans, opérée au moyen des caustiques ; il y a eu récidive trois mois après ; c'est la diathèse, auraient dit les partisans de cette doctrine; il n'en était rien, j'appliquai de nouveau les caustiques sur la petite tumeur récidivée et la guérison fut définitive. Cette opérée a vécu neuf ans encore et elle est morte de vieillesse.
Dans la quatrième observation, il y a eu trois récidives en quatorze ans ; c'est la diathèse, dira-t-on : non, non, je conteste, il n'y a pas de diathèse, ces récidives se sont produites parce que la maladie était dans la période de propagation bien avancée lorsque j'ai pratiqué la première opération. Il est bon que l'on sache ce que j'entends par récidive et opération de la récidive. Après une opération, lorsqu'il se manifeste une petite tumeur comme un pois ou un haricot, dans la cicatrice ou à côté, j'opère immédiatement, sans laisser à la maladie le temps de prendre du développement. De cette façon la petite cautérisation est insignifiante et n'empêche pas la malade de continuer ses occupations habituelles. La dernière petite tumeur fut opérée en juillet 1879; depuis lors cette personne a joui d'une bonne santé.
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
La cinquième observation a pour sujet une dame de quarante-cinq ans portant au sein une tumeur squirrheuse à la première période. L'opération a parfaitement réussi, il n'y a pas eu de récidive, de même que chez toutes les femmes que j'ai opérées pendant la première période de la maladie. Ce fait renferme un grand enseignement : c'est qu'il faut opérer pendant la période de localisation, si l'on veut obtenir des succès certains.
J'ai revu cette opérée il y a quelques mois, sa santé ne laissait rien à désirer.
Il serait souverainement absurde d'admettre l'existence d'une diathèse quelconque chez cette opérée.
Les sixième et septième observations concernent une dame qui avait les deux mamelles squirrheuses en même temps. La gauche était de trois mois plus avancée que la droite. J'opérai successivement les deux seins : fin de 1867 et commencement de 186S.
En 187 1, il se présenta une petite induration au sein gauche à côté de la cicatrice, je la cautérisai immédiatement. Depuis cette dame s'est très bien portée. Elle est morte à la fin de 1879, à la suite d'une maladie aiguë qui ne dura que quelques jours. Où est la diathèse? Je n'en découvre aucune trace. La malade a vécu onze ans après l'opération dans un état de santé relativement bon et ce n'est pas l'affection cancéreuse qui l'a emportée.
Les huitième et neuvième observations ont pour sujet une religieuse de l'ordre des Sœurs grises, à laquelle j'ai également enlevé les deux seins à un an d'intervalle; le dernier en 1869, il y a plus de douze ans. Il n'y a pas eu de récidive, la sœur continue à jouir d'une bonne santé.
Sans nul doute, les partisans de la diathèse préexistante, en voyant les deux seins devenir successivement squirrheux, n'auraient pas hésité un instant à attribuer cette catastrophe à la diathèse et cependant douze années de guérison prouvent qu'il n'en est nullement question, je dirai même qu'il serait tout à fait irrationnel de croire à la diathèse dans les cas dont il est question.
Dans la dixième observation il s'agit d'une dame opérée dans la première période d'une tumeur cancéreuse, il n'y a
pas eu de récidive, elle est morte neuf ans après l'opération à la suite d'une affection inflammatoire.
De même que dans les cas précédents, ii n'est pas possible d'admettre ici un état diathésique.
L'observation onze concerne un encéphaloïde ulcéré de six mois de durée seulement. Malgré l'ulcération, le mal était encore localisé. La guérison fut durable, l'opérée est décédée huit ans après l'opération, sans récidive. Dans ce cas il n'est pas possible d'admettre l'existence d'une diathèse quelconque.
Dans l'observation douze il s'agit d'un squirrhe du sein à la première période, l'opération réussit, la guérison fut rapide et radicale; il n'y eut pas de récidive. Cette dame mourut en 1875 à la suite d'une pleuropneumonie aiguë. L'existence d'une diathèse n'est pas admissible.
Dans l'observation treize, il s'agit d'un squirrhe du sein à la première période. Je l'opérai au moyen des caustiques comme les autres. La cicatrisation fut rapide et la guérison radicale. Il y a douze ans et demi que l'opération a été pratiquée, il n'y a pas eu de récidive. Cette dame vit encore. Je le demande aux plus obstinés, peut-on admettre, dans ce cas, un état diathésique ?
La quatorzième observation présente un squirrhe de toute la mamelle, ulcéré au milieu par un moyen artificiel : des emplâtres escharotiques. L'opération par les caustiques fut rapide et la guérison radicale. Il y a douze ans et demi que l'opération a été pratiquée, il n'y a pas eu de récidive et la dame se porte très bien. Personne, je pense, ne croirait à l'existence de la diathèse dans un cas de cette espèce.
L'observation quinzième présente un squirrhe du sein à la première période. L'opération fut pratiquée par les caustiques, il n'y eut pas de récidive.
Cette dame mourut quatre ans après à la suite d'apoplexies répétées. Dans les cas de l'espèce l'existence d'une diathèse n'est pas possible. Je ne sais vraiment pas sur quelle base on pourrait se fonder pour l'admettre. La diathèse préexistante, dit Broca, fut imaginée pour expliquer la constance des récidives après l'opération par l'instrument tranchant, par conséquent les insuccès de cette méthode et en définitive l'incurabilité du cancer.
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
Mais maintenant la question change du tout au tout; je démontre dans quelles conditions il n'y a pas de récidive : en opérant par la méthode cautérisante dans la première période de la maladie, et je démontre que le cancer est curable, et presque toujours curable dans les conditions déterminées. Donc la diathèse préexistante n'a plus de raison d'être, elle n'est plus d'aucune utilité, on peut la mettre de côté. Inventer une fiction, créer une impossibilité, établir un principe imaginaire, l'élever à la hauteur d'un dogme et le faire généralement admettre en plein XIXe siècle, le siècle des lumières, dit-on, voilà du merveilleux; et tout cela pourquoi, pour expliquer les insuccès du bistouri, au lieu d'en chercher la cause et les moyens de les éviter.
Les partisans de la diathèse primitive prétendent que la cause du cancer est toujours une cause interne, générale, diathésique, qui préexiste aux manifestations pathologiques et sans laquelle les causes locales ou externes ne produiraient d'autre effet que l'effet ordinaire des causes violentes : la contusion ou la lésion de continuité, mais jamais le cancer. Les faits que nous avons rapportés prouvent le contraire.
Les antagonistes de la diathèse prétendent, eux, que, dans la plupart des cancers externes, la cause est externe : un coup, une chute, une pression, une violence quelconque qui, par un concours de circonstances qu'il est difficile d'apprécier, développe un état particulier qui constitue le cancer. Que ce cancer reste localisé pendant un temps plus ou moins long, puis, qu'il se communique aux parties voisines où il porte le germe de nouvelles manifestations et, enfin, qu'il produit l'infection générale.
Les faits que j'ai rapportés et un grand nombre de ceux que je relaterai dans la suite prouvent donc que la diathèse préexistante n'existe pas et que tous ou presque tous les cancers externes sont d'abord localisés et par conséquent susceptibles de guérison.
Pendant la seconde période, il est quelquefois possible d'obtenir la guérison du cancer si les tissus envahis par la maladie peuvent encore être atteints et détruits complètement.
Comme on le voit, il n'est pas nécessaire d'invoquer le
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pouvoir de la diathèse pour expliquer l'extension ou la propagation de la maladie, la récidive et l'insuccès de l'opération; l'observation clinique nous révèle suffisamment la marche naturelle de ces phénomènes. Si le germe ou le principe de la maladie a envahi des tissus voisins, ou est simplement déposé dans des organes où sa présence ne se révèle pas encore à l'observateur, l'opérateur n'enlèvera pas ou ne détruira pas ces tissus ou ces organes et il ne le peut pas, il ne peut pas détruire des parties qui ne lui paraissent pas malades; dans ce cas il y aura récidive. Si la récidive a lieu sur les bords de la cicatrice, c'est qu'ils étaient déjà malades au moment de l'opération ; si c'est au milieu de la cicatrice, c'est que le tissu sur lequel elle repose était malade au moment de l'opération. Une quantité de conditions analogues peuvent se déduire de la situation. On voit encore ici le grand avantage qu'il y a d'opérer de bonne heure, dans la première période, c'est une question de vie ou de mort.
Bégin, dans l'article Cancer du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, a dit : Quant à nous, qui ne croyons point à la spontanéité du cancer, attendu qu'il n'y a pas d'effet sans cause, nous osons affirmer que sans le concours de causes déterminantes quelconques, la diathèse de Bayle et Cayol ne parviendrait jamais à produire un seul cancer. Probablement que Bégin s'est demandé comment s'établit l'hérédité? Et qu'il n'a trouvé d'autre réponse que celle-ci : on ne le- sait point.
Pourquoi, si les causes externes étaient constamment étrangères à la production du cancer; pourquoi, si cette maladie était toujours constitutionnelle, débuterait-elle par un point limité de l'économie et d'une manière pour ainsi dire insensible; pourquoi s'y maintiendrait-elle si longtemps, pendant que les malades jouissent d'une santé parfaite? Pourquoi l'altération générale ne précéderait-elle pas la manifestation extérieure du cancer, au lieu de la suivre, d'en être la conséquence? Hypothèse pour hypothèse, dit Velpeau, n'est-il pas rationnel, puisque au début il paraît local, d'admettre que le cancer naît réellement sous l'influence d'une cause externe, d'un travail local quelconque? Une fois établi, il tend sans cesse à infecter l'économie sans perdre de son
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
activité sur place. N'est-ce pas de la sorte que procèdent les virus? Une tumeur cancéreuse étant admise, on conçoit que le mouvement exosmotique en éparpille les molécules dans une atmosphère dont l'étendue ne saurait être précisée. Qui peut nier que ces molécules puissent rester en incubation ou à l'état latent pendant un temps variable? Pourquoi les lymphatiques n'en prendraient-ils pas quelques parcelles pour les déposer dans les ganglions? Pourquoi les molécules du cancer ne passeraient-elles pas aussi dans les veines qui avoisinent ou qui traversent la tumeur? Qu'3^ a-t-il d'étonnant que cette tumeur devienne assez vite la source d'une foule de tumeurs semblables, soit aux environs de la première, soit même dans des régions fort éloignées? N'est-il pas naturel que l'économie tout entière finisse par en être infectée? Quel besoin a-t-on en définitive d'admettre que les cancers ne peuvent être que la manifestation locale d'une maladie générale préexistante ?
Broca reconnaît cependant que de véritables cancers peuvent se développer à la suite de causes traumatiques, et que, malgré cette étiologie locale, ils ne sont ni moins graves que les autres, ni moins sujets à la récidive et à la généralisation.
Pour se rendre compte des cas de ce genre, dit Broca, on est obligé d'admettre qu'une disposition préalable existait dans l'économie avant l'accident local qui a déterminé la formation de la tumeur. La diathèse planait, en quelque sorte, sur l'organisme; elle ne s'était pas encore manifestée, mais tôt ou tard, sans doute, elle se serait localisée spontanément dans un organe quelconque; la cause locale, en provoquant sur un point déterminé un travail morbide, en y faisant sécréter un blastème, a attiré sur ce point l'action de la diathèse. La sécrétion du blastème traumatique a été bientôt suivie de celle d'un blastème cancéreux, et c'est ainsi que la tumeur s'est développée sous la double influence d'une cause locale et d'une cause générale.
On voit à quels efforts de dialectique doivent se livrer les esprits les plus lucides pour tenter d'expliquer une chose inexplicable : la diathèse planait sur l'organisme, elle ne s'était pas encore manifestée, mais elle cherchait l'occasion de se localiser spontanément. La cause locale, en faisant
sécréter un blastème, a attiré sur ce point l'action de la diathèse et la sécrétion du blastème traumatique a été suivie de celle du blasthèrne cancéreux? Une diathèse qui plane, quelle singulière conception. Une cause générale qui se localise, plus étrange encore. Un blastème qui attire l'action de la diathèse. Un blastème traumatique qui devient blastème cancéreux? Tout cela ne résisterait pas un instant à un examen raisonné. Pour expliquer, car on se figure qu'on est obligé de tout expliquer, même ce qui, par nature, est inexplicable, pour expliquer la formation des tumeurs cancéreuses, on a dù admettre l'existence dans l'économie avant l'accident, ou l'action de la cause externe, d'une disposition préalable, une diathèse ; mais si l'on demande ce que c'est que cette disposition préalable et en quoi elle consiste, personne ne sait le dire, et cependant on prétend que sans elle il n'y a pas de tumeur possible, puisque c'est elle qui préside à sa formation et à son développement. Mais cette prédisposition spéciale étant admise, dit Velpeau, la science n'en est guère plus avancée. Toutes les maladies peuvent invoquer la même particularité. Il est donc naturel d'admettre pour le cancer une prédisposition spéciale, mais cela n'empêche en aucune façon la nécessité d'une cause occasionnelle quelconque. Rien ne prouve néanmoins que la cause prédisposante du cancer existe dans l'organisme à l'état latent.
Deux personnes également fortes, robustes, jouissant d'une excellente santé, reçoivent l'une et l'autre un coup sur le sein ; chez l'une une tumeur se produit, squirrhe ou encéphaloïde, l'autre se guérit immédiatement. Il est certain qu'avant les violences, personne n'aurait pu deviner que l'une des deux, ou que l'une plutôt que l'autre eût une prédisposition quelconque, mais après coup on admet que la première avait une prédisposition au cancer et cela, dit-on, uniquement pour expliquer la formation de la tumeur. Il faut avouer que c'est une étrange explication et qu'une science qui se composerait d'explications de cette espèce, serait une science singulière et extraordinairement problématique. Mais qui oblige à expliquer ce phénomène, surtout si cette explication n'est imaginée que pour cacher une profonde ignorance. On devrait bien reconnaître qu'il y aurait
ÉTIOLOGIE DU CANCER.
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plus de loyauté scientifique à avouer franchement que la cause première des tumeurs cancéreuses est un de ces mystères de la nature, qui échappe et qui échappera probablement longtemps encore aux investigations les plus patientes, et que ce n'est point par des suppositions invraisemblables qu'on arrivera à élucider ces questions. Du reste les partisans mêmes de la diathèse et de l'interprétation qu'ils donnent de son intervention dans la production de la tumeur cancéreuse ne leur accordent pas une grande valeur, puisqu'ils admettent que les deux ordres de causes, locales et générales, peuvent s'associer et présider au développement de la même tumeur. A côté des cas où cette double intervention est évidente, dit Broca, il en est d'autres où les deux ordres d'influences sont également problématiques ou également douteuses, et lorsqu'une tumeur unique se forme spontanément au milieu de la santé la plus florissante, dans un lieu qui n'a jamais été le siège d'aucune légion appréciable, l'observateur est obligé d'attendre l'événement pour savoir si elle constitue à elle seule toute la maladie, ou si elle n'est que la manifestation d'une cause diathésique.
La logique de ces conclusions ne se dégage pas facilement ; outre que la fameuse alliance en question semble de plus en plus problématique et éloignée, il est facile de s'apercevoir qu'elle n'est établie qu'au point de vue d'une supposition ou d'une simple prévention : l'incurabilité du cancer. Or, si l'on vient prouver que le cancer est curable dans certaines conditions déterminées, toute l'importance de ce raisonnement s'évanouit, et la diathèse reste la supposition la plus fantastique qui se soit jamais produite dans les sciences d'observation.
Il semblerait que les partisans de la diathèse cancéreuse dussent être exclusifs, mais ils n'osent se prononcer catégoriquement, ils procèdent par probabilités; cependant ils admettent trois espèces de causes possibles : i° les causes tout à fait locales ; 20 les diathèses partielles ; 3° les diathèses générâtes, tout en ajoutant que les cancers sont probablement toujours dus à une diathèse générale? Ces hésitations, ces suppositions, ces probabilités, détruisent toute l'économie du système et l'on se trouve en présence d'une véritable
CMAPITRI-; III.
confusion. Dans une question de cette importance, il faudrait être positif et l'observation clinique seule peut donner cette assurance.
Eh bien, je répète qu'il résulte de mes nombreuses observations, aussi bien que du raisonnement, que la diathèse cancéreuse primitive, originelle ou préexistante n'existe que dans l'imagination de ceux qui l'ont inventée pour les besoins de la théorie; qu'il est impossible, avant le développement de la maladie et môme pendant la première phase ou période de ce mal affreux, de découvrir aucun signe, aucune manifestation, aucun indice quelconque qui puisse faire soupçonner, révéler, dénoter, ou découvrir l'existence de cet être fantastique qu'on nomme la diathèse cancéreuse.
Avant tout, dit Lebert, nous devons dire que si toute la pathologie des affections cancéreuses nous force d'admettre une prédisposition spéciale, la nature de celle-ci nous est en tout point inconnue. Voir un mal revenir après les opérations les mieux faites, suivre sa marche progressive et infectante, conduire toujours à une terminaison funeste, se jouer surtout de toutes les ressources que l'on possède contre les maladies locales, tout cela indique évidemment une disposition particulière de l'économie entière ; et comme l'action et les effets de cette disposition diffèrent de toutes les autres maladies connues, la spécificité de cette disposition est logiquement établie, mais n'oublions pas de le dire, sans être matériellement démontrée.
Quant à la diathèse consécutive, diathèse ou état générai qui est la conséquence du développement du cancer, cet état spécial qui résulte de l'imprévoyance, de l'incurie, de la négligence et le plus souvent de l'ignorance, cette diathèse, cette disposition générale, ou tout autre nom qu'on voudra donner à cet état de l'organisme, qui se trouve sous l'influence du principe cancéreux généralisé et qui est cause que la maladie récidive toujours après l'opération, de quelque manière qu'elle soit pratiquée, cette diathèse-là je l'admettrai sans hésiter, parce qu'elle se révèle par des phénomènes que l'on peut observer et constater, sans devoir recourir à des suppositions, à des hypothèses les plus invraisemblables, sinon les plus illogiques.
ÉTIOLOGIE DU CANCER.