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DES CAUSTIQUES, RÉCIDIVE, SECONDE OPÉRATION, GUÉRISON

M. L., propriétaire, soixante-cinq ans, demeurant dans la province de Namur, au bord de la Meuse, est atteint, depuis huit à dix mois, d'ulcère cancéreux à la lèvre inférieure. Il l'attribue à la pipe.

Cet ulcère présente les caractères des ulcères cancéreux : fond grisâtre, bords durs, irréguliers, ulcère faisant des progrès; la perte de substance est assez forte.

Le 23 mai 1876, application du caustique de Vienne sur les bords, puis de la pâte caustique; le malade ne la conserve guère que deux heures, de sorte qu'il a fallu six applications.

Chute de l'eschare le 5 juin, cicatrisation le 18.

Deux ans après, le 29 juin 1878, récidive consistant en une petite induration du volume d'un pois; application du caustique de Vienne d'abord, puis de la pâte caustique. Les deux jours suivants, réapplication du caustique.

Après la chute de l'eschare, la plaie mise à nu est très nette, elle est entièrement cicatrisée en huit jours.

Il n'y a plus eu de récidive.

OBSERVATION XCVIII. — Cancer au front de plusieurs années

D'EXISTENCE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

M™ K., soixante-quinze ans, ménagère, demeurant à la campagne, elle est venue chez son fils, à Bruxelles, pour subir l'opération. Cette campagnarde

OBSERVATIONS

est atteinte d'ulcère cancéreux au front, un peu au-dessus de la racine du nez, il est un peu plus grand qu'une pièce de deux francs. Les bords sont durs, proéminents, taillés à pic, et en certains points creusés par l'ulcération.

Elle ne sait pas bien à quelle époque remonte le début de l'affection, ses enfants estiment qu'il peut y avoir cinq ou six ans.

Cette personne est la cliente de M. le docteur Martiny, qui a bien voulu m' aider.

Le 21 juin 1876, application de la pâte caustique.

Le lendemain seconde application ; le troisième jour sur les bords seulement. La chute de l'eschare nous fait voir une plaie simple de bonne nature. La cicatrisation se fit rapidement et sans entraves. Le tout a duré trois semaines.

Il n'y a pas eu de récidive.

On voit par cet exemple que les ulcères cancéreux restent très longtemps localisés.

OBSERVATION XCIX. — Cancer du sein dtoit, opération par l'instrument tranchant, récidive IMMÉDIATE ; EMPLOI des caustiques,

GUÉRISON

MIle L., quarante ans, demeurant à Malines, est de constitution chétive, maigre et faible. Elle était atteinte depuis onze mois environ d'une tumeur squirrheuse située à la partie supérieure du sein droit, il n'y avait pas d'engorgement ganglionnaire. Elle fut opérée, par le bistouri, il y a six mois; la récidive fut immédiate et toute la glande mammaire devint cancéreuse.

La tumeur ulcérée est aplatie et n'a pas plus de 2 centimètres d'épaisseur, mais la glande entière est dure, bosselée et irrégulièrement développée, la malade y éprouve de fréquentes douleurs lancinantes, elle ne sait pas si la mamelle était déjà atteinte au moment de l'opération.

L'ulcère, suite de l'opération, présente 3 centimètres de diamètre. Il n'y a pas d'infection ganglionnaire, mais tout porte à croire que la maladie s'est propagée aux tissus voisins et qu'elle est en pleine seconde période.

Le 3 octobre 1876, la malade est venue me consulter et il est décidé que nous commencerons l'opération le lendemain.

En effet, le 4, le caustique de Vienne est appliqué sur la tumeur, il est enlevé au bout de dix minutes et remplacé par une couche de pâte caustique.

Le lendemain excision de l'eschare et nouvelle application de pâte caustique.

Même opération les trois jours suivants, donc cinq applications; cette personne les a très facilement supportées.

La chute de l'eschare mit à nu une plaie nette et bourgeonnante qui se cicatrisa rapidement.

Le 9 mai 1877 la malade découvrit une petite induration à la partie supérieure de la cicatrice, cette dureté avait le volume et la forme d'un haricot;

OBSERVATIONS

trois applications de caustique suffirent pour la détruire. Cicatrisation régulière.

Au mois de novembre de la même année une autie petite tumeur se manifesta à la partie externe de la cicatrice, je la détruisis comme la précédente.

Ces petites tumeurs constituaient évidemment des récidives.

Depuis, cette personne n'a cessé de jouir d'une bonne santé.

Ce fait, avec beaucoup d'autres, prouve la supériorité des caustiques sur l'instrument tranchant, dans le traitement des affections cancéreuses.

En outre, il serait difficile de contester ici la nature cancéreuse de l'affection, attendu qu'il y a eu trois récidives.

OBSERVATION C. — Ulcère au cou d'aspect cancéreux, trois ans

DE DURÉE, TOUS LES TRAITEMENTS ONT ÉCHOUÉ, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON.

M. V. R., vingt-quatre ans, rentier, tempérament lymphatique, demeurant à Ixelles, porte au cou, vers la partie supérieure du trapèze, au-dessous de la racine des cheveux et depuis plus de trois ans, un ulcère chronique, à fond terne, à bords taillés à pic, mais il n'est pas le siège de douleurs lancinantes.

M. le docteur Félix m'est adjoint, nous nous posons la question : quelle est la nature de cette ulcération qui a résisté aux nombreux moyens employés avant notre intervention.

Était-elle de nature cancéreuse ou scrofuleuse?

Nous opinâmes pour la nature cancéreuse et en effet, la teinte grisâtre du fond, les bords durs, irréguliers, renversés, sont des caractères qui appartiennent à l'ulcère cancéreux. Je ne parle pas de l'odeur, car le jeune homme poussait à l'extrême les soins de propreté.

Quoi qu'il en soit, il fallait le guérir et le traitement était le même dans les deux cas.

En conséquence, le 11 octobre 1876, j'appliquai la pâte caustique, continuation les deux jours suivants.

Le 21, chute de l'eschare, la plaie est très belle et de bonne nature. Le 12 novembre la cicatrisation était complète et très solide. Il n'y a pas eu de récidive jusqu'à ce jour.

OBSERVATION CI. — Ulcère cancéreux a la lèvre inférieure, tous

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