‹ Études sur le cancer [electronic resource]Chapitre 91 sur 158 · RÉCIDIVE PRESQUE IMMÉDIATE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON · texte numérisé non relu

RÉCIDIVE PRESQUE IMMÉDIATE, EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON

Mme B., soixante-quinze ans, rentière, forte, cheveux noirs, bonne constitution, demeurant à Schaerbeek, a été opérée par l'instrument tranchant, il y a cinq mois, pour un squirrhe du sein qui pouvait avoir le volume d'un œuf de poule. La cicatrisation ne fut que partielle, une ulcération se produisit dans la plaie même.

En -effet, le 4 septembre 1877, je constatai l'existence d'un ulcère cancéreux de la grandeur d'une pièce de cinq francs, entouré d'une tumeur squirrheuse, siège de fréquentes douleurs lancinantes.

Ce même jour (4 septembre 1877), application du caustique de Vienne sur la partie non ulcérée de la tumeur, puis d'une couche de pâte caustique sur tout

OBSERVATIONS

le néoplasme. Neuf applications furent nécessaires. L'élimination de l'eschare se fit régulièrement, les bords de la plaie furent rapprochés à i centimètre et demi d'intervalle, la réunion ne fat pas immédiate, mais les lèvres de la plaie furent maintenues rapprochées et la cicatrisation se fit assez rapidement.

J'ai revu cette dame à la fin de 1880, il n'y avait aucune apparence de récidive.

OBSERVATION CVIII. — Tumeur cancéreuse située au-dessus DU sein droit, emploi des caustiques, guérison.

M110 G., dix-neuf ans, blonde, maigre, chétive, mais vive et courageuse, est née à Steinhort près de Hambourg. On lui a dit qu'elle était menacée de tuberculose et on lui a conseillé de voyager. Elle est allée en Angleterre où elle fut placée dans une famille riche pour enseigner l'allemand aux enfants.

Après six mois, il lui parut que le climat de l'Angleterre ne lui convenait pas, elle se rendit à Paris où elle ne rencontra que de petites chambres, elle ne put s'y habituer. Elle vint à Bruxelles et fut placée dans une très bonne famille pour enseigner l'allemand.

Étant à Paris, elle s'aperçut qu'elle portait une petite tumeur dure, située un peu au-dessus du sein droit. Elle consulta, on lui proposa de l'enlever au moyen du bistouri.

A Bruxelles, la tumeur grossit et devint le siège de douleurs lancinantes assez vives, la malade devint inquiète, perdit le sommeil et fit part de ses craintes et de ses tourments à sa maîtresse qui me l'envoya.

Je constatai l'existence d'une tumeur dure, bosselée, du volume d'une petite noix et siège de douleurs lancinantes vives et fréquentes. Je lui proposai l'opération par les caustiques, elle y consentit.

En conséquence, le 1 1 septembre 1877 et les jours suivants, je lui appliquai les caustiques, quatre applications suffirent.

Après la chute de l'eschare, rapprochement des bords de la plaie, mais sans succès, néanmoins la cicatrisation fut rapide.

Cette personne est venue me voir un an après, en 1878, elle était parfaitement guérie.

OBSERVATION CIX. — Petite tumeur squirrheuse a la lèvre, emploi des caustiques, guérison.

Une religieuse d'Enghien, quarante ans, de constitution faible, présente à la lèvre inférieure, depuis environ onze mois, une tumeur dure, irrégulière, présentant un noyau très dur et légèrement douloureux à la pression; le sommet de la tumeur est d'un rouge bleuâtre et menace de s'ulcérer. Il y a de légères douleurs lancinantes, le pédicule de la tumeur s'enfonce d'un demicentimètre dans la lèvre.

Le 6 décembre 1877, application du caustique de Vienne, puis de la pâte caustique.

OBSERVATIONS

Continuation les deux jours suivants, donc trois applications.

La chute de l'eschareeut lieu le cinquième jour et mit à découvert une très belle plaie. Le seizième jour la plaie était entièrement cicatrisée; la cicatrice était peu apparente.

Elle n'est pas revenue dans la suite, ce qui me porte à croire que la guérison s'est maintenue.

OBSERVATION CX. — Cancer de la mamelle droite, seconde période,

EMPLOI DES CAUSTIQUES, GUÉRISON MOMENTANÉE

Mm« S., cinquante-cinq ans, ménagère, demeurant à Bruxelles. D'un tempérament lymphatique avec prédominance du tissu graisseux, cette dame a élevé une nombreuse famille, nourrissant elle-même ses enfants. Depuis un an environ il s'est développé chez elle une tumeur squirrheuse, maintenant très volumineuse ; toute la glande mammaire est envahie et la maladie s'étend aux ganglions axillaires, de sorte qu'elle est arrivée à la seconde période bien avancée. Dans ces conditions on ne peut guère espérer un succès complet.

Le 2 février 1878, application du caustique de Vienne, puis de la pâte caustique; l'opération comprend les ganglions de l'aisselle.

Continuation les jours suivants.

Quinze applications, il n'y a pas eu d'incident notable.

L'élimination de l'eschare mit à découvert une plaie belle et nette. L'abondance du tissu cellulaire permit de rapprocher exactement les lèvres de la plaie et la cicatrisation se fit régulièrement.

La cicatrice ne laissait rien à désirer.

Vers le mois de septembre 187g, cette dame s'aperçut qu'elle avait une petite tumeur vers le milieu de la cicatrice, elle y appliqua des cataplasmes et attendit; la tumeur se développa, elle me consulta à la fin d'octobre.

Je lui conseillai de se laisser opérer immédiatement.

Le 2g octobre 187g, je détruisis la petite tumeur; six applications, la cicatrisation se fit rapidement.

Depuis, l'état de l'opérée est satisfaisant, elle n'a rien perdu de son embonpoint.

OBSERVATION CXI. — Tumeur fibreuse ou fibroïde située a la partie

Page 1