‹ Au berceau de l'autre FranceChapitre 19 sur 80 · Belalion de i636, p. g · texte numérisé non relu

Belalion de i636, p. g

2. V. Carayon, Documents inédits concernant la Compagnie de Jésus, xn,. lettres du P. Chaumonot, passim.

réalité, les missionnaires n'avaient ni sel, ni huile, ni pain, ni vin, excepté celui qu'ils gardaient pour la messe : encore n'en mettaient-ils que quelques gouttes dans le calice *. Leur nourriture était d'une fatigante uniformité : matin et soir, ils mangeaient un potage fait de blé d'Inde, écrasé entre deux pierres ou pilé dans un mortier. « Je n'y vois rien de plus semblable, écrivait l'un d'eux, que

la colle qui sert à tapisser : \. ,, les murs. » - — « Pour beur-

re, un glaçon pendant l'hiver. » Pour assaisonnement, <c quelques grumeaux de cendres ou une petite poignée de mouches d'eau, sorte de cousins de Provence «, dont les sauvages étaient très friands. Les plus sages réservaient au temps de la pêche des poissons qu'ils faisaient sécher, pour le piler dans cette « sagamité » pendant l'année. Mais à leur goût le poisson le plus corrompu était toujours le meilleur. Chez les missionnaires, la sagamité était préparée dans un plat de bois : c'était d'un luxe inouï, car ce modeste ustensile, rendu sur les bords du lac Huron, était payé une peau de castor, c'est-à-dire loo francs-. A ce prix, on devine que l'office des missionnaires ne devait pas être bien riche en vaisselle de ce genre. Ils cueillaient la leur dans la forêt, et ils

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