Champlain, i632, a* partie, p. i
INTRODUCTION
cieusement aux Marchands qu'à oublier avec tant de persistance leurs promesses ils pourraient bien jouer leur riche monopole. Que firent-ils alors? Le 21 décembre 16 19, ils s'engagèrent solennellement par écrit à envoyer sans retard à la Nouvelle-France... vmgt-quatre bêches, dou^e faucilles et deux meules de moulin ! Rien peut-il donner une idée plus exacte de la scandaleuse ladrerie de ces
gens-là !
Enfin, le privilège des Marchands fut supprimé. Malheureusement, la Compagnie de la Nouvelle-France, au profit de laquelle on le ressuscita, ne fit pas mieux. Le Canada resta en souffrance. Les Jésuites s'employèrent du moins de toutes leurs forces à diminuer le mal. Au Conseil de la colonie, où leur Supérieur avait place, ils poussèrent les gouverneurs à entrer résolument dans une voie nouvelle. Il faut bien ajouter que ce ne fut pas avec beaucoup de succès. Du moins payèrent-ils de leurs personnes et donnèrent-ils l'exemple. En 1626, le P. Noyrot débarqua à la Nouvelle-France avec une vingtaine d'ouvriers et de laboureurs. Les Jésuites les avaient recrutés eux-mêmes dans la métropole et s'étaient directement engagés vis-à-vis d'eux. En même temps, dans leurs Relations annuelles, qui avaient alors tant de vogue de l'autre côté de l'océan, ils faisaient de pressants appels à toutes les bonnes volontés disponibles.
« Les Français seront-ils seuls entre toutes les nations de la terre, écrivait le P. Le Jeune en i635i, privés de l'honneur de se dilater et de se répandre dans le Nouveau Monde ? La France, beaucoup plus peuplée que tous les autres