I. Relation de 1614, p
INTRODUCTION
en se débordant, causent des prairies. Il y a aussi quelques endroits bien beaux et de vastes herbages et pâturages... Mais ici, il faut éviter une illusion dont plusieurs sont abusés par mégarde... Je dis ceci, parce que cette prudence importe beaucoup à ceux qui vont défricher ces nouvelles contrées, ainsi que nous autres Français y allons volontiers, à yeux clos et tête baissée, croyant par exemple qu'étant au Canada et aj^ant faim, nous ne ferons qu'aller dans une île, et là, escrimant d'un gros bâton à droite et à gauche, autant de coups, autant arrêteronsnous d'oiseaux dont chacun vaudra bien un canard. Voilà qui est joliment dit, et ainsi l'ont fait nos gens plus d'une fois et en plus d'un lieu. Gela irait fort bien, si vous n'aviez jamais faim qu'au temps où ces oiseaux se trouvent en ces îles, et si, lors même, vous étiez proche d'eux; mais si vous en êtes à cinquante ou soixante lieues, que ferez-vous? »
Qu'on ne s'imagine pas toutefois que les missionnaires s'en tiennent à cette douce ironie. Ils donnent des renseignements pratiques et des conseils qui ne le sont certainement pas moins.
A la suite de la Relation de i635, dont nous venons de citer plus haut quelques pages brûlantes de patriotisme, un grand nombre de personnes avaient écrit au Canada. Elles demandaient force détails et posaient d'innombrables questions sur le pays. Le P. Le Jeune consacre un chapitre tout entier de la Relation de 1636* à satisfaire cette curiosité si légitime.
Il commence d'abord par rassurer les timides, ceux qui