Francis Parkman, The Jesuits in North America p
Malgré ses préjugés protestants, Parkman a écrit un beau chapitre sur saint Ignace de Loyola et les Jésuites. Il y fait quelques réserves et y affirme quelques erreurs; mais en somme l’ensemble est tout à l’honreur de ceux dont il parle. Citons quelques lignes de ce chapitre seulement :
« Ce fut un jour malheureux pour le protestantisme nouveau-né que celui où un artilleur français tira le coup de canon qui renversa Ignace de Loyola sur la brèche de ‘'innelune. D’un orgueilleux hidalgo, d’un ambitieux soldat, d’un cour.sin aimable, d'un jeune homme ardent et passionné, ce projestile fit un apôtre dont le cerveau conçt et enfanta la puissante Co. paguie de Jésus... Le soldat se donna à lui-même une nouvelle campagne à sou'enir. Dans la fournaise de sa \ et” ‘:‘elligence, surchauffée, mais nor troublée par les flammes intenses de sun zèle, fut coulée la machine prodigieuse dont le pouvoir a été éprouvé jusqu'aux extrémités de la terre...
« Le Jésuite n'est pas un rêveur, c'est un homme d'sction dans toute la force du terme... 11 est sûr, queiic que soit l'éducation qu’elle donne, que la Compagnie de Jésus a compté parmi 5es membres; des hommes dont l’'ari'ente nature a été rendue plus puissant, sans être sbaisséc, par la méthode à laquelle ils furent soumis. » 7h° lesuits ‘x North America, ch. 11, nassim.
devait y accompagner le P. de la Roche d’Aillon, avec lequel il remonta effectivement le fleuve pour se rendre à sa destination. Mais le meurtre du P. Vial, assassiné par les Hurons, après deux ans de séjour chez eux, arrêta les voyageurs en route et les força pour cette fois à rebrousser chemin.
La déception fut grande chez le P. de Brébeuf. Notre- Seigneur lui réservait une compensation. Rentré à Québec,
Intérieur de la chapelle de Tadoussac, une des premières construites au Canada.
le Serviteur de Dieu reçut l’ordre de s’adjoindre à quelques Algonquins et de les suivre à la chasse pendant tout l'hiver : excellente école que celle-là pour se familiariser avec les coutumes de ces peuplades et pour s'approprier leur langue, mais rude et mortifiant labeur aus:'; car il ne s’agissait de rien moins que de vivre pendant six mois comme ces chasseurs sauvages et de supporter de concert avec eux leurs fatigues et leurs incessantes privations. Heureusement, la souffrance importe peu quand on souf. fre pour Dieu! Le hardi missionnaire prit donc son bâton de voyage et partit, l’allégresse au cœur (20 oc” bre 1625).
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Ce que fut sa vie dans la forêt, un autre missionnaire, le P. Le Jeune, l’a raconté d’une plume trop naïvement spirituelle pour que nous ne lui empruntions pas simplement son récit!.
« Épicthète dit que celuy qui veut aller aux bains publics se doit au préalable figurer toutes les insolences qui s'y commettent, afin que se trouvant engagé dans la risée d’un tas de canaïlles, qui luy laveront mieux la tête que les pieds, il ne perde rien de la gravité et de la modestie d'un homme sage. Je dirais volontiers la même chose à qui Dieu donne les pensées et les désirs de passer les mers pour venir chercher et instruire les sauvages : c’est en leur faveur que je coucheray ce chapitre, afin qu'ayant connu l’ennemy qu’ils auront en tête, ils ne s’oublient pas de se munir des armes nécessaires pour le combat, notamment d’une patience de fer ou de bronze, ou plutôt d’une patience toute d’or, pour supporter fortement et amoureusement les grands travaux qu’il faut souffrir parmy ces peuples.
« Commençons par la maison qu'ils doivent habiter, s'ils veulent les suivre.
« Pour concevoir la beauté de cet édifice, il faut en décrire la structure; j'en parleray avec science, car j'ai souvent aidé à le dresser. Étant donc arrivés au lieu où nous devions camper, les femmes, armées de haches, s’en allaient çà et là dans une grande forêt couper du bois pour ia charpente de l'uvtellerie où nous voulions loger; cependant, les hommes, en ayant désigné le plan, vidaient la