‹ Au berceau de l'autre France [microforme]Chapitre 12 sur 90 · Relation de 1634, ch. x11, p. 51 et suiv · texte numérisé non relu

Relation de 1634, ch. x11, p. 51 et suiv

neige avec leurs raquettes, ou avec des pelles qu'ils font et portent exprès pour ce sujet.

« Figurez-vous donc un grand rond ou un carré dans la neige, haute de deux, de trois ou de quatre pieds, suivantles temps et les lieux où on cabane; cette profondeur nous faisait une muraille blanche qui nous environnait de tous côtés, excepté par l’endroit où on la fendait pour faire la porte; la charpente apportée, — elle consiste en quelque

-* ou trente perches, plus ou moins, suivant la grandeur de 1 cabane, — on la plante, non sur la terre, mais sur le haut de la neige ; puis on jette sur ces perches, qui s’approchent un peu par en haut, deux ou trois rouleaux d’écorces cousues ensemble, en commençant par le bas, et voilà la maison faite. On couvre la terre, comme aussi cette muraille de neige qui règne tout à l’entour de la cabane, de petites branches de pin, et pour dernière perfection, on attache une méchante peau à deux perches pour servir de porte, dont les jambages sont la neige elle-même. Voyons maintenant en détail toutes les commodités de ce beau Louvre.

« Vous ne sauriez rester debout dans cette maison, tant pour sa bassesse, que pour la fumée qui sufloquerait, et par conséquent il faut être toujours couché ou assis sur la platte terre : c’est la posture ordinaire des sauvages. De sortir dehors, le froid, la neige, le danger de s’égarer dans ces grands bois, vous font rentrer plus vite que le vent et vous tiennent en prison dans un cachot qui n’a ni clef ni serrure. Ce cachot, outre la posture fâcheuse qu'il y faut tenir sur un lit de terre, a quatre grandes incommdités, le froid, le chaud, la fumée et les chiens.

sert de

hyver empre cette vert q

« O la cha banes, sait”p

tnt « Pour le froid, vous avez la tête à la neige. Il n’y a | qu'une branche de pin entre deux, bien souvent rien que dans M votre bonnet. Les vents ont liberté d’entrer par mille en- , sui- droits : car ne vous figurez pas que ces ‘écorces soient 1deur jointes comme un papier collé sur un châssis; elles resitodé | semblent bien souvent à l’herbe à mille pertuis, sinon que faire TD leurs trous sont un peu plus grands... elque ; ndeur sur le s’apleaux as, et | cette bane, in, on ir de oyons :

beau Cabane huronne.

’ Eu « Quand ilin’y aurait que l’ouverture d’en haut qui sert de fenêtre ou de cheminée tout ensemble, le plus gros ais. hyver de France y pourrait tous les jours passer sans gate empressement. La nuit, étant couché, je contemplois par se cette ouverture et les étoiles et la lune, autant à découi clef vert que si j'eusse été en pleine campagne. à à y « Or cependant le froid ne m'a pas, tant tourmenté que Hs la chaleur du feu. Un petit lieu, comme sont leurs ca-

banes, s’échauffe aisément par un bon feu, qui me rôtissait”parfois et me grillait de tous côtés, à raison que la

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