I. Ai un des
mouaraisd’unc ement naient nouïie, eaient yaient, > mort andonuve et ivaient 1ement it avec nt être
ot d’éangers.
ntaient ait-il à er dans crainte raient,
facile ent de table! bour se ès dra-
P, Le-
mes dont il avait été plus d’une fois et le théâtre et le témoin ?
Cependant le P. de Brébeuf partit, l’âme débordante de joie et d’espérance. Le convoi remonta d’abord le Saint-Laurent, passant tantôt devant des prairies qui alternaient avec des rideaux de grands arbres, tantôt devant des rochers d’un gris foncé qui dominaient le fleuve et à travers les brèches desquels on apercevait des plaines herbeuses ou la forêt avec ses solitudes immenses. Au delà des Trois Rivières, on traversa le lac Saint-Pierre, à la nappe tranquille sur son fond marneux, pour rentrer dans le grand fleuve. Le cours d’eau géant semblait parfois se creuser un défilé profond entre deux murailles de rocs pour s’élargir ensuite de nouveau et s’émailler de centaines d'îles, toutes différentes par les dimensions, la hauteur, la végétation; celles-ci simples pelouses s’élevant à peine au-dessus de l’eau, celles-là coteaux boisés ou rochers à falaises verticales qui se reflétaient dans le courant.
Au-dessous de Montréal, les canots s’engagèrent dans la rivière des Prairies!, puis dans l’Ottawa lui-même. Plus long que le Rhin, plus abondant que le Nil, ce vaste affluent du Saint-Laurent est un des cours d’eau les plus accidentés du Canada. « Son lit d’écoulement n'offre qu’une succession de contrastes : ici cascade, plus loin rapide, puis carrefour d’eaux qui se rencontrent et se séparent à nouveau, étroit cana! ou rivière creuse, encaissée entre des roches à pic, et même, çà et là, grand
1, Ainsi nommée du Français qui la découvrit, en croyant pénétrer dans un des bras du Saint-Laurent.
rm tm, “gs RE ER
56 PREMIÈRE PARTIE bassin lacustre dont les baies se prolongent à perte de vue.» A partir de cette région, les portages se multiplièrent. On les interrompit en entrant dans le lac des Nipissings, au nord duquel court aujourd'hui la ligne du chemin de fer du Pacifique (Canadian Pacific), Mais il fallut les reprendre, plus fatigants que jamais, dans la
Le palais du Parlement à Ottawa.
Rivière des Français (French River), car on se retrouvait là en pays de chutes, de sauts et de rapides, en présence de cataractes tonnantes qui s’enfuyaient avec des vitesses d’avalanches par d’étroits couloirs pour s'épanouir ensuite en vastes surfaces azurées. Heureusement, c'était le dernier mauvais pas à franchir. On pénétra dans la partie du lac Huron qui porte aujourd’hui le nom de baie Géor-
1, Elisée Reclus, Nouv, Géogr. universelle, Amérique boréale, p. 450.
La fenduc fossé une p de tr maniè rieur,
erte de multilac des gne du Mais il dans la
rouvait résence vitesses ensuite le derà partie Géor-
gienne, et, après quelques jours encore de navigation, on atterrit devant un amas de huttes bizarres, accroupies sur la lisière d’une forêt de pins magnifiques : le P. de Brébeuf venait d'arriver chez les Hurons.
Gare principale du « Canadian Pacific » à Montréal.
La bourgade en face de laquelle il se trouvait était défendue, comme la plupart des bourgades indiennes, par un fossé profond de quelques pieds. Sur le revers intérieur une palissade se dressait. Elle était faite de trois rangées de troncs d'arbres, appuyés les uns sur les autres, de manière à former trois enceintes concentriques. A l’intérieur, on les avait blindées jusqu’à hauteur d'homme de
fortes pièces d’écorce. Au sommet courait une galerie de bois, du haut de laquelle les défenseurs de la ville pouvaient accabler les assaillants sous une grêle de pierres, ou jeter de l’eau en abondance sur les parties qu’on aurait tenté d’incendier. De primitives échelles et des amas de projectiles ramassés sur la grève ou dans les bois complétaient ce système de défense !. Tout autour de la palissade s'étendaient quelques champs, conquête péniblement faite sur la forêt. Le défrichement était dur en effet chez les Hurons. Quand on s’y livrait, on accumulait au pied des grands arbres des branches sèches, auxquelles on mettait le feu. Puis on attaquait les troncs en partie carbonisés avec les haches de pierre. Le géant tombé, on arrachait tant bien que mal quelques racines; ensuite, avec leurs houes de bois, les femmes retournaient le terrain resté libre entre les tronçons carbonisés, et elles y semaient le blé, les fèves, les citrouilles, le tabac, les tournesols dont la graine leur fournissait de l'huile, et le chanvre indien qu’elles filaient. Les engrais n'étaient jamais jetés dans ces champs improvisés. Quand, au bout de vingt ou trente ans, la terre était épuisée, le village était abandonné et on allait le reconstruire ailleurs ?. On en rencontrait un certain nombre dans le pays. Ils ont disparu aujourd’hui, mais parfois la charrue ou le pic, s’enfonçant dans le sol de ce qu’on pourrait croire une forêt vierge, ramènent à la lumière d’étranges débris : ossements humains mêlés avec des armes, des chaudrons, des colliers de porcelaine.
1. Mœurs des sauvages américains, par le P. Lafitau, S. J. Paris, chez Saugrain, 1724. T. Il, p. 5.
2. Lettre du P. de Brébeuf au Père général Mutius Vitelleschi, 1638.—Carayon, Documents inédits, xi1, p. 163. — Lettre du P. du Perron à son frère, id., p. 170.
C'est jadis
Le ce loi sur Î4 ses ét ou le lontie ses tr soldat vivem a-t-il l'oubli sures
Les Géorgi tendait il avait sur un qui le
| nombre
sons d assez n presqu’
| P. de
Noüe, :