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1638.—Caron à son
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C'est tout ce qui reste de l'infortunée peuplade qui vécut jadis dans ces bois.
Le voyage avait été pénible. Plus d’une tois, durant ce long trajet, la main du missionnaire s'était meurtrie sur la pagaie. Plus d’une fois, il avait dû transporter sur ses épaules, comme ses compagnons de route, les bagages ou le canot lui même. On l’en chargeait d'autant plus volontiers qu’il était fort et robuste. « Sa taille, sa vigueur, ses traits, semblaient ceux que la nature donne au futur soldat.» Malgré ce tempérament de fer, l’apôtre avait vivement ressenti la fatigue. « Nous n’en pouvions plus, » at-il écrit à ce propos. Mais, si dure qu’elle eût été, il l’oublia vite, et, dès les premiers jours, il prit ses mesures pour commencer immédiatement l’œuvre de Dieu.
Les Hurons habitaient la presqu'ile qui sépare la baie Géorgienne du lac Huron proprement dit. Leur pays s’étendait à l’est jusqu'aux rives charmantes du lac Simcoé : il avait donc une soixantaine de kilomètres de longueur sur un peu plus de trente kilomètres de large. Les forêts qui le couvraient étaient très giboyeuses, et les sinuosités nombreuses qui dentelaient ses côtes abondaient en poissons divers. Aussi les villages y étaient-ils relativement assez nombreux : on en comptait une vingtaine dans la presqu'île. C'est dans l’un d’eux, à Ihonatiria ?, que le
| P. de Brébeuf se fixa avec son compagnon, le P. de
Noüe, tandis que le P. de la Roche d’Aillon s’établissait