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ment reprises, tout s’entrecroisait dans l’obscurité : c'était la danse qui commençait. Car, l'hiver, les fêtes se succédaient sans discontinuité dans les cabanes huronnes. On s’y invitait entre amis comme dans les cités civilisées; mais on y faisait beaucoup plus de bruit. Heureux encore les Pères, quand ils ne voyaient pas quelque sauvage, pris d’un transport épileptique, faire soudainement irruption dans leur logis, et, sous prétexte de rêve ou de maladie à guérir, s’y livrer à mille folies !.
Mais, quelles que fussent ces incommodités, les vaillants apôtres de Jésus-Christ les souffraient d’un cœur joyeux. Pendant que les uns allaient de hutte en hutte enseigner la religion, les autres, assis sur un billot ou accroupis sur un morceau d’écorce, étudiaient ou tenaient école pour les petits enfants du bourg. La régularité n’était pas des plus exemplaires : les élèves faisaient souvent l’école buissonnière et parfois il ne s’en trouvait qu’un ou deux en classe; mais on se contentait de cette présence intermittente, faute de mieux.
Les dimanches, mardis et jeudis, l’école se fermait une heure plus tôt, et on consacrait ce temps à faire une instruction « aux plus notables du village ». Ils arrivaient, tels que nous les a pittoresquement dépeints le P. Du Perron, une peau de castor jetée sur les épaules en guise de manteau, des chausses et des souliers en hiver, jambes et pieds nus dans l’été; le sac de petun qui pendait der-
1. Parfois ces furieux étaient tout simplement des alcooliques, « On a beau défendre le commerce de vin et d’eau-de-vie avec les sauvages, dit la Relation de 1646, il se trouve toujours quelque âme lâche qui, pour en tirer un peu de poil de castor, fait passer au clair de lune quelques bouteilles dans leurs cabanes. Les capitaines crient et tempêtent, mais il est très difficile de bannir entièrement ce désordre. » P, 20.
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rière leur dos, le calumet qu'ils avaient en mains et qu’ils avaient sculpté, non sans habileté, pendant les soirées d'hiver, les colliers et bracelets de porcelaine qu'ils portaient au cou, aux bras, aux oreilles et autour de leur moustache, affreusement graissée comme leurs cheveux, complétaient le costume. Silencieux, ils écoutaient la Robe noire; ils trouvaient ses enseignements nobles et beaux; ils applaudissaient même à ses discours, mais ils n’embrassaient pas pour cela ce qu'ils reconnaissaient être la vérité.
« Je ne me serais jamais imaginé une dureté semblable à celle de ces cœurs sauvages élevés dans l’infidélité, déclarait le P. Chaumonot!. Quand ils sont convaincus de la folie de leurs superstitions et de leurs fables, et qu’on ne me leur a prouvé la vérité et la sagesse de la foi, il faudrait, pour achever de les gagner, leur promettre que le baptême leur donnera prospérité et longue vie, ces pauvres gens n'étant sensibles qu'aux biens temporels; cela ne vient pas de la stupidité : ils sont même plus intelligents que nos campagnards, et il y a certains capitaines dont nous admirons l’éloquence, acquise sans beaucoup de préceptes de rhétorique. Leur obstination dans l'erreur est produite par la difficulté qu’ils croient trouver dans l'observation des commandements, et surtout de certains d’entre eux. »
Cependant, malgré tout, le crédit du P. de Brébeuf augmentait chaque jour. Une épidémie, qui lui donna