Îs., XL
2, II Cor., x, G.
3, Nom huron du P. Jogues.
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blé d'Inde, il les avait baptisés
vage baptisé peut rendre en paix son dernier soupir : celui qui ne laisse pas un verre d’eau sans salaire va l’accueillir en Père et le récompenser en Dieu.
Au moment même où il passait par toutes ces souffrances, le confesseur de la foi avait eu une consolation bien douce à son cœur. Sur l’échafaud de Téonnontogen, il avait trouvé quatre Hurons, nouvellement enlevés et destinés au feu. Sa bonté, une fois de plus oublieuse de ses propres souffrances, les avait promptement gagnés. À l’aide de gouttelettes d’eau, miséricordieusement laissées par la Providence sur quelques feuilles de
sur le seuil de l'éternité et leur avait ainsi assuré, au soir de leur
vie mortelle, un bonheur quine Maisonnette de passeur de bac : x sur la rivière des Mohawks.
devait plus finir.
Ce bonheur, le P. Jogues put croire qu’il allait bientôt en jouir, lui aussi. Lorsqu’après avoir été, sept jours durant, traîné de village en village et d’échafaud en échafaud, il fut ramené à Andagoron, on lui annonça en effet qu’il allait être, le jour même, brûlé avec ses compagnons. « Quoique cette mort eût quelque chose d’horrible, raconte-t-il avec simplicité, la pensée de la voionté de Dieu et l'espérance d’une vie meilleure et exempte de péché en adoucirent pour moi les rigueurs. Je parlai donc pour la dernière fois à mes compagnons, français et hurons, et je
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les exhortai à persévérer jusqu’à la fin, en se rappelant au milieu des douleurs de l’âme et du corps « Celui qui a « été en butte à une si grande contradiction de la part des « pécheurs armés contre lui, afin qu’ils ne perdent pas cou- « rage et qu’ils ne se laissent pas aller à l’abattement ! », Demain, ajoutai-je, nous serons réunis dans le sein de Dieu pour régner éternellement auprès de Lui. »
L'apôtre était prêt pour le sacrifice. Mais le divin Maître, qui le destinait, au prix de nouvelles douleurs, à régénérer bien des âmes parmi ces tribus barbares, le sauva. Les anciens du pays se ravisèrent ; ils rapportèrent leur première sentence, et trois captifs hurons seulement furent conduits au bûcher.
De « prisonnier de la nation », le P. Jogues devint alors l’esclave d’un particulier. Selon la coutume iroquoise, il fut attribué à une famille d’Andagoron dont un membre avait été tué pendant l’expédition. René Goupil était son compagnon. Exténués, couverts de plaies qui, faute de pansements, s'étaient dangereusement envenimées, les deux esclaves ressemblaient plutôt à des cadavres à moitié putréfiés qu’à des êtres vivants. Aussi songea-t-on un instant à les remettre contre rançon aux Hollandais de Renselaerswich (Albany), qui offraient de les racheter. Une défaite essuyée sur le Saint-Laurent, où les Iroquois avaient témérairement attaqué les Français, fit échouer ce projet. Non seulement les deux esclaves ne furent pas mis en liberté, mais ils redevinrent pour un temps les « prisonniers de la nation ». C'était une condition éminemment critique