Lettre au P. Ch. Lallemant, 30 août
Custom House à Montréal.
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terrible. Et, sans se départir néanmoins de son calme, le prisonnier « écoutait tous ces bruits, s’offrant sans réserve à Notre-Seigneur et se remettant en tout et pour tout en sa très sainte volonté », sans songer à prendre la fuite.
Heureusement, le gouverneur de Rensselaerswyck, ému de pitié, résolut de tout faire pour sauver la future victime. Il y était d'autant plus porté que, à la demande d'Anne d'Autriche, régente de France, les États généraux de Hollande avaient ordonné à leurs gouverneurs de la Nouvelle- Belgique de s’employer par tous les moyens à la délivrance du captif. Van Curler vit donc le P. Jogues et il le conjura de profiter d’un vaisseau qui était en partance pour s'évader. Celui-ci refusa d’abord, de peur que les Hollandais n’eussent à souffrir de sa fuite. Mais, sur de nouvelles et plus pressantes instances, il revint sur ce refus formel; seulement, à la stupéfaction profonde de ce gouverneur protestant, il réclama une nuit pour examiner cette affaire et pour consulter Dieu dans la prière, avant de se décider à s'enfuir ou à rester.
« Je passai cette nuit en oraison, raconte le P. Jogues!, et je suppliai beaucoup Notre-Seigneur qu'il ne me laissât pas prendre de conclusions de moi-même, mais qu’il me donnât lumière pour connaître sa sainte volonté, parce qu’en tout et partout je la voulais suivre, jusqu’à être brûlé à petit feu, s’il le fallait.
« Les raisons qui pouvaient me retenir dans ce pays étaient la considération des Français et des sauvages. Je sentais de l'amour pour eux et un grand désir de les a:-