‹ Au bois joliChapitre 17 sur 22 · LA BELLE AU BOIS DORMANT I · texte numérisé non relu

LA BELLE AU BOIS DORMANT I

A sa tête un compagnon Robuste et de fière allure, QLii porte en sa chevelure Un brin de gui bourguignon.

H dit : — « Amis, qu'on se presse!

Un nuage est sur la tour.

Le temps approche où l'amour Doit éveiller ma maîtresse.

« Depuis tant de jours, ô cieux, Je me dessèche à l'attendre!

Oh! sa voix, sa voix si tendre Et son âme dans ses yeux!

« Je sais qui je brave en face Et qu'un charme est sur l'enfant.

Mon cœur à moi me défend.

Mon amour fait mon r.udacc.

« Je suis cousin de l'été!

Son soleil fait ma puissance; Au matin de ma naissance Une alouette a chanté.

« Allons! Sous les chênes sombres Déjà s'éveille le vent.

L'avenir est en avant :

Allons combattre les ombres.

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« Nous ferons notre moisson, Bravement, avec la lance.

Nous forcerons le silence A repondre à ma chanson. »

Et vaillant comme l'aurore, Beau comme le plein midi.

Va le compagnon hardi Q^ue sa jeunesse dévore.

Son large pourpoint est vert.

Du vert alangui du saule.

Guilleret, sur son épaule Volète et chante un pivert.

Sous la ronce qui pleure et l'épine farouche Apparaît tout à coup le palais du sommeil. Voilà juste cent ans qu'il n'a vu le soleil. Pas un oiseau du ciel, en passant, ne le touche.

Ah! que d'adolescents au cœur trop ingénu Sont partis un matin pour conquérir la rose! Qui dira maintenant où leur troupe repose? Du terrible vovage aucun n'est revenu.

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