‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 11 sur 19 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

Je vous aiiïie; et vous, rossignol; Les geais riant en haut des branches; De toute plume et de tout vol, Et vous surtout, mouettes blanches

Qui, venant de la haute mer.

Suivez le courant de la Loire Et trempez dans son flot de moire Votre aile où luit le sel amer;

Qui criez à nos âmes faites.

Aux doux horizons étages.

Tout le délice des tempêtes, De la tourmente et des dangers!

Tray, 1904.

CT^ÊTUSCULE Toi-R^ISIE^

Tour .André Germain,

CET oiseau que j'entends à la fin des journées, Dans le déclin du jour élevant une voix, Réveille dans mon cœur, au delà des années, Des chagrins assoupis, des plaintes enchaînées. Ce que j'ai du souffrir et celer quelquefois.

11 s'anime et répand ses deux notes pareilles Dans le jardin désert qui s'émeut alentour; 11 répond à la vasque, où les pieds de l'amour Sont baignés du jet d'eau monotone aux oreilles. Et mon âme et l'oiseau se plaignent tour à tour.

Ainsi, par le secours mystérieux des choses, Nous pouvons épancher nos douloureux secrets. Tout alterne et s'échange en ces métempsycoses : Si les amours défunts gisent au cœur des roses, L'oiseau garde en sa voix l'accent de nos regrets !

Et Tonde prisonnière en larmes s'amoncelle, Rythme le crépuscule, aux massifs, déjà noir. N'est-elle pas aussi complice qui décèle Auprès du pâle amour dont le marbre ruisselle, L'abandon, la langueur confidente du soir?

SOéMéMEIL

J'offre au sommeil qui vient ma fatigue et mon rêve Et mes actives mains qui se reposeront; Dans le dernier rayon de ce jour qui s'achève, Les regards de mes yeux, les pensers de mon front;

Mes cheveux détendus en coiffure sévère D'éventail qui se ferme ou de vague au repos; Mon souffle où les chansons eurent la voix légère Et qu'émut le refrain des fragiles pipeaux;

Le chapelet où tient ma tranquille prière, Dans le suc hyalin de ses grains transparents; L'aiguille et les ciseaux de tâche coutumière Et la plume et le dé, précieux et différents.

J'offre encor mon sommeil que hante l'autre vie, A ceux aimés qui s'endormirent avant moi Pour ne plus retrouver la lumière ravie, Et dont le souvenir est fait de mon émoi.

Afin, s'il se pouvait, les revoir dans un songe. Bien plus beaux qu'ils n'étaient en leurs jours révolus. Ou que Dieu me rejoigne à ceux qui ne sont plus. S'il veut que mon sommeil confiant se prolonge!

SOC^QC/X^ET VE T0U\Q4l[NiE

LE vent qui souffle ici, c'est le vent des ruines; Je Tentendis naguère à Loches, le château Qui croule pierre à pierre, au fond de ses ravines; À Chinon où Jehanne arbora son drapeau!

Il gémit aux donjons de Saint-Mars et de Luynes, Sous les poutres d'un chêne indestructible et beau, Dans Montrichard encore; et c'est lui qui t'incline. Passé de notre France, au revers d'un tombeau.

Il détruit à la fois les tuiles et Tardoise,

Les meneaux à fleurons de Chambord et d'Amboise,

Ce qui fut glorieux, dominateur, royal;

Et le même, inclinant des herbes au passage,

Fait trembler les rosiers de quelque ancien bocage,

Et les piliers branlants d'un porche féodal.

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MATINS heureux, matins en joie Où tout sourit aux yeux rouverts, Où la vie en fleur se déploie En mille espoirs feuillus et verts;

Où Ton désirerait l'épreuve Sur Tarmure aux forces trempées.

Dont rame fière et toute neuve Recouvre des traces d'épées.

C'est du courage qu'on respire Dans l'air où résonnent des chants.

Hier, sûrement, était pire, On a connu tous les méchants!

Et c'est l'allégresse sans cause, Et le regard au ciel clément, La respiration, la pause, L'Alleluia d'un cœur aimant!

SiACBJFICE

RULER des fleurs!

Jeter au feu qui les dessèche

Et ces pâleurs, Et CCS roseurs de pulpe fraîche!

Pour le bûcher, Le lys pur qu'on voue au martyre,

Sans arracher Ses fleurons en forme de lyre!

yO AU BORD DES TERRASSES

Hors du Nevers Ou du Rouen qui prit les tiges

En bouquets verts Disperser ces légers vestiges!

Incinérer La rose et Tiris, sachets vides,

Où deviner Encor Tété, les jours limpides!

O cruauté!

Ce qu'abreuvait rosée et pluie

Au feu jeté, Tout ce bouquet que Ton délie!

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