‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 13 sur 19 · VEUX ^0VE<5^'B\E · texte numérisé non relu

VEUX ^0VE<5^'B\E

OUI, je sais, aujourd'hui donnons notre pensée Tout entière aux absents qui prirent notre cœur A la terre pesante où leur marche est tracée, Au ciel qui les retient dans sa froide splendeur.

Pensons aux morts!

Pourtant, nous le savons, à chaque heure sonnante, A chaque jour portant son hymne et son devoir. Nous songeons, esprit faible, inquiet, âme errante, A tout cet infini qu'on ne peut concevoir,

A nos chers morts!

Et deviint le miroir où tient mon espérance, Je les vois revêtus de calme et de beauté :

Soit dans leur attitude et leur pli de souiFrance, Ou le rayonnement de leur activité :

Sont-ils bien morts?

Mon père se penchait ainsi sur sa lecture, Ou vers son chevalet, unissant des couleurs, Et relevait son front qu'éclaire et transfigure La présence de ses enfants contre son cœur.

Cruelle mort!

Ma grand'mère, au soleil, en robe claire et mauve Parcourait ses jardins, du parterre au verger. Résignée au sourire; ayant la foi qui sauve.

Un sort de dévouement si doux à prolonger.

Sereine mort!

Toi, tu n'as pas cessé de vivre en ta famille, Ta table de travail est au milieu de nous.

Je t'y vois méditant; et tes fils et ta fille Se haussant à ses bords, et te défendant tous

Contre la mort!

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