‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 2 sur 19 · DÉDICACE POUR MA FILLE EDMÉE · texte numérisé non relu

DÉDICACE POUR MA FILLE EDMÉE

Souviens-toi des matins de paix et de lumière , Quandy sous le bruit léger des arrosoirs penchés, Les papillons tendaient leurs ailes de poussière, Décevantes aux doigts qui les auraient cherchés!

La nature vers toi présenta ses corbeilles, Q/linsi quune Tomone aux jardins surannés, Et tu compris, et tu savouras ses merveilles, Dans une âme avertie ^ aux dons prédestinés...

Que ta jeunesse en fleur reflète sur ta vie Sa douceur, ses parfums, sa pieuse allégresse! J'ai pu la faire heureuse, et maintenant j'envie q4ux destins qui viendront leur tâche de tendresse!

10 Octobre 1906.

LES échos d'une fcte invisible Ont traversé le silence et la nuit :

Bonds de valse en mesure sensible Et coups d'archet, murmure, plus que bru

L'éclat nombreux du lustre qui brijie S'éteint au tJssu des rideaux soyeux,

Et dans le bal le plaisir circule.

Sans que rien dehors le trahisse aux yet

Aux alentours il règne un mystère Que les astres d'or, dans le ciel ardent,

Cherchent à dérober à la terre, Et qui resterait caché cependant.

Mais comme Tair qui bruit et chante Et le flot grondant qui s'étale en pleurs,

Comme Toiseau sur Therbe penchante.

Et le sphinx virant au-dessus des fleurs,

Comme la cloche, au clocher transfuge, Verse aux huis bien clos tous ses Angélus,

Le son ne peut avoir de refuge Qu'il ne s'en évade et brise son flux!

Et l'cvocateur fait un miracle :

Au treillis des sons il tend le tableau,

D'une fête agile en simulacre, Brûlante de feux, souple comme l'eau;

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