‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 5 sur 19 · MESSES LOINTAINES I · texte numérisé non relu

MESSES LOINTAINES I

Blancheurs de ma mémoire, où Torgue chante encore, Où les coups de serpent succèdent à la cloche; L'odeur du pain bénit, l'encens qui s'évapore Se mêlaient aux tiédeurs de midi qui s'approche;

On sortait sur la place, et les tilleuls en dôme. Tout bourdonnants alors de souffles et d*abeilles. Frais au creux de leur ombre, enveloppés d'arôme. Semblaient continuer la messe et ses merveilles!

FEéMéMES

SI celui qui t'aima, trahi par de plus belles, Un jour cloute de toi, c'est Tinjuste retour; S*il s'en prend à ton cœur de leurs vœux infidèles. S'il s'en prend à tes yeux tout éclairés d'amour

Et s'il les fait pleurer, laisse couler tes larmes, Même tout en souffrant, car elles laveront Au fond du souvenir les anciennes alarmes Et l'ombre qu'il voyait aux pâleurs de ton front.

Dans la chaîne des temps, depuis la chute d'Eve, Toute rose en TÉden que dorait le matin, La femme a supporté sans pitié ni sans trêve Tous les ressentiments de son premier destin;

Victime de la faute, elle en eut l'esclavage, Garda l'enlacement du mensonge en ses bras.

Lianes et buissons dans le jardin sauvage Ont limité toujours sa raison et ses pas!

De la mère à la fille, et des unes aux autres, Transmettons le fardeau, l'hommage et la douleur, Et femmes, faisons-nous, pour les femmes, apôtres Et mesurons leur vie aux peines de leur cœur;

Puisque le même crime a rendu solidaires Marthe qui vit le Christ, Psyché qu'Éros aima. Celles qui n'ont aux doigts que les grains des rosaires Ou les brillants anneaux que l'amour enflamma;

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