‹ Au bord des terrasses: poésiesChapitre 9 sur 19 · L'OU^VÉE · texte numérisé non relu

L'OU^VÉE

L*oNDÉE : au ciel serein un nuage qui court, Et recouvre bientôt le soleil invisible, Puis Teau jetée à flots comme sur une cible, Et le crépitement des gouttes, tour à tour;

Voile sur Thorizon et réseau sur le fleuve Dont le courant semble piqué de mille dards.

L'air boit en s'agitant, sur les routes épars; Silencieusement le sol fume et s*abreuve!

Le déluge et la nuit aux âmes sont présents; Un crépuscule hâtif élargit le mystère; On ne reconnaît plus ni le ciel ni la terre : L'ancien monde est peut-être au terme de ses ans

Le vol d'un pigeon blanc ajoute à la légende; Il se débat, perdu dans le nuage noir, Cherchant Tabri, le toit à rebords du manoir, Mais le vent le rejette, et sa détresse est grande!

Plus d'oiseaux, hors celui que l'arche fit partir Vers les monts submergés de la vieille Arménie. Plus de chansons : l'averse est la seule harmonie Du baptême sans fin qui veut tout engloutir.

Mais depuis l'horizon, et par-dessus la Loire, L'arc-en-ciel se dessine en un pont fabuleux, Mélangeant ses rayons rubis, orange et bleus. En cordages flottants, en mirage de gloire!

L*ONDÉE 4f

La buée au contact se disperse et se fond.

Sur les coteaux baignés d'une beauté nouvelle, La route se découvre et le toit étincelle, Le ciel paraît plus pur et le bois plus profond.

Aux replis du terrain surgit l'humble village. Groupant ses toits de chaume au pied de son clocher. Le regard alentour est heureux de chercher Un troupeau qui chemine et qu'attardait l'orage...

Tout renaît et s'exalte, et volent les oiseaux. Le soleil resplendit, fidèle à la Promesse, H n'est plus de déluge ou d'ire vengeresse, Car le Dieu de Noé plane et commande aux eaux,

'Pray, 1904.

C HoiC^TELOUT

Tour V\iCadiwie Léon TDaïuîet,

CHERCHEZ la place; où fut le féerique château? L'herbe pousse et verdit les profondes allées, Et la pagode seule, au milieu du plateau, Témoigne pour la fin des grandeurs écoulées;

Elle monte amincie en étages nombreux, Triomphante au sommet, et de bases fragiles; Le vent qui Tescalade, avec ses bonds frileux, Fait trembler les balcons, les grilles et les tuiles;

Il souffle, il agrandit Tespace limité De la calme Touraine, indulgente aux ruines, Vers Amboise, au royal domaine inhabité, Vers la Loire, argcntant le pied de ses collines.

Un grand ciel se déploie entre les arbres roux; La forêt, du passé, garde dans ses murmures Le nom de ce qui fut, un siècle, Chanteloup : Un peu de gloire, lîh peu de faste en ses ramures.

Et dans ses carrefours : celui du Grand Veneur, La route de Penthièvre, avec celle du Maître, Le souvenir des sons de trompes en Thonneur Des Choiseul, s'élevant sous le chêne et le hêtre.

L*aveugle étang, sans rien qu'il baigne ou qu'il reflète. N'est qu'une immense coupe aux multiples roseaux; Autrefois il a vu plus d'une belle fête.

Et des barques rayant le cristal de ses eaux!

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