‹ Au bord du TageChapitre 11 sur 49 · L'ORPHELINE DE GRENADE · texte numérisé non relu

L'ORPHELINE DE GRENADE

Où s'adressent tes pas , malheureuse orpheline?

Pose ton luth. . . vois ce tertre sanglant ! Une croix le protège , un glaive le domine. Enfant, c'est là qu'il dort le guerrier castillan . Jamais, hélas ! tu n'as connu ta mère ; Et maintenant , ô Leïla , Ton seul ami , ton tendre père Est couché là.

Les roses , l'oranger ceignent ta chevelure !.. O pauvre enfant , cherche un voile de deuil . Écarte de ton front cette fraîche parure , Dépose ta guirlande au pied de ce cercueil ; Et que tes pleurs mouillent la froide pierre Oui , pleure , pauvre Leïla ; Ton seul ami , ton tendre père Est couché là.

Détache de ton cou cette chaîne brillante ,

Bijou royal conquis par un héros.

Ton père , à son retour, de sa main triomphante Aimait à te parer de ces riches joyaux. Mais il n'est plus , hélas ! et sur la terre , Tu restes seule , ô Leïla ; Ce noble ami , ce tendre père Est couché là.

Où vas-tu t Vers le temple en vain tu t'achemines. N'as-tu pas vu crouler son toit fumant ?

— kk —

O pauvre fleur éclose au milieu des ruines , Pour abri tu n'as plus que ce froid monument. Offre à ton Dieu tes pleurs et ta prière ; Lui seul t' écoute , ô Leïla ; Parle à ton Dieu , puisque ton père Est couché là.

PALMINA,

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