L'ORPHELINE DE GRENADE
Où s'adressent tes pas , malheureuse orpheline?
Pose ton luth. . . vois ce tertre sanglant ! Une croix le protège , un glaive le domine. Enfant, c'est là qu'il dort le guerrier castillan . Jamais, hélas ! tu n'as connu ta mère ; Et maintenant , ô Leïla , Ton seul ami , ton tendre père Est couché là.
Les roses , l'oranger ceignent ta chevelure !.. O pauvre enfant , cherche un voile de deuil . Écarte de ton front cette fraîche parure , Dépose ta guirlande au pied de ce cercueil ; Et que tes pleurs mouillent la froide pierre Oui , pleure , pauvre Leïla ; Ton seul ami , ton tendre père Est couché là.
Détache de ton cou cette chaîne brillante ,
Bijou royal conquis par un héros.
Ton père , à son retour, de sa main triomphante Aimait à te parer de ces riches joyaux. Mais il n'est plus , hélas ! et sur la terre , Tu restes seule , ô Leïla ; Ce noble ami , ce tendre père Est couché là.
Où vas-tu t Vers le temple en vain tu t'achemines. N'as-tu pas vu crouler son toit fumant ?
— kk —
O pauvre fleur éclose au milieu des ruines , Pour abri tu n'as plus que ce froid monument. Offre à ton Dieu tes pleurs et ta prière ; Lui seul t' écoute , ô Leïla ; Parle à ton Dieu , puisque ton père Est couché là.
PALMINA,