‹ Au bord du TageChapitre 2 sur 49 · LE FOYER ÉTEINT · texte numérisé non relu

LE FOYER ÉTEINT

Belem. 1836.

A ce foyer désert , sans flamme et sans chaleur,

Lorsque je m" assieds solitaire .

Je me dis : c'est bien là l'image de mon cœur Qui se glace et s'éteint sur la terre étrangère.

Qu'importe que toujours le ciel brille en ces lieux ! Qu'au feu d'un soleil pur chaque saison renaisse ? Pour l'âme qu'à toute heure un long- chagrin oppresse Tout est froid . tout est mort . tout est silencieux.

Mais non ! un luth caché dans mon sein vibre encore ; Tel un doux Alcyon gémit sur un écueil , Tel le cygne en mourant trouve un chant plus sonore , Tel souvent le rosier fleurit sur un cercueil.

Comme un ami d'enfance , à mon âme attendrie , Ce luth redit les mots qu'enfant je bégayais , Me rend le bruit des eaux qu'enfant je côtoyais , Et me parle de la patrie !

Page 1