‹ Au bord du TageChapitre 3 sur 49 · L'ALCYON AU CAP · texte numérisé non relu

L'ALCYON AU CAP

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This is to be âlone, this is solitude.

Chante et rase les flots d'une aile paresseuse ! Tel qu un enfant riant sur sa couche bercé , Chante , doux Alcyon , et par l'onde amoureuse , Vogue mollement balancé !

Moi , je sens que je touche au terme du voyage. Quelques douleurs encor : puis la paix du cercueil ! Ne me plains pas ! long-temps sur moi gronda l'orage; Mieux vaut dormir au port que trembler sur recueil.

Mais , toi ! rase les flots d'une aile paresseuse ! Tel qu'un enfant riant sur sa couche bercé , Chante , doux Alcyon , et par l'onde amoureuse Vogue mollement balancé !

Heureux! tu n'as point fui ta famille chérie, Tu n'es point triste et seul par la vague emporté Ton doux nid t'accompagne et toute une patrie Te suit et vogue à ton côté.

Loin , bien loin , de ma vue est le toit que j'implore Loin , bien loin de mon cœur tout ce qu'il a chéri. Me sera-t-il donné de voir, d'entendre encore Un regard, un accent ami?

Noble fille du ciel , amitié , pure flamme ! Partout où tu n'es point, est le froid du tombeau. Eh ! quoi , vivre et mourir sans révéler mon âme ! De ma pensée ardente éteindre le flambeau ! . . . .

Quoi! rien qu'un roc muet! rien, rien qu'un sable aride1 Une atmosphère lourde , un ciel tempétueux ! Plus triste que la nuit, rien que ce jour livide Qui blesse mes débiles yeux !

S'il était seulement sur ce morne rivage, Un écho solitaire à ma voix s' éveillant , Une fleur sans éclat , un arbre sans feuillage Si je voyais au ciel un astre vacillant ,

Oh! j'aimerais l'écho plaintif, la fleur mourante , L'étoile qui pâlit et l'arbre foudroyé!

Je leur dirais . » Rendez à mon âme souffrante « Sympathie et pitié ! »

Oui , pitié : car je souffre et respire avec peine , D'un fardeau meurtrissant mon cœur est oppressé. Oui , pitié ; car je meurs et la mouvante arène Va , comme un blanc linceul, couvrir mon front glacé !

Je disais : tu passas sur Tonde frémissante ,

De ton aile d'azur à peine l'effleurant.

Ton doux chant répondit à ma voix gémissante

Comme les sons d'un luth entre mes doigts vibrant.

Reviens , réponds encore au cri de ma souffrance ! Tu plais à ma douleur oiseau mélodieux ! Ton chant d'amour me semble un hymne d'espérance Et ta couleur brillante est la couleur des cieux !

Chante et rase les flots d'un aile paresseuse! Tel qu'un enfant riant sur sa couche bercé, Chante , doux Alcyon , et par l'onde amoureuse , Vogue mollement balancé !

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