L OMBRE DE VIRIATE
« Non! vous êtes, vous serez quelque chose de moins indigne, Portugais ! il arrive le jour de la justice de l'Eternel. L'heure tardive mais infaillible va sonner sur les hauts lieux. Les échos de la plaine proclameront l'heure terrible. Alors les impies voudront cacher leur visage et leurs œuvres, mais la terre refusera de les soustraire aux regards et de cou-
vrir leurs crimes. Une mer de sang couvrira au loin le sol tremblant. La mort planera sur des montagnes de ruines.
« Qui attira ces torrens de vengeances , dites qui fait mugir ces cataractes de sang? Le tyran impie qui blasphéma , le monstre qui osa dire dans son cœur pervers : «// ri 'y a point de Dieu; c'est un vain nom dont nous nous servons pour asservir les nations. Cest un fantôme que nous offrons aux peuples abusés pour leur dérober les pièges que nous dressons sous leurs pas. »
« Aveugles vous-mêmes! niez Dieu maintenant! surnagez , si vous pouvez , sur cet océan de maux que vos crimes ont enflé ! Luttez contre la mort ! . . . vous luttez en vain. Pour vous, désormais, point de planche de salut , point de secours , point d'espérance !
« Une nef solitaire vogue sur les grandes eaux ; c'est une arche sainte et sacrée, l'arche d'une alliance nouvelle. C est le gage du pacte immortel de Dieu avec les peuples. Liberté , céleste Liberté ! seule tu survivras à ce naufrage universel. Et de la guerre fratricide que le despotisme alluma, et de la race des tyrans , aucun souvenir bientôt ne restera plus sur la terre. »