‹ Au bord du TageChapitre 30 sur 49 · IMITE DE L ANGLAIS · texte numérisé non relu

IMITE DE L ANGLAIS

Les rayons du soleil levant se sont déployés sur la plaine. Aussi brillant que ces rayons , flotte le rouge oriflamme. Les blancs panaches s'agitent, les boucliers d'or étincellent. Voyez cette troupe de guerriers , tous jeunes, fiers, indomptables. On dirait que c'est la fleur des chevaliers de tous les peuples de la terre . Les ardens coursiers s'élancent au son belliqueux des trompettes.... j'ai entendu un cri, un long cri poussé par cent mille voix réunies... cette armée a disparu.

Les rayons du soleil levant se sont déployés sur la mer. Voyez cette proue orgueilleuse ! elle semble maîtriser et les vents et les flots. Comme le pin , roi des forêts i son mât s'élance vers les cieux. Telle que l'aile déployée de l'aigle , sa blanche voile la soutient. Ce pont est noblement chargé ; il porte des hommes braves et généreux. Où sont les dangers que ces hommes craindraient d'affronter? les exploits qu'ils n'oseraient entreprendre ?

Les rayons du soleil levant s'unissent sur les montagnes , au murmure des vertes forêts , au bruit harmonieux des torrens. Là, bondit le jeune chasseur, agitant son arc flexible et ses flèches ailées. Il fredonne un joyeux refrain. Il a l'œil ardent du faucon , le pied rapide du chevreuil. Comme il s'élance de rocher en rocher ! Comme il est orgueilleux de sa force !

Les rayons du soleil levant brillent sur ce temple superbe qui , entre tous les monumens de la patrie , a

le pouvoir d'inspirer des chants au barde. On y voit , sur des estrades de marbre , les images révérées des grands hommes des anciens âges. Faut-il s'étonner que l'âme du poète s'y remplisse de nobles pensées , de sublimes espérances?

Les pâles rayons de la lune s'étendent lentement sur la plaine , où ce matin brillaient les rangs glorieux de nos soldats. Là, gisent maintenant des cadavres mutilés , des mourans entassés sur des morts. La bannière traîne dans la fange sanglante à côté du panache altier. Maintenant l'un est aussi rouge que l'autre.

Les mornes rayons de la lune tombent sur la vaste mer. Les vagues et les aquilons se sont livré un effrayant combat , et le navire a péri victime de leurs fureurs. Il a perdu ses mâts , ses voiles , son noble équipage . Sa carcasse , nue , immobile , gît sur la côte blanchâtre , comme un immense squelette . Les ondes écumeuses roulent sur ses intrépides matelots , sur ses

guerriers indomptables. Quelques-uns seulement, échappés à la fureur des flots gravissent les rocs escarpés , ou errent sur la rive , semblables à de pâles ombres.

Les rayons de la lune blanchissent les sommets des montagnes. L'écho silencieux ne répète ni les pas légers du chasseur, ni les sons perçans du cor. Le jeune et beau chasseur est étendu sur un froid lit de neige , rougi par le sang qui s'échappe à grands flots de son sein entr' ouvert. Une roche ébranlée sous ses pas, l'a entraîné dans sa chute; il a roulé le long du torrent, la pierre anguleuse a pénétré dans son flanc.

Le rayons de la lune argentent le dôme du temple où le barde entonnait son hymne du matin , où Von n'entendra plus ses chants religieux. . . Entrez dans la caverne obscure où les flots solitaires se brisent en écume . Là , dans les ténèbres et dans le silence , veille un pauvre insensé. .. . C'est lui , c'est le barde aux chants

sublimes! Il n'a pu supporter l'oubli, le dédain, l'indigence qui furent le seul prix de ses nobles travaux : son esprit s'est égaré. Dans son délire, il a brisé son luth et condamné sa bouche harmonieuse à un silence éternel.

J'ai peint quelques scènes isolées du triste drame de la vie. A celles-là ressemblent toutes les autres. Ainsi toutes les espérances , toutes les illusions de la jeunesse se brisent contre la destinée, s'anéantissent dans la nuit du tombeau.

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