‹ Au bord du TageChapitre 31 sur 49 · QU'ON AVAIT SÉPARES · texte numérisé non relu

QU'ON AVAIT SÉPARES

Pauvres petits', pourquoi les séparer?

Au même jour, nés dans la même cage, . Nourris ensemble , ils semblaient ignorer

Qu'ils étaient nés, hélas! pour l'esclavage. Sur le même barreau disant même chanson , Dans le même cristal s' abreuvant d'une eau pure Ensemble à leurs petits apportant la pâture , Savaient-ils seulement qu'ils étaient en prison?

Regrettaient-ils des bois les verts abris , L'air libre et pur, la brise printannière? Non, D'un palais ils voyaient les lambris Dans les barreaux dorés de leur volière. Quand nia main chaque jour la couvrait de mouron Ils chantaient : ils croyaient posséder la nature , Aussitôt qu'une fleur ou qu'un brin de verdure Venait s'entrelacer aux fers de leur prison.

Pauvres captifs ! maintenant au secret , Chacun sent bien l'excès de sa misère , Tous deux mourans de langueur, de regret. Que sert d'orner un cachot solitaire?

L'époux ne redit plus ses joyeuses chansons.

Ah ! son premier asyle était une patrie !

Rendez-lui ce séjour, rendez-lui son amie ,

Ou craignez que ma main n'ouvre les deux prisons.

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