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UNE VOIX DU CIEL

Je sentais comme une ombre Mes jours s'évanouir, Mes yeux d'un voile sombre Lentement se couvrir.

Morne et pâle de crainte , Mon front était baissé , Saignant sous ton étreinte Et de tes nœuds pressé ,

O mal ! hideux reptile î Ce cœur te fut soumis , Ce cœur vain et débile , Par lui-même surpris.

Ta dévorante haleine Me roula dans la plaine Comme un rameau séché , Comme un épi fauché.

Comme la feuille morte Que l'ouragan emporte , Au hasard je courais :

A mon vertige en proie , J'allais cherchant ma voie Et toujours m'égarais.

Mon âme impatiente Frémissait dans mon sein ;

Telle une eau bouillonnante Frissonne dans l'airain.

Je dis à l'existence :

Tu n'es rien que douleur !

Je dis à la science :

Tu n'es que vaine erreur !

Miracles de la lyre , Vertu , gloire , amitié , En un jour de délire, Mon cœur a tout nié

Puis , ma tête flétrie Sur ma main amaigrie , Tristement se posa. . .

Mon orgueil se brisa.

De son doute accablée Mon âme fut troublée

Comme un ciel orageux.

Sur ma joue inondée , Mes pleurs , brûlante ondée Coulaient impétueux.

Solitaire colombe, Je palpitais d'effroi.

J'allais dire à la tombe :

Je n'espère qu'en toi ! . ..

Mais ma pensée impie Sur ma bouche expira , Car une voix bénie Dans mon cœur pénétra :

« Toi qui gémis , espère !

*< Pleure aux pieds du Sauveur " Une larme sincère « Fléchira sa rigueur .

« Bienfaisante rosée , « Dans ton âme brisée , « La grâce descendra, « Le calme renaîtra.

« Du Dieu qui te convie ,

« La parole est la vie ;

« Viens , son joug rend heureux

« Viens , onde salutaire .

« L'accent qui régénère

« Va descendre des cieux !

Étonnée, éperdue, Mon Dieu , je suis venue Et j'ai crié vers toi, J'ai parlé contre moi

Et lorsque prosternée Je tremblais à ton nom ,

Sur ma tête inclinée

A plané le pardon.

O divine clémence ,

Tu transformes mon cœur !

Il s'ouvre à l'espérance,

Il renaît au bonheur.

De ta parole avide , Je l'écoute en pleurant , Ainsi le sable humide Boit les flots du torrent.

O Dieu , beauté suprême !

Heureux celui qui t'aime , Qui t'aime avec transport ! C'est toi qui m'as cherchée Toi qui m'as arrachée Aux serres de la mort.

C'est toi qui m'as choisie , C'est toi qui de ma vie Viens au bord du tombeau Rallumer le flambeau.

Comme au désert aride, Une source limpide Charme le voyageur; Comme sous un ciel rose Au soir il se repose Oubliant la chaleur;

D'une vie agitée Oubliant le labeur, Je me suis abritée Sous le toit du Seigneur.

Oh ! que de ta demeure, Mon Dieu , j'aime la paix

Le jour fuit comme une heure Aux lieux où tu te plais.

Là mon âme navrée Se calme en t'implorant ;.

Heureuse et rassurée , Je soupire pourtant ..

Oui , dans ton sanctuaire En ma tristesse amère , Bien souvent tu me vois Sans prière et sans voix.

C'est que mon âme ardente, De désir palpitante , Plus haut voudrait voler. ...

Dieu ! que pour t'être unie -, En céleste harmonie Ne puis-je m' exhaler!

Ou d'amour consumée , Odorante fumée , Parfum doux à tes yeux , Etre ravie aux cieux !

O Dieu, beauté suprême!

Heureux celui qui t'aime , Qui t'aime avec transport!

C'est toi qui m'as cherchée , Toi qui m'as arrachée Aux serres de la mort !

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